A Monplaisir, le lycée Emmanuel Mounier à l’école de la laïcité


Rédigé par Tiphaine CREZE - Angers, le 13/01/2016 - 08:30 / modifié le 13/01/2016 - 18:00


L’équipe pédagogique de l’établissement de Monplaisir avait choisi de banaliser la journée de mardi afin de faire plancher les 500 lycéens sur la question de la laïcité, lors de débats, d’ateliers et de tables-rondes.



Peut-on rire des religions ? Le droit de blasphème a fait partie des nombreux sujets évoqués mardi au lycée Emmanuel Mounier.
Peut-on rire des religions ? Le droit de blasphème a fait partie des nombreux sujets évoqués mardi au lycée Emmanuel Mounier.
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« Les mots de la laïcité » tapissent les murs des couloirs du lycée Emmanuel-Mounier, à Monplaisir : « liberté de croire », « hérétique », « athée », « secte », « croyant »… Dans une salle de classe du deuxième étage, une vingtaine d’élèves évoquent le droit de blasphème lors d’un atelier consacré à la Charte de la laïcité. L’un d’eux, en 1e STMG, prend la parole : « Dieudonné et Charlie Hebdo font deux choses distinctes. Le premier appelle à la haine, le second critique toutes les religions et n’incite personne à la haine ».

Ces questions, les 500 élèves de l’établissement se les sont posées mardi. L’équipe enseignante, sollicitée par les élèves (et notamment ceux du CVL, le Conseil de la vie lycéenne) avait décidé de banaliser cette journée et de la dédier entièrement à la question de la laïcité. « Suite aux attentats de janvier dernier, la force de l’émoi a été telle que, très vite, les élèves nous ont interpellés », se souvient Ahmed El Bahri, le proviseur, également adjoint au maire d’Angers en charge de l’éducation. « Au-delà de l’aspect émotionnel et passager, ils nous ont demandé de travailler sur le long terme ».
"Il faudrait que l’on sache ce que laïcité veut dire dès le plus jeune âge" - Gaëtan, en classe de terminale
En amont, l’équipe pédagogique et les élèves ont ainsi mis sur pied une exposition en lien avec cet épineux sujet. Une façon de préparer les esprits au débat et d’aiguiser les idées afin d’être au point pour la venue des intervenants conviés à cette journée particulière, parmi lesquels l'association d'éducation populaire Dracs (Déviation Réfléchie des Actions Culturelles et Sociales), le Cerdi (Centre de rencontres et de dialogue inter-religieux), la FOL (Fédération des oeuvres laïques) ou u encore Hervé Rihal, professeur de droit à l’Université d’Angers, venu dessiner les contours juridiques de la laïcité...

Des idées fortes ont émané de l'atelier "dessin de presse".
Des idées fortes ont émané de l'atelier "dessin de presse".
Dessiner, c’est justement le métier de Philippe Menvielle. Bédéaste et dessinateur de presse, il donnait ce mardi un atelier et dressait déjà un premier constat, en fin de matinée : « Les élèves ont énormément de choses à dire, c’est un atelier très productif avec des dessins forts en idées ». Du positif quand un lycéen représente des symboles religieux personnifiés et main dans la main. Du questionnant lorsqu’une élève griffonne une jeune femme voilée qui se fait mettre dehors tandis qu’une jeune femme portant une croix autour du cou n’est pas dérangée.

Le croquis de Gédéon est plus abstrait. On y voit des croix et des croissants s’abattre sur la Terre, le tout accompagné d’un message indéchiffrable. « J’aime bien dessiner mais je préfère ne pas donner d’explications, que mes dessins suscitent l’interrogation. » Cet élève de seconde apprécie cette journée : « C’est une bonne chose pour les lycéens qui avaient envie de s’exprimer sur ce sujet et n’ont pas pu le faire en cours ou avec leurs amis. La laïcité est un thème complexe pour les élèves ».

"La laïcité protège-t-elle la religion ?"
"La laïcité protège-t-elle la religion ?"
Autour d’une table-ronde, Gaëtan, Aurélie, Simon, Marline, Rémi et les autres réfléchissent, marqueur à la main, à la question écrite au tableau: « La laïcité protège-t-elle la religion ? » En terminale, Gaëtan loue lui aussi l’initiative de son lycée. Il considère que « la laïcité s’est banalisée dans l’éducation ces dix dernières années, on ne l’apprend plus à l’école comme avant. Il faudrait que l’on sache ce que ce mot veut dire dès le plus jeune âge ».

Un point de vue qui fait écho aux propos d’Ahmed El Bahri : «  L’école doit se saisir des questions de société comme celle-ci ». La richesse des échanges de cette journée du 12 janvier ne pourra qu’achever de convaincre Monsieur le proviseur, son équipe pédagogique et ses 500 lycéens.












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