45 000 Angevins ont marché pour la liberté


Rédigé par Rédaction Angers Mag - Angers, le 12/01/2015 - 09:25 / modifié le 13/03/2015 - 10:14


Dimanche après-midi, 45 000 Angevins sont descendus dans les rues depuis la place Leclerc jusqu'à celle du Ralliement pour une marche républicaine sans précédent. Touchés au cœur par les attentats qui ont frappé la France cette semaine, ils sont venus dire avant tout leur solidarité avec les victimes du terrorisme, défendre la liberté d'expression. Sans céder à la peur.



Plus de monde que la place du Ralliement ne peut en recevoir
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Le cœur angevin a battu comme il ne l'avait jamais fait, dimanche, lors de la marche républicaine silencieuse organisée à 15 h, au départ de la place Leclerc. Et les rues de la ville se sont transformées en artères alimentant sans relâche en forces vives le cortège digne et irréductible formé par 45 000 citoyens angevins, venus témoigner leur solidarité aux victimes des attentats de la semaine, leur attachement à la liberté de la presse et leur refus de céder à la peur terroriste.

Dans la foule, immense, tous les âges, toutes les couleurs, des familles, des amis, des collègues... et nombre d'Angevins qui, à l'image de Florian, 34 ans, manifestent "pour la première fois. J'ai été touché d'une manière à laquelle je ne m'attendais pas". Il n'en dira pas plus, attentif aux applaudissements qui auront ponctué, plutôt que de longs discours, l'après-midi de mobilisation.

Qu'a-t-on vu, plus précisément, lors de cette marche ? Un symbole fort, avant même le départ. Alors que les politiques étaient présents en début de cortège, plusieurs responsables associatifs sont venus exprimer leurs réticences à les voir mener cette marche, très vite rejoints par l'association culturelle des musulmans de la Roseraie : ce sont finalement eux, silencieux, graves, qui ont battu le pavé les premiers.

Des signes de fraternité forts, aussi, entre les marcheurs et les forces de police mobilisées tout au long du parcours ; des regards tournés vers la vitrine habillée de Unes de Charlie d'un BD store, rue Toussaint ; un parcours modifié jusqu'au bas de la rue Plantagenêt, devant l'affluence inédite de la marche ; des marcheurs attentifs, à l'heure d'écouter Le chant des Partisans, place du Ralliement, puis plus réservés lorsque La Marseillaise est sortie des enceintes.

Surtout, les Angevins ont échangé entre eux, et livré sans retenue leur raison d'être ici...

Edith, retraitée
"Je suis là pour la liberté. J'ai manifesté une seule fois dans ma vie, pour la liberté de l'enseignement en 1982 et là, je trouvais nécessaire comme j'ai des enfants, des petits-enfants, de dire que chacun ait sa liberté dans ce pays. Que chacun trouve sa liberté. Je pense que la richesse de ce pays vient de sa diversité, de toutes les religions, de toutes ses cultures. Et si on n'a plus cette diversité, ce sera triste. Oui, l'unité nationale, ça me parle. Quand au sein d'une même famille, on n'a pas tous les mêmes idées, c'est justement ce qui apporte de la richesse. Heureusement qu'on ne se tue pas."

Isabelle, mère de famille
Pourquoi je suis là ? Mais parce qu'on ne peut pas laisser place à la barbarie comme celle qui vient d'avoir lieu. Parce qu'il faut défendre la liberté d'expression, l'éducation qui sont je pense la base de ce qui pose problème aujourd'hui. C'est important, il n'y a pas de tabou à avoir. L'unité nationale, ça me parle à 100% : liberté, égalité, fraternité."

Océane, 19 ans, chercheuse d'emploi
"Pour moi, il était important d'être là d'abord pour les journalistes et leurs familles. Parce que c'est notre pays qui a été attaqué et pour dire aussi aux musulmans qu'on ne confondait pas ce qui s'est passé avec leur religion. Il ne faut pas oublier la tolérance religieuse et surtout, on ne peut pas accepter la guerre.

J'ai été choquée cette semaine de voir les assauts sur BFM TV, de savoir que des enfants se trouvaient à l'intérieur et que ces terroristes pouvaient tuer de sang froid, sans aucune pitié. On n'a pas le droit de faire ça. On est en France. Aujourd'hui, de voir les gens de toutes origines réunis pour une même cause, ça fait chaud au coeur."

