A Angers, les anti-ACTA n’étaient pas nombreux


Rédigé par - Angers, le 12/02/2012 - 22:59 / modifié le 13/02/2012 - 10:58


Si dans de nombreuses villes de France, des hordes d’Anonymous au masque de Guy Fawkes ont défilé contre le projet ACTA (Anti-counterfeiting trade agreement) ce traité qui effraie les défenseurs des libertés sur Internet, ce n’était pas le cas à Angers. Au plus fort de la manifestation, ils étaient à peine une vingtaine.



La poignée d'anti-ACTA, samedi 11 février à Angers (Photo @manudwarf)
La poignée d'anti-ACTA, samedi 11 février à Angers (Photo @manudwarf)
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Ce samedi il faisait un temps à ne pas mettre un manifestant dehors et la place du Ralliement d’Angers, ouverte à tous les vents n’était pas le lieu idéal pour se réunir. Et pourtant une vingtaine d’opposants au projet ACTA (Anti-counterfeiting trade agreement) a bravé le froid pour répondre à l’appel du mouvement des Anomymous et ainsi faire part de leurs revendications aux quelques personnes de passage.

Depuis plusieurs mois une rumeur enfle sur le web. Un traité visant à renforcer la protection des auteurs et ayant droit, négocié dans le plus grand secret par les plus grandes puissances, menacerait le réseau Internet et son espace de liberté. Appelé ACTA (Anti-Counterfeiting trade agreement) ce traité vise à renforcer le copyright, c'est-à-dire le droit moral qui reconnaît à un auteur la paternité d’une œuvre (même numérique) mais aussi les droits patrimoniaux, qui confèrent un monopole d’exploitation économique sur l'œuvre.

Ce traité qui se prépare dans le plus grand secret (afin qu’il ne soit pas piraté sans doute) soulève l’inquiétude de tous ceux, et ils sont légions, qui se connectent chaque jour sur Internet pour échanger et télécharger tout ce qui peut leur être utile.

Depuis qu’il existe, le Web est devenu un espace de liberté, une zone de non-droit, où chacun considère que tout ce qui n’est pas protégé par un code d’accès est libre d'utilisation. Des photos en passant par la musique, les films et même les logiciels, chacun peut se servir sans que les auteurs puissent en revendiquer la propriété. C’est ainsi et il semble difficile de faire marche arrière.

Préserver les auteurs sans faire de l’argent sur le dos des internautes

De nombreux contenus, diffusés sur Internet font l’objet de copyright et en toute logique ils ne devraient pas pouvoir être copiés sans l’autorisation de l’auteur ou sans en avoir acquitté les droits. C’est sans compter sur des petits génies qui s’empressent de casser les éventuels codes, ou d’effectuer une copie numérique, pour mettre l’œuvre en libre-service, les utilisateurs de la copie ne se considérant pas comme responsables du pillage initial. C’est un peu comme si quelqu’un pillait un supermarché et s’installait sur le trottoir d’en face pour donner ce qu’il a initialement volé.

Mais rien ne semble pouvoir arrêter le mouvement, surtout en période de crise économique. C’est d’autant plus facile qu’un simple clic suffit à copier ou télécharger un contenu numérique. Et comme le numérique ce n’est pas palpable tout le monde en perd la notion de prix et ce qui peut en résulter sur le plan économique pour l’auteur.

L'objet de l'ACTA est de bâtir un nouveau cadre international pour la lutte contre la contrefaçon, le détournement de brevets et le vol de codes informatiques protégés. L'ACTA vise aussi bien les contrefaçons de produits de marque, les brevets sur les médicaments ou le piratage de logiciels. Mais il se penche également sur la distribution, sur le réseau Internet, d'œuvres numériques telles que les musiques ou les films.

Tous les pays ont des législations différentes en matière de droits d’auteur et une harmonisation ne serait pas inutile. Protéger les auteurs, surtout les plus petits, pour ne pas mettre en péril leur modèle économique aurait du bon, mais que de puissantes sociétés cherchent à verrouiller internet pour gagner encore plus d’argent c’est justement ce que craignent les opposants à ce projet. Et ACTA, c'est peut-être, une fois de plus, l'arbre qui cache la forêt du puissant capital.

« Non à ACTA, Non au monopole sur la nourriture, sur la santé, sur la culture », pouvait-on lire sur l’unique banderole de la poignée de manifestants angevins. Pour l’heure, si le froid a arrêté les manifestants, il devrait par l’intermédiaire du mouvement Anonymous, gagner du terrain, la belle saison venue.




Yannick Sourisseau
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