"A moi seule", un film kidnappant


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Mercredi 11 Avril 2012 à 17:48


Après huit années d’enfermement, Vincent laisse partir Gaëlle de chez lui. Il lui a tout appris. Ils dépendent tous les deux l’un de l’autre. Désormais, elle doit redécouvrir le monde et sa « liberté ».



Comme tous les soirs, après son travail, Vincent  libère Gaëlle de sa chambre...
Comme tous les soirs, après son travail, Vincent libère Gaëlle de sa chambre...
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Frédéric Videau, à l’aide d’un montage alterné, narre l’histoire d’une jeune fille qui grandit dans la séquestration, et montre comment elle en ressort une fois libérée. Ce film est accompagné d’une bande son enfantine et joyeuse, représentant l’enfance de Gaëlle volée par Vincent.

Ici, le cinéaste, s'inspirant de l'affaire Natascha Kampusch, change la vision manichéenne que nous avons du kidnappeur en général. Notre avis sur Vincent est mitigé. Nous ne savons pas tout ce qu’il se passe. Nous ne connaissons pas ses intentions. Nous voyons Vincent qui émet beaucoup d’amour à l’égard de Gaëlle.

Ce film nous montre qu’il n’y a pas de liberté possible dans notre société, pour Gaëlle. En effet celle-ci se retrouve enfermée chez sa mère, son père lui se retrouve enfermé par l’alcool. Libérée ou non par Vincent, Gaëlle est en prison.

F. Videau joue avec le spectateur et le trouble grâce à ses échelles de plans. Il utilise des gros plans sur le visage de Gaëlle à chacun de ses réveils, nous ne savons jamais où elle se trouve. C’est en fait un moyen de nous mettre à sa place, car peut être qu’elle aussi se pose cette question tous les matins « où suis-je ? ». A chaque fois que Gaëlle se réveille, elle croit sortir d’un de ses mauvais rêves. Mais ces mauvais rêves sont en fait sa vie, il lui est impossible d’en sortir. Le récit se construit avec une chronologie déstructurée. C’est le reflet de l’état psychologique du personnage. C’est sa confusion.

Le film est court mais efficace. Nous n’entrons peut-être pas assez dans la psychologie des personnages, qui nous parviennent très fermés. Le cinéaste nous amène à nous poser des questions sur la vie, est il possible de se reconstruire après un tel traumatisme ? Nous ne savons pas comment Gaëlle s’en sortira, mais cette dernière réplique aussi touchante que lourde de sens nous donne un peu d’espoir : « Je suis toute neuve ».

Après dix ans d’attente, F. Videau a réussi, il nous a enchantés !

Margaux.












Angers Mag