A Raspail, le combat pour l'éducation prioritaire continue


Rédigé par - Angers, le 10/04/2015 - 12:05 / modifié le 10/04/2015 - 16:08


Il y a un peu plus de deux semaines, les écoles de Belle-Beille apprenaient qu'elles étaient maintenues dans un réseau d'éducation prioritaire (REP). Une décision qui n'intégrait pas l'école Raspail, placée pourtant dans la même situation par la refonte de l'éducation prioritaire portée par Najat Vallaud-Belkacem. Là-bas, le combat continue pour permettre aux 175 élèves de l'école primaire de bénéficier d'un dispositif REP qui garantit, en plus de conditions de travail acceptables, une mixité sociale positive. Explications.



Parents, enseignants et enfants étaient réunis vendredi matin pour réaffirmer leur volonté de maintien dans un dispositif d'éducation prioritaire.
Parents, enseignants et enfants étaient réunis vendredi matin pour réaffirmer leur volonté de maintien dans un dispositif d'éducation prioritaire.
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Oubliée. Lorsqu'à la veille du second tour des élections départementales, le député PS Serge Bardy donnait lecture de la lettre qui lui avait été adressée par la Ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem (voir notre article), aucune mention n'était faite de l'école Raspail.

Le combat pour le maintien de l'éducation prioritaire, parents et enseignants de l'établissement situé au cœur du quartier Saint-Jacques l'ont pourtant mené main dans la main avec les écoles de Belle-Beille. C'est un fait : le quartier où se trouve l'école Raspail (175 élèves répartis au sein des écoles maternelle et élémentaire) ne bénéficiera pas, comme celui de Belle-Beille du nouveau programme de rénovation urbaine. Vrai, aussi, que l'établissement n'a jamais dépendu du collège Rabelais, mais du collège Renoir, qui n'a jamais été identifié comme relevant d'un dispositif d'éducation prioritaire (REP).

Pour autant, la refonte de l'éducation prioritaire présentée par la ministre au mois de décembre 2014 ne doit-elle se préoccuper, de manière bête et méchante, que de la seule réalité d'un collège ? C'est en substance la question que continue de poser le collectif créé pour défendre ces écoles, et mobilisé une nouvelle fois vendredi matin aux portes de l'établissement.
En s'appuyant sur des chiffres précis et éclairants. "L'école fait partie de l'éducation prioritaire depuis 1989", rappelle la directrice, Claire Le Flécher. "J'aimerais bien vous dire que la situation du quartier s'est améliorée à tel point que l'on peut sortir du dispositif. Mais ça n'est pas le cas".
"J'aimerais bien vous dire que la situation du quartier s'est améliorée à tel point que l'on peut sortir du dispositif. Mais ça n'est pas le cas"

Quelle est, dans les faits, la réalité des enfants qui fréquentent Raspail ? Une grande précarité, à en croire les données brutes. "Deux tiers des enfants qui rejoignent le collège Renoir depuis Raspail sont boursiers", détaille Claire Le Flécher. "Parmi les enfants que nous accueillons, 46 %  ont leurs deux parents au chômage, et le nombre de familles monoparentales est important".

Dans une note très précise adressée aux élus, le collectif revient également sur la situation géographique de l'école, dans un quartier en Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS). "La fragilité des populations de la rue Abel Chantreau, ancienne cité d’urgence, est reconnue, tout comme celle des immeubles locatifs anciens, et donc bon marché, des rues La bruyère, Chef de Ville et Roger Chauviré. Ces populations représentent 50 % des familles de l’établissement. Par ailleurs, la rue Saint Jacques abrite le Foyer Béthanie, recevant des femmes en détresse et leurs enfants, souvent perturbés, scolarisés à Raspail, ainsi que Le Bon Pasteur, propriété religieuse mettant une partie de ses immenses locaux à la disposition d’associations telles que France Terre d’Asile. Ces primo-arrivants scolarisent également leurs enfants à Raspail. Ils s’intègrent rapidement, mais leur méconnaissance du Français suppose une attention particulière.

Enfin, l’ancienne cité d’urgence Abel Chantreau accueillent des familles, sédentarisées de plus ou moins longue date mais issues du voyage, qui conservent vis-à-vis de l’institution scolaire une défiance et une désinvolture pénalisant la réussite de leurs enfants."
"Nous avons une petite mixité sociale très positive. Des gens qui ne sont pas là par hasard, des militants qui agissent et entraînent d'autres familles avec elles"

Un tableau noir pour se faire entendre ? Loin de là. "Mon école tourne bien", insiste Claire Le Flécher. "Nous avons notamment une petite mixité sociale très positive. Ces gens ne sont pas là par hasard, ce sont des militants qui agissent et entraînent d'autres familles avec elles."

Seulement voilà, c'est justement le dispositif d'éducation prioritaire -avec des classes limitées en nombre d'élèves notamment- qui favorise cette mixité sociale. Beaucoup de ces parents engagés n'en font pas mystère : si Raspail quitte le giron de l'éducation prioritaire, ils envisageront de quitter l'école.

A l'heure où la mixité sociale habite les discours des politiques et est identifiée par la ministre de l'Education nationale elle-même comme un facteur d'équilibre, cette perspective a de quoi interroger. Un questionnement auquel la Convention académique de priorité éducative (CAPE, une sorte de réseau d'éducation prioritaire moins moins) dont bénéficiera, comme le prévoit la loi, l'école pendant 3 ans, ne répondra pas.

La balle est désormais dans le camp des politiques, tous bords confondus. Le député Serge Bardy a ainsi adressé il y a quelques jours un courrier au recteur d'Académie pour l'alerter de la situation. Mais il serait étonnant qu'il sollicite une seconde fois en quelques semaines l'attention de la ministre. La Ville d'Angers, elle, reste toujours sans nouvelles du ministère et sur le vœu adopté à l'unanimité du conseil, dès la mi-décembre, pour faire bouger les lignes.

La solution, si elle existe, semble passer par un rattachement au même établissement que les écoles de Belle-Beille.




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