A Premiers Plans, le beau combat de "Marija"

Premiers Plans – Longs métrages européens en compétition #3


Rédigé par Katia ECHIVARD - Angers, le Mercredi 25 Janvier 2017 à 14:30


"Marija", film allemand de Michael Koch, dévoile un portrait optimiste d'une femme forte qui se bat pour faire vivre ses espoirs. Présenté au Festival de Locarno, il est le troisième film européen en sélection officielle à Premiers plans.



"Marija" est interprétée par Margarita Breitkreiz (Copyright RealFiction).
"Marija" est interprétée par Margarita Breitkreiz (Copyright RealFiction).
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Jeune Ukrainienne, immigrée en Allemagne, Marija travaille comme femme de ménage à Dortmund, en rêvant de posséder un jour son propre salon de coiffure. Licenciée, elle va devoir chercher les moyens d'accomplir son rêve quitte à mettre de côté toute relation sociale et tout sentiment.

Tout comme Godless, le précédent film présenté en compétition (lire notre critique de mardi), ce premier long métrage du réalisateur allemand Michael Koch s'intéresse à la trajectoire d'une femme seule. Là s'arrête la comparaison. Car les deux personnages sont bien différents l'un de l'autre. Là où Gana, héroïne de Godless, reste enfermée dans sa dépression, Marija résiste dans un univers moins hostile. En apparence.

L'approche sociale du film est manifeste. Marija traduit le contexte et les conséquences brutales de l'immigration en Allemagne, laissant apparaître le peu de perspectives qui s'offrent à ceux qui y ont trouvé refuge. Mais Marija se détache. Dès la première séquence, elle marche dans la rue de façon déterminée. Courageuse, elle refuse de s'apitoyer sur son sort et ne laissera rien ni personne, gâcher son avenir. Cela donne toute son assurance au personnage, souvent filmé de dos.
« Marija suit sa route, prête à se battre jusqu'au bout pour concrétiser ses rêves »
Dans ce rude combat pour son indépendance, le personnage, incarnée par Margarita Breitkreiz, fait face à ses problèmes avec fierté. Malmenée par les hommes et par la société, elle refuse de se soumettre. La caméra l'enserre dans ce monde impitoyable. Mais Marija suit sa route, prête à se battre jusqu'au bout pour concrétiser ses rêves.
           
Inébranlable ? Entre sa force extérieure et un être intérieur que son visage fermé rend insaisissable, Marija porte une ambivalence. Le dernier plan en est magnifiquement représentatif. Elle marche à nouveau, mais face caméra. Et si ses pas sont résolus, on finit par déceler dans son regard un mal être profond.
           
Marija, ce sont les tribulations d'une femme, intelligente et digne qui, loin de tout misérabilisme, offrent un regard neuf sur l'immigration. Le soin porté à l'image et des plans lumineux accompagnent ses espoirs et sa quête de liberté. Marija est un film sensible et esthétiquement réussi.
 

Le programme de ce mercredi à Premiers Plans, c'est ici.













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