10 août 1944 : Angers est enfin libérée


Rédigé par - Angers, le 10/08/2011 - 14:13 / modifié le 10/08/2011 - 14:32


C’est une page d’histoire que la plupart d’entre-nous n’ont pas connu. Il y a soixante sept ans, le 10 août 1944, la ville d’Angers, occupée alors par l’armée allemande, était libérée par les troupes US du général Patton, débarquées début juin en Normandie. Une cérémonie commémorative avait lieu ce matin à Angers.



10 août 1944 : Angers est enfin libérée
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Pour ceux qui ont traversé cette période de triste mémoire, comme « Papy Louis », décédé en juin de l’an dernier, mais toujours actif par l’intermédiaire d’un site web qui lui est dédié, ce moment à la fois attendu et redouté arrive enfin. « Depuis le débarquement en Normandie, la ville d'Angers faisait l'objet de bombardements diurnes et nocturnes. La presse censurée ne nous permettant pas de nous tenir au courant précisément des avancées, nous nous demandions bien si les alliés allaient un jour arriver jusqu'à nous », déclarait Papy Louis.

Pour Angers et ses environs, les combats ont commencé en mai 1944 et notamment du coté de la gare Saint Laud, lieu stratégique pour l’approvisionnement en hommes, armes et munitions. Craignant pour leur vie, la plupart des Angevins avaient déserté la ville pour se réfugier dans la campagne environnante, de l’autre coté de la Loire.

Occupée depuis 4 ans par les troupes allemandes, la France sent vraiment le vent de la libération le 6 juin 1944, quand les troupes alliées débarquent en Normandie. Perçant les lignes allemandes du coté d’Avranches, les américains et leurs alliés, libèrent progressivement la Bretagne et le Bassin Parisien. Après avoir libéré Rennes le 3 août, les premiers soldats américains sont aux portes d’Angers, à Saint Jean de Linières, le 7 août.

Les américains entrent dans Angers, le 10 août 1944 - Photo service des archives de la Ville d'Angers
Les américains entrent dans Angers, le 10 août 1944 - Photo service des archives de la Ville d'Angers
Le lieutenant-colonel Eynaud du Faÿ, commandant l'ensemble de la résistance militaire et plusieurs jeunes angevins jouent alors un rôle décisif pour guider les Alliés et les renseigner sur les positions allemandes d’Angers et des environs.

Parmi ces jeunes résistants, l’Angevin Louis Bordier les conduira à Pruniers pour leur montrer, intact, le pont du Petit Anjou sur la Maine. Les Américains se décident donc à contourner la ville par le sud pour prendre à revers les forces allemandes. Au soir du 8 août, les « Diables Rouges » de la 5ème division d’infanterie US, commandée par le général Birdsong, prennent le contrôle du pont de Pruniers. Une stèle témoigne de ce fait d’armes.

Malgré une forte résistance allemande, dont certains sont des SS Das Reich, venus du Limousin à bicyclette, les américains le franchissent le 9 août avec des jeeps et des chars, pour atteindre rapidement les abords du quartier de Frémur. Les allemands tiennent encore Chateaubriand et la butte de la Baumette. Au petit matin du 10 ces derniers quittent ce point stratégique pour se réfugier sur l’actuel polygone du Génie.

Alors que des bombardiers alliés pilonnent les dépôts pétroliers de Bouchemaine et le pont de chemin de fer, l’artillerie américaine détruit les positions allemandes. Mais la résistance allemande est tenace et les américains ont toutes les peines à éliminer les groupes allemands installés dans les fermes environnantes. De violents combats se dérouleront également sur la rive droite de la Maine, pour la prise du quartier la Doutre, protégée par une tranchée anti-chars.

Dans la soirée du 10, les derniers allemands quittent Angers pour traverser la Loire aux Ponts de Cé et se réfugier du coté de Murs Erigné. Après trois jours de combats un grand silence s’installe sur la ville. Vers 19h les américains traversent la Maine depuis la Doutre, sur des ponts provisoires. En échange de poires et de pommes, ils distribuent bonbons, chewing-gum et cigarettes. Les premiers drapeaux tricolores apparaissent aux fenêtres. Angers est enfin libérée. Au même moment, Michel Debré (Jacquier dans la clandestinité) se présente à la préfecture et prend le pouvoir en tant que commissaire de la République et le maire d’Angers, Victor Bernier, reprend ses fonctions après sa démission en mars 1944.

Ce matin une cérémonie du souvenir était organisée, place Leclerc, au pied du monument aux morts de la ville, en présence des autorités locales et de ceux, alors enfants, qui ont connu cette époque.

Document réalisé à partir des documents d’archive de la ville d’Angers et surtout le site de « Papy Louis-La traversée d'un siècle », tenu par son fils François.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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