3 courts-métrages aux 400 Coups : de l’autre côté du miroir


Rédigé par Cinéma Parlant - Angers, le Samedi 10 Octobre 2009 à 10:46


Mardi dernier, trois jeunes angevins présentaient leurs réalisations dans une grande salle complètement pleine, sur un écran de plus de dix mètres de large : leur émotion était palpable.



Jean-François Guillou, Samuel Meeldjik, Tommy Daviau
Jean-François Guillou, Samuel Meeldjik, Tommy Daviau
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Le film de Samuel Meeldjik, « Le passage », montre en grand le Château d’Angers, décor familier pour beaucoup ; mais son personnage y voit une porte, et le fait que personne d’autre ne la voit renforce encore sa fascination : c’est comme une trouée au-delà des apparences rassurantes de la vie quotidienne ; le réalisateur nous a certifié que cette porte existait bien, nous donnant presque envie d’aller vérifier : c’est vraiment tout le charme du fantastique, de nous redonner le désir de regarder autrement ce que nous croyons déjà bien connaître, pour y entrevoir l’inconnu…

Avec « Variations » de Tommy Daviau, nous voilà en présence de 2 personnages aux noms identiques, dont les vies apparemment parallèles peuvent avoir un rapport… Ce thème de l’identité et du dédoublement est cher au réalisateur : nous sommes nous-mêmes, et autres que nous-mêmes à la fois ; ce que nous croyons être notre identité se mélange à autre chose, comme l’encre dans de l’eau ; les effets spéciaux, les images abstraites, la musique enivrante donnent à ce film de fin d’étude une poésie fascinante, et nous proposent une échappée teintée d’onirisme, où les distinctions que nous croyons les plus solides se révèlent fragiles.

Le 3ème film, « Laura », de Jean-François Guillou, est davantage ancré dans la réalité ; un homme comme tout le monde, malheureux en amour, se trouve mêlé à une affaire d’état : le hasard veut qu’il soit le témoin d’un crime, lui qui n’a rien demandé, et qui aspire à un bonheur simple, par exemple un jogging à la campagne. Nous sommes d’abord plongés dans une ambiance nocturne de polar noir, à la Chandler, puis les séquences qui suivent nous emmènent en plein air, dans des décors joliment filmés, comme pour fuir ces atmosphères poisseuses, mais c’est là précisément qu’il ne fallait pas aller : une autre réalité cauchemardesque fait irruption, changeant le destin du personnage ; comme quoi il existe un autre monde qu’il vaudrait bien mieux ne pas connaître !

Finalement, ces trois films, par delà leurs différences, dévoilent cet énorme pouvoir du cinéma, de nous faire croire qu’il peut y avoir une autre réalité derrière les décors tranquilles de nos vies : l’imagination de ces cinéastes se révèle indispensable pour nourrir la nôtre.


N.B. Un DVD des 2 derniers films est en vente chez Angevine Production











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