A Belle-Beille, le renouvellement urbain passe aussi par l'éducatif


Rédigé par - Angers, le 15/07/2015 - 07:56 / modifié le 15/07/2015 - 07:56


Dans le cadre d'un projet éducatif d'insertion, une dizaine de jeunes de Belle-Beille viennent de déménager des bâtiments de la place Dauversière, voués à la destruction. Un premier chantier porteur de sens à la veille de lancer la deuxième étape de la rénovation urbaine du quartier.



Une partie des jeunes impliqués dans le chantier avec Véronique Traineau (Habit-Troc) au centre et Yannick Fonteneau (à droite).
Une partie des jeunes impliqués dans le chantier avec Véronique Traineau (Habit-Troc) au centre et Yannick Fonteneau (à droite).
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Mercredi 8 juillet, 11 h. Au pied de la résidence universitaire de la place Dauversière à Belle-Beille, David, 20 ans, ne rechigne pas à la tâche à l 'heure de charger le dernier camion de collecte de la Ressourcerie des Biscottes. A l'intérieur, chaises, bureaux, armoires et lampes sortis des différentes chambres des deux bâtiments voisins. Ambiance fin de chantier, entre blagues,  sourires et sentiment du devoir accompli pour les acteurs de ce déménagement pas comme les autres.

A l'initiative de l'association Habit-Troc et des éducateurs de rue de l'ASEA, il a impliqué durant une semaine dix jeunes de 16 à 20 ans du quartier, sans diplôme voire en voie de déscolarisation pour certains, dans ce qui constitue de fait l'un des premiers actes de la nouvelle opération de renouvellement urbain de Belle-Beille. Car la résidence de la place Dauversière n'accueillera pas d'étudiants à la rentrée prochaine. Sa démolition est programmée dans le cadre de l'aménagement d'une liaison entre l'avenue Notre Dame du Lac et le centre Jacques-Tati, lui-même réhabilité.

Anticipant cette destruction, les responsables du CLOUS, l'antenne du Centre régional des oeuvres universitaires (CROUS) qui gère la résidence, ont sollicité il y a près d'un an ceux d'Habit-Troc. "Nous avions l'habitude de récupérer les draps et couvertures libérés par les étudiants. Mais là, on était sur autre chose, plus important. On s'est vite dit qu'il ne fallait pas que ce chantier parte ailleurs" raconte Véronique Traineau, la présidente de l'association.

De l'urbain et de l'humain

Voisins d'Habit-Troc avec lequel ils entretiennent d'excellentes relations, les éducateurs de rue de l'ASEA sont entrés dans la danse. "On a vu l'opportunité de monter un projet éducatif d'insertion sur quelque-chose de visible, avec quelques jeunes qui nous intéressaient en terme de groupe" raconte Yannick Fonteneau, leur responsable.

Les deux bâtiments de la résidence universitaire Dauversiaire voués à la destruction.
Les deux bâtiments de la résidence universitaire Dauversiaire voués à la destruction.
Soutenue financièrement par la Ville et l'Etat dans le cadre du contrat de ville, l'organisation du déménagement a pris forme, rapidement relayée auprès du réseau associatif local. L'idée était aussi de pouvoir faire profiter les adhérents d'Habit-Troc et les habitants du mobilier libéré à des prix très avantageux. "Pour le non vendu, nous avons négocié avec la Ressourcerie des Biscottes qui a accepté de mettre de côté temporairement dans ses locaux le matériel pour ceux qui seraient passés à côté des annonces" précise Yannick Fonteneau.

"Pour nous qui ne vivons que du troc et des adhésions (5€, ndlr), c'est positif à fond car la vente va nous permettre de nous apporter des ressources propres, indique Véronique Traineau. Et puis les jeunes ont bien assuré."  Formés aux gestes du travail et tenus à des horaires de travail (9h-12h30 et 13h-16h), ces jeunes ont travaillé par équipe de 2 ou 4 selon l'importance du mobilier, . "Je viens d'écrire à un déménageur pour pouvoir continuer pendant les vacances" explique Jordan, 20 ans, ravi de l'expérience. "Tous ces jeunes ont des qualités. L'idée des chantiers, c'est bien de faire avec eux sur quelque-chose d'utile" prolonge Yannick Fonteneau.

Adjointe au quartier de Belle-Beille, Sophie Lebeaupin ne voit elle-aussi que du positif dans l'opération : "Il y a une belle image derrière cette mobilisation car c'est le premier acte de l'opération de renouvellement urbain et elle implique des jeunes qui cherchent leur place. C'est montrer qu'il y a de l'humain là où on ne voit bien souvent que de l'urbain."




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1.Posté par Jawad le 21/07/2015 21:35 (depuis mobile) | Alerter
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C''est une très bonne initiative des jeunes du quartier de belle Beille appuyé par la nouvelle adjointe Sophie Lebeaupin . La rénovation urbaine va donner un nouvel élan pour ce quartier longtemps oublié .








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