1er Mai, le brin de muguet de la lutte ouvrière


Rédigé par - Angers, le 01/05/2014 - 13:54 / modifié le 01/05/2014 - 19:06


Contrairement à une idée reçue, le muguet qui fleurit dans nos jardins à la fin avril et la fête du Travail, journée de revendications ouvrières, n’ont aucun lien direct. Mais alors comment les jolis brins de muguet se sont-ils retrouvés dans les défilés du 1er mai ?



Deux euros le brin de muguet, c'est le prix pratiqué ce matin par les vendeurs occasionnels
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Symbole de chance et de bonheur pour qui en a dans son jardin ou l’arbore à sa boutonnière, la réputation du muguet remonte, selon les historiens, à l’antiquité grecque. C’est le dieu Apollon qui aurait créé le muguet pour que les muses qui marchaient vers le mont Parnasse ne s’abiment pas les pieds. Chez les chrétiens c’est aussi la fleur de muguet qui accompagnait les morts vers le paradis, alors que chez les Romains, le 1er mai, jour dédié à la déesse Flora, le muguet était à l’honneur. Enfin chez les Celtes, le muguet était considéré comme un porte bonheur.

Et pour cause, le « Convallaria majalis » (nom scientifique du muguet) dont les racines prolifèrent en période hivernale pour sortir au printemps, fait partie des premières fleurs qui décorent et parfument nos jardins. C’est donc la fleur de saison, sympathique et odorante, mais à tenir éloignée des enfants, car l’ingestion de ses clochettes est toxique, voire mortelle.

Il faudra attendre la Renaissance, en 1561, pour voir le muguet distribué par le roi Charles IX à toutes les dames de sa cour. Cette tradition inspira les générations suivantes, avec l’apparition des bals du muguet où les jeunes filles étaient habillées de blanc et les garçons portaient un brin de muguet à la boutonnière. Rapidement les clochettes de mai deviennent un symbole de bonheur que l’on offre à l’élu(e) de son cœur et d’une manière générale aux gens que l’on aime.

Et les revendications ouvrières dans tout ça

Environ 700 personnes ont défilé ce matin dans les rues d'Angers à l'appel des principaux syndicats
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Tout commence le 1er mai 1886 à Chicago (USA), où un mouvement ouvrier de grande ampleur, 400 000 salariés dans la rue, perturbe le « moving day », jour de reprise de l’année comptable. Cette journée fera date jusqu’en France, ou trois ans plus tard, l’internationale socialiste qui célèbre le centenaire de la révolution décrète le 1er mai comme journée mondiale de lutte pour les travailleurs.

Après des années de manifestations, le 23 avril 1919, la journée du 1er mai devient un jour chômé (non payé) qui permet aux travailleurs de manifester. C’est également ce jour que l’on instaure officiellement la journée de 8h. Mais ce n’est qu’en avril 1947 que le 1er mai deviendra un jour férié et payé dans le code du travail, sans être officiellement désigné comme fête du Travail. Il le deviendra le 29 avril de l'année suivante.

Le croisement du muguet et des revendications ouvrières s’est opéré en 1907. Les manifestants qui portaient alors un triangle rouge qui symbolisait la journée d’un travailleur – 8h de travail, 8h de sommeil et 8h de loisirs -, puis une fleur d’églantine rouge, ont porté pour la première fois un brin de muguet.

Dès lors le muguet devient le symbole de la revendication ouvrière du premier mai. Pour le Parti Communiste Français, le muguet devient même « le brin de l’espoir » qui permet de lancer le printemps des revendications. Chaque année, les militants en écoulent des quantités impressionnantes afin de contribuer au financement de leur parti. « La vente du Muguet représente une source de financement non négligeable pour le Parti communiste », déclarent les dirigeants qui ramassent quelques 3 millions d’euros chaque année.

Tenant pour certains un brin de muguet dans la main, ils étaient 700 ce matin à défiler dans les rues d’Angers, fustigeant comme il est de coutume en cette journée, les patrons, mais aussi le gouvernement Valls qu’ils accusent « d’être à la solde des banques et des actionnaires des grandes entreprises ».




Yannick Sourisseau
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