ARTAQ : les stars mythiques du club des 27 au Ronceray


Rédigé par - Angers, le Vendredi 11 Mai 2012 à 22:39


Un cloitre, il n'y a pas de meilleur endroit pour exposer des œuvres de plasticiens de culture street art – arts urbains évoquant les artistes mythiques du « club de 27 », ceux qui ont prématurément quitté le monde des vivants à l’âge de 27 ans. Une cinquantaine d’artistes, tous bien vivants, dont un Angevin, exposent 80 tableaux et volumes pour une rencontre qui ne manque pas d’intérêt.



Yves SUTY, président d'Artaq et initiateur de Mythiq 27
Yves SUTY, président d'Artaq et initiateur de Mythiq 27
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Il y a presque un an déjà, le 23 juillet 2011, la chanteuse Amy Whinehouse disparaissait tragiquement, relançant ainsi le mythe du « Forever 27 club », ou club des 27, le panthéon des rock stars mortes en pleine gloire… à l’âge de 27 ans.

De Brian Jones, le guitariste des Rolling Stones, trouvé noyé dans sa piscine à Kurt Cobain le cofondateur et chanteur du groupe Niravana, suicidé par balle, en passant par Janis Joplin, morte d’une overdose d’héroïne ou Jim Morrison, le chanteur et cofondateur des Doors, mort d’une crise cardiaque, ces artistes au sommet de leur art, qui flirtaient depuis leurs débuts avec la mort, partageaient des points communs : l’angoisse, la dépression, la démesure, les idées suicidaires, l’absorption excessive d’alcool et de drogues dures.

Tous les passionnés de musique, troublés par la mort de ces icônes, les ont élevé dans le cadre de ce club des 27, au rang de véritable mythe. C’est ce qui a inspiré Yves SUTY, le président de l’association ARTAQ, lequel a demandé à une cinquantaine de plasticiens de participer à l’exposition « Mythiq 27 », susceptible de rendre hommage à ces immenses artistes trop tôt disparus.

« Les plasticiens qui exposent dans le cadre d’Artaq ont tous travaillé sur le thème de la mort. L’un d’eux a travaillé sur la traitrise considérant que ces artistes sont des salopards, ils nous ont trahis en partant si tôt », commente Yves SUTY en présentant l’exposition, laquelle voyagera ensuite dans les grandes villes européennes.

Les plasticiens tous issus de la culture street art, avaient carte blanche pour réaliser leur travail en utilisant les techniques de leur choix. « La seule contrainte ce n’était pas de chercher à illustrer le thème, mais de le faire entrer dans la démarche habituelle de chacun », ajoute le président d’Artaq.

Le résultat : une exposition exceptionnelle qui suscite encore plus de questionnement sur la mort plutôt étrange de ces rock stars. Pourquoi, même si elles se mettaient en danger permanent, nous ont-elles quitté si tôt. L’image donne ici une autre perception de la mort de ces artistes, voire même une réécriture des faits, faisant entrer le visiteur dans l’imaginaire des auteurs et de ceux qu’ils ont idéalisés.

S’immerger dans la vie sulfureuse de ces personnages de légende

Franck DENIEL alias RedApe, devant l'une de ses oeuvres
Franck DENIEL alias RedApe, devant l'une de ses oeuvres
L’Angevin Franck DENIEL alias RedApe, expose quatre portraits tatoués, sa spécialité, dans le cadre de Mythiq 27, Jimmy Hendrix, Jim Morrison et Amy Whinehouse auxquels s’ajoute un tableau monumental représentant la mort fauchant tous les artistes du club des 27. Pour cet illustrateur, qui obtient une mention pour sa deuxième année de participation aux Artaq Awards, le concours qui récompense les meilleurs artistes internationaux du street art – arts urbains, c’est la consécration. Mais le succès ne lui monte pas pour autant à la tête.

« Pour Amy Whinehouse je me suis inspiré des nombreux tatouages qu’elle avait sur le corps, pour raconter sa vie. J’aime beaucoup la musique des Doors, ça m’a beaucoup aidé, j’ai eu comme des flashes et je les transcris sur le portrait de Morrison », explique Franck Deniel en présentant son travail.

Yves SUTY est plutôt satisfait du travail de Franck DENIEL, lequel entre parfaitement dans l’idée qu’il se fait du street art. « Cette forme d’art s’installe désormais dans les galeries. Les artistes de la rue peignaient sur les murs car ils n’avaient pas d’autre lieu pour s’exprimer. Ça leur permet de se faire connaître. Ensuite ils peignent sur d’autres supports, des toiles par exemple, en utilisant les techniques de la rue, bombes, pochoir, collages », précise Yves SUTY, cet ancien galeriste et communicant.

« Même si les artistes de rue aiment braver les interdits, ils ne peuvent pas s’exprimer n’importe où, c’est pourquoi les vrais artistes, ceux qui veulent vivre de leur art, sont capables de travailler sur d’autres supports ». D’où le succès grandissant d’Artaq, premier vrai festival du genre, qui commence à faire son chemin en présentant des expositions d’exception, comme celle de Mythiq 27.

Exposition Mythiq 27
Cloitre du Ronceray
Du 11 mai au 30 juin 2012
De 10h à 18h




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur








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