10 mai 1981 : souvenir d’une soirée pas comme les autres


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 10/05/2011 - 07:16 / modifié le 10/05/2011 - 20:42


30 ans déjà, le 10 mai 1981, le socialiste François Mitterrand devenait président de la République. Ces sympathisants et tous ceux qui fondaient un espoir dans un gouvernement de gauche exultaient. Pour la droite, devenue en quelques minutes l’opposition c’était le début de la descente aux enfers. Bon nombre de personnes gardent un souvenir inoubliable de cette soirée électorale.



La liesse populaire le soir de l'élection (photo d'archive extraite des actualités TV)
La liesse populaire le soir de l'élection (photo d'archive extraite des actualités TV)
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10 mai 1981, au soir du second tour de l’élection présidentielle, le journaliste Jean Pierre Elkabbach décompte les secondes sur le plateau d’Antenne 2 avant l’apparition du visage, style minitel, du nouveau président de la République. Les français découvrent avec surprise, joie pour certains, stupeur pour d’autres, le visage de François Mitterrand. Une vague rose déferle aussitôt sur la France et la foule descend dans les rues pour acclamer celui qui incarnait, pour bon nombre d’entre eux, un espoir.

François Mitterrand, âgé de 64 ans, remportait donc l'élection présidentielle avec 51.7 % des voix après un premier tour dominé par Valéry Giscard d'Estaing, son challenger de droite. Pour la première fois dans l'histoire de la Vè République, le peuple français portait un socialiste au sommet de l'Etat. Un tournant politique et social majeur que les moins de vingt n’ont pas connu, mais dont les plus âgés qu’ils soient étudiants ou travailleurs se souviennent.

L'accession de François Mitterrand à la présidence ce seront surtout des décisions qui feront date : l'abolition de la peine de mort, l'autorisation des radios libres, la création de l'impôt sur les grandes fortunes, les nationalisations, les 39 h hebdomadaires…

« Cette victoire est d’abord celle des forces de la jeunesse, des forces du travail, des forces de la création, des forces du renouveau qui se sont rassemblées dans un grand élan national, pour l’emploi, la paix et la liberté », dira le nouveau président lors de sa première allocution. « J'agirai avec résolution pour que, dans la fidélité à mes engagements, la France trouve le chemin des réconciliations nécessaires. Nous avons tant à faire ensemble ».

Le visage du nouveau président de la République tel que les français l'ont découvert au soir du 10 mai.(Photo montage)
Le visage du nouveau président de la République tel que les français l'ont découvert au soir du 10 mai.(Photo montage)
Mais quel souvenir avons-nous gardé de cette élection ? « J’avais neuf ans en 1981, mes parents votaient à gauche et je me souviens que c’était la joie à la maison lorsqu’ils ont appris le résultat », déclare Antoine.

« Je regardais la télévision en famille, j’avais 29 ans en 81 et ma belle famille était de droite. Elle a donc voté pour Giscard, aux deux tours. Lorsque l’on a commencé à voir le visage apparaître ligne par ligne, mon beau père a cru d’abord que c’était Giscard. Mais quand il a vu le reste, on ne la plus entendu de la soirée. Pour ma part j’avais voté Mitterrand, je me marrais », commente à son tour Patrice.

« Nous étions tellement heureux. J’ai regardé la télé toute la soirée. Je travaillais dans un service public, nous avons fait la fête pendant trois jours. Pour nous c’était un monde nouveau. Malheureusement quelques années après nous avons déchanté », se souvient Christian, fonctionnaire.

« J’étais dépité », déclare Serge, un jeune giscardien de l’époque, alors âgé de 23 ans. « On savait, par les sondages que Mitterrand pouvait gagner. Mais on n’y croyait pas. Dans les jours qui ont suivi j’étais particulièrement triste et je guettais le moindre faux pas. Mon grand père me disait, c’est le début du déclin de la France ».

Pour Daniel Raoul, Sénateur PS, enseignant universitaire à l’époque : « J’ai le souvenir de l’écran de TV. J’y croyais à peine, quand j’ai vu le haut j’ai dis c’est le crâne de Giscard. Ce fut le soulagement et l’explosion de joie après une période où la gauche a toujours été absente et défaite. Mon fils me disait pourquoi tu votes toujours pour les perdants. J’ai vécu sur les trottoirs, la montée de Mitterrand au Panthéon. Je sentais l’émotion des gens et mon cœur battre. ».

« Pour mon travail j’étais à la Roche sur Yon, c’est là que j’ai connu Jacques Auxiette (NDLR : Président de la Région des Pays de la Loire) », se souvient à son tour le Député-Maire de Trélazé, Marc Goua, alors cadre bancaire : « je me rappelle la liesse populaire et j’ai le souvenir d’un vendéen qui pleurait et qui me disait : j’attendais ça depuis 1936 et je ne croyais pas le voir avant de mourir. Les sondages étaient favorables mais on n’y croyait pas ».




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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