1896-2016 : dix dates clefs de l’histoire du cinéma à Angers

Angers, histoire[s] de cinéma #1


Rédigé par - Angers, le Mardi 19 Janvier 2016 à 11:30


Angers est-elle une ville de cinéma ? Poser la question à quatre jours de l'ouverture de son rendez-vous ciné de l'année, c'est avoir déjà sa petite idée sur la question. Des heures d’attente à l’entrée des salles pendant Premiers Plans, des spectateurs qui décortiquent les films dès le plus jeune âge, une offre sur grand écran diversifiée tout au long de l’année… d'ici à vendredi, Angers Mag vous livre quelques éclairages sur l'histoire de la cinéphilie angevine.



Les 400 Coups, coeur vivant et témoin de la passion d'Angers pour le cinéma (photo : Yannick Sourisseau).
Les 400 Coups, coeur vivant et témoin de la passion d'Angers pour le cinéma (photo : Yannick Sourisseau).
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1er juillet 1896 : la première projection
Six mois après la première séance payante du Cinématographe à Paris, Angers accueille à son tour le système de projection des frères Lumière. L’événement se déroule à l’étage du café Gasnault (1), place du Ralliement à gauche du théâtre. « C’est tout bonnement merveilleux, et l’illusion de la vie est complète » s’enthousiasme le lendemain le journal Le Patriote de l’Ouest. Le succès est tel que le Cinématographe prolonge son séjour jusqu’au 6 août, ouvrant chez les cafetiers du centre-ville la voie à des projections régulières.
 
15 décembre 1907 : la première saison
Elle s’ouvre au cirque-théâtre, une salle de spectacle très populaire construite place Molière en 1866 après l’incendie du théâtre du Ralliement. Serge Sandberg, l’homme qui en est à l’origine, est le directeur de Cinéma-Théâtre, société qui possède le monopole d’exploitation des films Pathé sur le Centre-Ouest. Un an plus tard, celle-ci ouvre une nouvelle salle rue Saint-Denis (derrière les galeries Lafayette)(2), à l’enseigne des Fantaisies angevines. À la veille de la 1ere Guerre Mondiale, Angers compte déjà quatre cinémas. Le Grand Théâtre va devenir lui aussi un lieu de projection (3).

Vue extérieure du cinema Vauban. S.d. [c.1935] Archives départementales de Maine-et-Loire.
Vue extérieure du cinema Vauban. S.d. [c.1935] Archives départementales de Maine-et-Loire.
13 avril 1916 : naissance du Variétés-Cinéma
Contrariée par la guerre 14-18, l’ouverture du Variétés-Cinéma, boulevard de Saumur (l’actuel boulevard Foch) renforce l’offre locale (4). Le Variétés deviendra le cinéma le plus populaire de la ville. Six ans plus tard, dans l’actuelle rue Louis de Romain, la société des Chocolats Poulain fait construire le Familia (5)-le futur Palace-, un impressionnant bâtiment entièrement conçu pour le cinéma avec ses… 1200 places (6), ses loges et son balcon.
 
26 février 1961 : l’Elysée ou l’essor des cinémas de quartier
Jusqu’au milieu des années 60, la reconstruction de la France et la Nouvelle Vague favorisent l’essor du cinéma. A Angers, des salles poussent partout : Le Pélican près du Jardin des Plantes, le Régent rue Lenepveu, le Rex rue Château-Gontier, l’Impérator, le Beaurepaire, l'Etoile, le Paris… Initié par la coopérative Les Castors Angevins, l’Elysée est le quinzième à ouvrir, avenue Patton à Belle-Beille. Jean Renoir et François Truffaut y seront reçus. Mais suite aux ennuis judiciaires de sa fondatrice, il doit fermer dès 1965. L’Elysée renaitra trois ans plus tard, en s’ouvrant au spectacle.
 
1972 : Ariel, le premier complexe
Au début des années 70, l’avènement de la télévision vide les cinémas. Face à la perte de rentabilité des salles mono-écran, émerge le concept de complexes multi-salles sous l’impulsion du patron d’UGC, Jean-Charles Edline. A Angers, l’Ariel ouvre en 1972, boulevard Foch. L’idée est clairement de s’installer sur les zones de chalandise où le client se déplace déjà pour faire du commerce. Le Variétés et le Colisée l’imiteront sur la même artère.
 
1975 : Le Club ou la résistance culturelle
La fermeture de la Maison de la Culture porte un coup aux amateurs de cinéma à Angers. L’un de ses animateurs, Claude-Eric Poiroux avait réussi à y fidéliser un public en multipliant projections et soirées thématiques dans différentes salles de la ville. Pas un hasard si les propriétaires de l’Impérator se tournent vers ce cinéphile éclairé, pour reprendre leur cinéma (situé juste derrière le palais de justice). Grâce à la générosité de prêteurs, Le Club est lancé. Il privilégie le cinéma d’auteur et la VO. Et ça marche. L’association Cinéma Parlant nait à cette même époque.

19 mars 1982 : la création des 400 Coups
Passé de 25 000 à 75 000 spectateurs, Le Club est à l’étroit dans ses murs. Après avoir visité plusieurs lieux (dont Le Palace), Claude-Eric Poiroux jette son dévolu sur un ancien entrepôt des Nouvelles Galeries, rue Claveau, dans un quartier « en pleine décrépitude ». Les 400 Coups s’y ouvre avec quatre salles proposant des films en version originale. Il s’agrandira d’une 5e salle en 2001 puis d’une 6e et 7e en 2006 (8).
 
20 janvier 1989 : Premiers Plans, première
La première édition du festival de cinéma d’Angers a lieu du vendredi 20 au dimanche 29 janvier (9). Le ministre de la Culture, Jack Lang, apporte son soutien enthousiaste aux organisateurs « sûr qu’ils sauront en faire un lieu où se préparera le cinéma de demain ». « S’il y a un remède à la crise, c’est bien dans les nouvelles générations de spectateurs que nous les découvriront » écrit de son côté Claude-Eric Poiroux, le délégué général du festival. Le Grand Prix du Jury est attribué à « La Petite Véra » du russe Vassily Pitchoul.

Ouvert en 2000, le multiplexe Gaumont draîne aujourd'hui la majorité des entrées sur Angers.
Ouvert en 2000, le multiplexe Gaumont draîne aujourd'hui la majorité des entrées sur Angers.
18 décembre 2000 : le multiplexe Gaumont ouvre ses portes
Après avoir fermé le Colisée puis l’Ariel, boulevard Foch, Gaumont inaugure son nouveau multiplexe, un complexe de douze salles aménagé dans le nouveau quartier universitaire Saint-Serge (10). C’est le quatrième ouvert cette année-là par le groupe après Amneville les Thermes, Saint-Etienne et Reims. Ses gérants visent 800 000 spectateurs par an. Ils en accueillent plus de 950 000 aujourd’hui.
 
14 octobre 2015 : Cinéville se lance aux Ponts-de-Cé
Après l’échec d’un premier projet (« Megarama »), un nouveau complexe cinématographique ouvre au sud de l’agglomération d’Angers sur la zone d’activités du Moulin-Marcille (11). Porté par le groupe Soredic, l’ensemble dispose de six salles de 97 à 415 sièges pour une capacité de 1189 sièges. Il porte l’offre ciné de l’agglo à 25 salles et 4512 places.
 




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