A Angers, Montessori a pris racines

L'école autrement 2/6


Rédigé par - Angers, le 06/12/2016 - 07:30 / modifié le 06/12/2016 - 17:36


Porté par des éducateurs convaincus, les méthodes de la pédagogue et thérapeute italienne Maria Montessori, font recette à Angers. Et nourrissent une école autogérée dans la Doutre, que fréquente une soixantaine d’enfants.



Au sein de l'institution Maria-Montessori Anjou, une soixantaine d'enfants se côtoient.
Au sein de l'institution Maria-Montessori Anjou, une soixantaine d'enfants se côtoient.
la rédaction vous conseille
Freinet, Montessori, écoles hors contrat, enfants non scolarisés, école démocratique... ces dernières années, la tentation des pédagogies alternatives n'a pas manqué de toucher Angers et sa région. Une défiance marquée vis-à-vis de l'école traditionnelle ou plutôt une manière de la réinterroger, de questionner ce qui ne va pas en elle ? Plus qu'un catalogue de ce qui se fait sur le territoire, ce dossier entend faire découvrir les initiatives locales, déconstruire quelques idées reçues et démontrer que les pédagogies et méthodes alternatives font largement leur chemin au sein même de l'Education nationale, par le biais de professeurs des écoles investis. Une révolution par la base, qui ne suscite qu'un intérêt relatif de l'administration.

« Ambiance ». Pour approcher l’importance de ce mot dans l’approche éducative pratiquée au sein de l’Institution Maria Montessori Anjou (IMMA), quelques minutes auront suffi. Le temps pour l’auteur de ces lignes d’ôter ses chaussures avant de pénétrer dans la classe, pardon, dans l’ambiance des 3-6 ans. Et de se poster sagement sur la chaise réservée à « l’observateur » avec vue privilégiée à 180 degrés sur le cadre d’apprentissage de la quinzaine d’enfants scolarisés dans la tranche d’âge.

« On vous demande de chuchoter et de ne pas trop bouger pour ne pas déranger l’ambiance de la classe », m’avait chuchoté elle-même Maria, l’une des éducatrices, avant de me laisser entrer. La première impression devient très vite une évidence : le calme impressionnant qui baigne l’espace n’est pas un leurre, ni un artifice. C’est bien un acteur clef de ce qui s’y passe.

Une pensée de Maria Montessori dont un petit portrait trône au-dessus de l’évier surgit : "C'est en fait l'environnement qui est le meilleur enseignant. L'enfant a besoin d'objets pour agir, ils sont comme un aliment pour son esprit."  Si l’arrivée de l’inconnu, appareil photo en bandoulière pourtant, n’a perturbé personne, c’est bien que chacun semble pleinement concentré sur ses occupations.
"C'est en fait l'environnement qui est le meilleur enseignant. L'enfant a besoin d'objets pour agir, ils sont comme un aliment pour son esprit" 
Seul, un livre sous les yeux, pour un garçon. A trois autour d’un album animalier illustré pour trois camarades. A six autour d’une enseignante, juste à côté. Et un peu plus loin encore, à dessiner ou manipuler des objets pour d’autres. « En italien, Maria Montessori parlait d’ambiente, dont le sens est finalement plus clair que le terme français d’ « ambiance » », indique Sandrine Baudouin, parent d’élèves et co-gérante de l’Institution ouverte depuis 2013 dans l’ancienne école Maurice Ravel, rue Haute de Reculée, non loin du CHU. Une maman convaincue, comme les autres, qu’un autre cadre pédagogique que celui proposé au sein de l’Education nationale était non seulement possible mais utile pour l’apprentissage de ses propres enfants.

« A la base, je suis professeur des écoles mais je ne me retrouvais ni dans les lignes directrices, ni dans la considération portée aux enseignants et aux élèves. Et plutôt que de subir le système pour nos propres enfants, nous avons fait ce choix. Ça nous demande beaucoup de temps et de travail, mais je ne reviendrai en arrière pour rien au monde », justifie-t-elle. Organisée en trois ambiances -3-6 ans, 6-9 ans et 9-12 ans-, l’école accueille une soixantaine d’enfants d’Angers et des environs, emploie huit personnes, propose un service périscolaire ouvert à tous le mercredi et, depuis peu, un service de restauration collective les mardis et jeudis assuré par un prestataire extérieur. « Autrement, chacun amène son plat. Ce n’est pas obligatoire mais personne ne mange à l’extérieur de l’école », précise Sandrine.

