À Mûrs-Érigné, une vigne replantée comme jadis


Rédigé par Michel Barini - Angers, le 16/11/2010 - 17:27 / modifié le 17/11/2010 - 18:05


Site classé au patrimoine de l’Unesco, haut lieu de l’histoire républicaine, la Roche de Mûrs va remonter dans le passé en réhabilitant une parcelle de vigne. Comme au début du siècle dernier au cours duquel une ancienne exploitation produisait un vin local.



Sur les hauteurs de la Roche de Mûrs, des semeurs volontaires ont dispersé un semis de seigle préliminaire à la plantation de vignes.
Sur les hauteurs de la Roche de Mûrs, des semeurs volontaires ont dispersé un semis de seigle préliminaire à la plantation de vignes.
Replanter en vigne la Roche de Mûrs et lui rendre sa physionomie d’antan : ce n’est rien moins que le projet téméraire de deux parties qui ont décidé de s’unir pour le réaliser. D’un côté, on trouve la ville de Mûrs-Erigné qui souhaite valoriser ce site d’exception en le réhabilitant et de l’autre trois vignerons locaux qui produisent et commercialisent du vin bio. Comme ces acteurs partagent la même vision écologique, il a été décidé de remettre en exploitation une parcelle qui accueillait autrefois une vigne en utilisant des méthodes traditionnelles.

Et tant qu’à revisiter le passé, autant le faire dans le respect de la tradition. Par exemple en préparant le terrain à l’ancienne avant de planter. Et ça, c’est l’affaire de ces chantres de la viticulture biologique que sont Marc Houtin et Julien Bresteau de la Grange aux Belles ainsi que Maurice Forest du Domaine de Rochambeau. Comme ces trois exploitants indépendants de Soulaines-sur-Aubance ne font pas les choses à moitié, ils ont pris le parti d’ensemencer à la main avec du seigle.

Cette plante, en se dégradant, enrichit le sol en matières organiques, produit de l’humus, développe des racines profondément et stabilise le sol en prévenant tous risques d’érosion. Avant d’enfouir superficiellement le semis par un hersage au cheval, une opération d’ensemencement a eu lieu dernièrement in situ. Pour la réaliser, et après avoir partiellement débarrassé la surface de ses racines, ronces, cailloux et autres souches, les vignerons ont appelé à la rescousse quelques volontaires et amis de leur entourage.

Et foi de semeurs bénévoles, il était dit que la pluie cinglante, les bourrasques de vent et le ciel métallique ne les empêcheraient pas de mener à bien leur démonstration. D’autant qu’à l’heure et au jour prévus, quelques bonnes volontés étaient venues leur prêter main forte afin d’ensemencer cette surface de terre abandonnée au temps. Et de quelques téméraires au plus fort de l’averse, ils se virent même une bonne quarantaine une fois l’accalmie revenue.

Sur un terrain pentu de trois hectares et demi avec vue sur la ville et la vallée, idéalement orienté plein sud, le panorama offrira prochainement le spectacle d’un alignement de jeunes plants de chenin blanc. Alors, à quand une dégustation cuvée spéciale de coteaux de l’Aubance biologique, appellation « La Roche de Mûrs » ?

Cheval de trait poitevin mulassier du prestataire agricole « De l’âne au trait », Sando fut chargé d’enfouir le semis par hersage.
Cheval de trait poitevin mulassier du prestataire agricole « De l’âne au trait », Sando fut chargé d’enfouir le semis par hersage.



Michel Barini
Michel Barini
Contributeur Angers Mag - pour le secteur des Ponts de Cé et Murs Erigné. Collabore à la rédaction... En savoir plus sur cet auteur















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