127 heures : Le bout du chemin


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 13 Mars 2011 à 16:49


Parti en randonnée dans les gorges de l’Utah, Aron Raslton, alpiniste chevronné, se retrouve bloqué au fond d’un canyon avec un rocher emprisonnant son bras. « 127 heures » est un film tiré d’une histoire vraie. Il raconte un moment de la vie d’un homme et les difficultés qu’il a eues pour résister et avoir la force de survivre. Ce film nous plonge dans les retranchements de l’esprit humain et de son corps.



Aron Raslton (James Franco) coincé sous son compagnon d’infortune : le « rocher »
Aron Raslton (James Franco) coincé sous son compagnon d’infortune : le « rocher »
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Ce film, adapté du roman autobiographique d’Aron Ralston, met en scène le parcours d’un alpiniste, amateur de sport extrême, et friand des grands espaces. Son escapade tourne bien vite au cauchemar puisque le jeune homme se retrouve la main bloquée sous un rocher.

Ce film raconte donc les 127 heures qu’Aron a passées dans ce canyon avant de réussir à se décoincer et partir.

Dans ce nouveau film, le réalisateur Danny Boyle (« Trainsportting », « Slumdog Millionnaire » …) prend une nouvelle fois comme support une histoire vraie tirée d’une autobiographie. Le réalisateur n’est pas en reste par rapport à ses films précédents puisque cette fois encore il nous surprend par sa manière de filmer qui nous permet une immersion totale dans l’histoire. La filmage n’est en effet pas de très bonne qualité (du moins au début), ce qui nous permet de rentrer dans le subconscient du personnage et de découvrir son amour pour la vitesse et les situations extrêmes.
Le réalisateur a notamment été secondé par l’homme à qui cette malheureuse expérience est arrivée : Aron Ralston (le vrai).

Le film prend ainsi une allure unique, qui nous permet de rentrer dans l’esprit de ce fana de sport. C’est le génie de l‘image et de l’imagination du réalisateur, combiné au point de vue réel de l’homme à qui cette douloureuse aventure est arrivée. L’authenticité n’en n’est que renforcée, puisqu’on a un film retraçant presque point par point les étapes de cette douloureuse expérience et le ressenti réel de la personne sur le moment.

Les paysages sont vraiment magnifiques, ce qui permet de faire rentrer le spectateur dans la logique de ce personnage, amoureux inconditionnel de la nature. Le film en lui-même est presque tourné de deux façon différentes, la première est celle du réalisateur qui nous guide, et la deuxième est celle de la caméra qui accompagne Aron, en effet celle-ci nous fait plonger au cœur de l’action et dans les tourments de l’alpiniste, ainsi que dans ses souvenirs. Cela nous permet d’avoir un point de vue global sur la situation et nous montre grâce à cela les contradictions entre ce que ressent le personnage, et la réalité.

Le film en entier est basé sur la capacité de l’homme à résister dans les situations les plus extrêmes. Il se trouve d’ailleurs extrêmement violent visuellement. En effet la scène d’amputation est une scène très sanglante. A tel point qu’on peut même se demander si « Saw » ne serait pas en reste par rapport à ce film. Le réalisme est poussé à un tel point que tous les détails de cette « chirurgie » sont représentés. Il faut avoir du cran pour regarder la scène sans sourciller. C’est peut-être là le seul défaut de ce film, mais en même temps il nous montre à quel point le réalisateur a voulu pousser le réalisme.

On rentre donc dans le subconscient de l’être humain, on découvre ce qu’il se passe lorsque l’on est en situation critique. La psychologie est vraiment présente dans ce film : comment on réagit, on voit, on pense lorsque l’on est sur le point de mourir. On rentre dans les pensées d’un homme qui face à une vision décide de se couper le bras. C’est l’envie de voir le futur qui a poussé Aron à s’amputer, l’envie de connaitre l’avenir. On visite les méandres de l’esprit humain avec une envie presque malsaine. On nous décrit avec précision toutes les étapes de ce qui s’est passé, les hauts et les bas du personnage nous font rire par le ressenti que le personnage a lui-même de la situation tout en nous faisant comprendre la gravité de celle-ci. Cependant le réalisateur nous ramène à une réalité très violente lorsque le personnage se coupe le bras.

Côté casting il n’y a rien à redire, James Franco interprète avec brio son personnage, montre ses réelles capacité d’acteur et nous les fait découvrir. C’est un grand acteur qui est révélé dans ce film, a tel point qu’il nous convainc que c’est à lui que cette tragédie est arrivée.

Pour le reste très peu de personnages sont visibles, on notera tout de même les apparitions brèves de Clémence Poésy qui pour le coup se trouve être une des seules maladresses de Danny Boyle. Le personnage n’a en effet pas vraiment d’intérêt, on sait juste qu’elle a été l’amante d’Aron et on ne cherche pas vraiment à connaitre le personnage.

« 127 heures » est donc un film tellement complet qu’il est impossible de le caser dans un certain genre. Le génie du réalisateur nous fait voir les méandres de l’esprit tout en nous permettant de constater ce qu’il se passe vraiment. Il nous fait voyager vers un monde inconnu en passant par des paysages d’exception.

C’est un grand moment d’intensité pure que l’on passe en regardant ce film.


Rémi.


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