« Les familles à bas revenus sont majoritaires. C’est clair qu’il faut sortir cet argent mais c’est un choix de vie. »
La quasi-totalité du budget de l’école repose sur la participation des parents, laquelle, fixée en fonction du quotient familial, oscille entre 140 € et 550 € par mois. « Les familles à bas revenus sont majoritaires. C’est clair qu’il faut sortir cet argent mais c’est un choix de vie. » Un choix que seul le partage des responsabilités et des valeurs rend possible. En 2015, l’IMMA a dû se résoudre à fermer le collège qui était adossé à l’école. « Les moyens humains et financiers ont manqué », explique Sandrine Baudouin, sans s’étendre sur les désaccords qui ont entrainé le départ de l’une des co-fondatrices de l’établissement.

Tous ceux qui sont restés et ceux qui sont arrivés depuis acceptent de composer avec la fragilité financière de la structure, en s’investissant. En lien avec l’association Nascita (lire ci-dessous), certains se sont formés pour pouvoir enseigner eux-aussi. Comme Sandrine, à la naissance de ses enfants. Bien souvent le déclic pour ces parents, chercheurs de sens et d’une pédagogie plus douce et bienveillante, encore en quête de reconnaissance.

Nascita, la semeuse 
En italien, le terme signifie « naissance ». A Angers, l’éclosion de l’association Nascita est un autre signe de l’engouement que suscite la pédagogie Montessori. Fondée il y a six ans par Lydie et Jean-Paul Brunot, Nascita s’était donnée initialement pour objectif de « venir en aide aux parents ou assistant(e)s maternel(le)s, en recherche d’outils éducatifs".
Six ans après, elle s’apprête à lancer un troisième cycle de formation professionnelle destiné au monde de l’enseignement mais aussi aux acteurs de la santé : thérapeutes, psychothérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes... Dispensés par des formateurs diplômés reconnus par l’Association Montessori Internationale, ces formations font l’objet d’une « demande croissante », confirme Jean-Paul Brunot.
Après Rennes, Nascita va ainsi proposer des modules à Paris. Des temps de formation fréquentés, pour le cas des 3-6 ans, à « 80% par des professeurs des écoles », qui n’hésitent pas à prendre pour cela sur leurs temps de vacances. De là à imaginer un rapprochement à terme avec l’Education nationale ? « Je ne peux pas répondre à leur place mais j’en doute fort », sourit Jean-Paul Brunot, tout en se félicitant de la présence, récemment, de trois inspecteurs lors de la projection au cinéma Les 400 Coups à Angers du film « Ecole en vie ». Un documentaire militant qui traite de l’expérimentation au sein de l’Education nationale, de pédagogies alternatives. Et l’encourage.

Infos : www.nascita-angers.fr





Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag








Philippe Journo : "Les polémiques n'ont juste pas lieu d'être"

0 Commentaire - 22/05/2017 - Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD

Une saison en ballon !

0 Commentaire - 21/05/2017 - Thierry LARDEUX - Photo : Yan LUAT

Deux cents jours

0 Commentaire - 20/05/2017 - BARBARA RÉTHORÉ ET JULIEN CHAPUIS, pour WWW.NATEXPLORERS.FR







Angers Mag : #Angers Sylvain Bertoldi, « l’Histoire en ligne de mire » @Angers https://t.co/Plvx67BQbL https://t.co/CCHQDQgRyy
Mercredi 24 Mai - 07:33
Angers Mag : #Angers Six mois après, nouvelle démission à la tête du PS de #MaineetLoire https://t.co/6pUKV19acs https://t.co/CP5j9ftg8Y
Mardi 23 Mai - 19:03
Angers Mag : #Angers L’@HoteldAnjou à l’ère de Booking et Airbnb @Angers_tourisme https://t.co/pN1gQvy78u https://t.co/yKpGXOuL7g
Mardi 23 Mai - 07:33
Angers Mag : #Angers Philippe Journo : "Les polémiques n'ont juste pas lieu d'être" @AtollAngers https://t.co/qczUjxWsKr https://t.co/obcqXNE5uy
Lundi 22 Mai - 07:48