A Angers, l’UDI et le centre se cherchent encore

QUELLE VOIE POUR LA DROITE ET LE CENTRE ? #4


Rédigé par - Angers, le 25/02/2016 - 07:55 / modifié le 29/02/2016 - 08:47


Entre héritage historique et hésitations politiques, entre élus et militants, le centre continue de chercher son souffle à Angers. A l'image de l'UDI où la volonté du député Michel Piron de continuer à présider le mouvement suscite quelques remous et ambitions.



Seul parlementaire UDI de Maine-et-Loire, le député Michel Piron souhaite continuer à présider le mouvement en Maine-et-Loire. Ce que lui contestent plusieurs militants.
Seul parlementaire UDI de Maine-et-Loire, le député Michel Piron souhaite continuer à présider le mouvement en Maine-et-Loire. Ce que lui contestent plusieurs militants.
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Un seul être vous manque ? Michel Piron le reconnait volontiers, l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI) ne s’est toujours pas remise du retrait de la scène politique, de Jean-Louis Borloo, son "fédérateur" premier président national. "Personne n'a vraiment le sentiment de l'avoir remplacé, Jean-Christophe Lagarde (député-maire de Drancy et président actuel du mouvement, NDLR) l’admet lui aussi. C’est une difficulté pour l’attrait du parti notamment d’un point de vue médiatique" estime le député du Sud-Saumurois, candidat déclaré à sa propre succession à la tête de l'UDI de Maine-et-Loire en mai prochain. 
 
Ce qui vaut d’un point de vue national, vaut-il à l’échelon local, qui plus est sur une terre historique de la démocratie chrétienne et du centre ? Sur le plan comptable, difficile aujourd'hui d'étayer l'idée que le ciment UDI a pris fermement en Anjou. Avec entre 150 et 250 adhérents selon les estimations, quelques maires, une demi-douzaine d'élus au Conseil départemental (dont le président Christian Gillet tout de même !), une poignée de conseillers régionaux et un seul parlementaire depuis le départ à l'été 2013 de Gilles Bourdouleix, le député-maire de Cholet, l'UDI n'est certes pas pas désincarnée. Mais elle est loin d'avoir atteint l'audience et la notoriété qui furent celles autrefois en Maine-et-Loire de son ancêtre, l'UDF, et de sa branche démocrate-chrétienne, le CDS (Centre des Démocrates Sociaux), dont l'Anjou était une place forte. Problème de recrutement ou de renouvellement ?
 
"Sans doute faut-il attirer à nous plus de jeunes, mais faire de la politique, c'est d'abord s'engager concrètement" nuance Michel Piron, qui entend donc prolonger son bail de président en mai à... 73 ans. Face au déficit d'audience, l'ex-maire de Thouarcé et ex-président du Pays Layon Lys Aubance, avance "une réalité de terrain" : "En Maine-et-Loire, la culture centriste, c’est d’abord bosser et mettre les mains dans le cambouis sans forcément faire de bruit."  En clair, si l'UDI peine à recruter, l'essentiel reste que les élus qui se revendiquent de sa sensibilité centriste, même non encartés, agissent localement. Suffisant pour peser face aux Républicains, à l'heure des échéances électorales ?
"Peut-être que notre fédération n'a tout simplement pas été la hauteur ? Avec 200 adhérents en Maine-et-Loire, c'est très insuffisant"  Florian Santinho
"Je le répète, nous avons été respectés par Bruno Retailleau aux élections régionales", estime Michel Piron, écartant les critiques émanant de son propre camp (Christian Gillet) sur la faible présence de l’UDI au sein de la liste de rassemblement constituée en Anjou, derrière le sénateur Les Républicains de Vendée. Mais c'est oublier un peu vite la mise à l'écart de Jeanne Robinson-Behre, adjointe UDI au maire d'Angers, longtemps pressentie pour conduire cette liste dans le cadre d'un accord régional, mais finalement écartée (au profit du maire LR de Champigné, Paul Jeanneteau). La raison ? Jean-Christophe Lagarde n'a que peu goûté le choix de celle-ci de soutenir Christophe Béchu (LR) aux élections municipales à Angers en 2014, plutôt que la liste de... l'UDI Laurent Gérault, proche de Michel Piron. 

Et c'est là où, comme chez leurs voisins politiques et quoi qu'ils en disent eux-mêmes, la capacité des centristes à se diviser vient régulièrement contredire leurs ambitions fédératrices. "Peut-être que notre fédération n'a tout simplement pas été la hauteur ? Avec 200 adhérents en Maine-et-Loire, c'est très insuffisant : on ne peut faire que mieux" attaque Florian Santinho, autre UDI de la municipalité Béchu, dont la candidature face à Michel Piron pour la présidence du mouvement en Maine-et-Loire, est aujourd'hui, dit-il en mots choisis, "une hypothèse sérieuse". "Plus j'y réfléchis, plus je me dis que c'est une nécessité" avance le jeune élu, 25 ans, pour qui le manque de dynamisme de l'UDI en Anjou tient aussi à la personnalité, pour ne pas dire l'âge, de ses responsables. Et d'avancer "une logique d'équipe" face à la conduite par trop autocentrée à son goût de Michel Piron. "La jeunesse n'a jamais garanti la justesse des idées" réplique l'intéressé. 

Réduire à l'âge, la différence entre les deux hommes serait une erreur car celle-ci est aussi et avant tout politique : quand Michel Piron plaide pour une reconstruction politique du centre-droit jusqu'à l'aile modérée du Parti socialiste pour redresser et réformer le pays, Florian Santinho juge "essentiel" un rapprochement avec le MoDem et les autres formations centristes dans une logique d'alliance avec Les Républicains. Reste à savoir si ce dernier a réellement la capacité à fédérer. Car son ambition et son discours font grincer quelques dents jusqu'au troisième étage de la mairie d'Angers. Un troisième nom circule depuis plusieurs semaines pour l'élection à la présidence de l'UDI de Maine-et-Loire, celui de l'ex-conseiller régional et ex-député Dominique Richard. Comme quoi au moins, si le centre se cherche, c'est qu'il y couve encore quelques chercheurs. 




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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