Nathalie, professeur des écoles
"Ce moment est important pour tous, car il doit nous permettre de nous réapproprier des symboles de la république, comme le drapeau ou la Marseillaise, qu’on n’osait plus trop revendiquer de peur d’assimilation avec des extrêmes. Ce rassemblement est un vrai réconfort. Voir toute cette foule, ça donne de l’espoir".
45 000 Angevins ont marché pour la liberté

Abderrahmane, retraité, association des musulmans de La Roseraie
"Pour nous, c'est une manifestation nationale à laquelle nous tenions absolument à participer. D'abord parce que nous sommes les plus concernés et qu'on essaye de dire à tous de faire attention aux amalgames. Nous sommes totalement contre ce qui s'est passé et il est très important qu'on soit là aujourd'hui.

Nous voulions être présents pour tous les amis qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans et dire que la chose primordiale, c'est la paix. Et l'islam, encore une fois, ce n'est pas ce qui s'est passé. Beaucoup d'entre nous vivent en France depuis 40 ou 45 ans et nous n'avons jamais eu de problèmes."

Julien, 17 ans, élève de terminale au lycée Sainte-Agnès

"En tant que jeune, je trouvais super important de venir parce que depuis de nombreuses années, on nous apprend comment notre pays s'est battu pour obtenir la liberté d'expression et il faut continuer ce cheminement. Nous devons être solidaires et unis autour de cette valeur. Lors des applaudissements aujourd'hui, on a ressenti un grand sentiment de force, d'union. Il n'y a pas eu de mots, pas de phrases précises mais les applaudissements ont symbolisé beaucoup. Les événements vont nous obliger aussi à remettre des choses à plat.

45 000 personnes à l'unisson, donc, mais déjà des questions pour demain, entendues çà et là au sein de la foule. Jérome et Jean-Bernard auraient dû être aux vœux de la mairie de Bouchemaine, finalement annulés. Ils sont tous deux présents et disent leur "fierté d'être français, aujourd'hui, devant la mobilisation", exprime Jean-Bernard, qui est là "pour défendre la liberté d'expression".

Jérôme ne dit pas autre chose, mais pense déjà aux jours d'après : "J'espère que ce réveil citoyen va se prolonger, que toutes les personnes présentes aujourd'hui vont se saisir de leur droit de vote pour s'exprimer et ne pas laisser le Front national à 25 %."

Concevoir la marche d'un jour comme un point de départ, et pas une fin en soi. 
 

Diaporama photo du rassemblement Angevin. En cas de difficulté à visionner les photos, cliquez ICI

 








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6.Posté par webduweb le 15/01/2015 11:47 | Alerter
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On a vu une belle manipulation des esprits, un mouvement de masse organisé par le gouvernement, relayé par les médias de masse, et il n'y a eu que l'effet moutonnier, l'instinct grégaire, la foule, mais rien d'autre.
Une remarque que personne n'a osé faire :
L'Etat était sensé protéger la rédaction de Charlie hebdo, mais à l'évidence il n'avait pas mis les moyens, car ça n'a pas été efficace. Il aurait fallu des barrières et pour filtrer il fallait des gendarmes... Enfin, le véhicule de police...

5.Posté par ticach le 13/01/2015 18:19 | Alerter
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on n'a pas vu Valérie : Flamby n'aime plus les p'tits flans de sa maman ? elle n'a pas trouvé une astuce pour se faire payer le Paris-Angers par une assoc, une organisation ou son attaché presse ? Pourtant le navet qui va sortir va surement attirer les foules...

4.Posté par libe le 13/01/2015 10:06 | Alerter
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L'important c'est la LAICITE.
Quand on voit une "assoc" dite culturelle avec 100% de mecs pour un événement comme celui là c'est que vraiment ça craind... Il aurait au moins fallu un commentaire du genre "nos femmes nous ont dit de nous démerder avec ce merdier macho"

3.Posté par anouil le 12/01/2015 17:41 | Alerter
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2.Posté par Daniel Fleury le 12/01/2015 15:53 | Alerter
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"J’en arrive à Desproges et je me dis que l’on peut manifester vraiment de tout, mais vraiment pas avec tout le monde !" Fort heureusement, des citoyens ont réagi et fait en sorte de rester eux mêmes, ce que dans l'article vous appelez "Un symbole fort, avant même le départ....." . A Paris...

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