Accroche-cœurs : Philippe VIOLANTI, la force tranquille


Rédigé par - Angers, le 09/09/2011 - 08:24 / modifié le 09/09/2011 - 11:58


A quelques heures du lancement des Accroche-cœurs 2011, le grand festival d’art de rue d’Angers, Philippe VIOLANTI, le Directeur artistique est d’un calme olympien. Suspect pour quelqu’un qui a du sang italien dans les veines. Le boss d’Acqua Viva Production est ainsi, serein et enthousiaste. Pour lui, tout est prêt pour faire des Accroche-cœurs 2011 un grand cru, comme lui et son équipe ont le secret.



Philippe VIOLANTI : garanti sans stress, avec de la malice dans les yeux
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Je n’aime pas ce nom, Violanti, car il ne vous correspond pas », disait le maire d’Angers, Jean Claude ANTONINI, lors de la présentation de l’édition 2011 des Accroches-cœurs d’Angers. Philippe VIOLANTI, ce banlieusard parisien, très porté sur la nature, la ruralité, l’eau, est tout sauf un personnage violent, c’est même plutôt le contraire.

« Regardez, nous sommes à la veille d’un grand mouvement et vous ne voyez pas de gens excités. Je dégage des ondes positives et chacun est serein », dit en riant celui qui pilote l’un des plus grands festivals d’art de rue, avec une cinquantaine de troupes en mouvement dans la ville, et non des moindres, pendant trois jours. A sa place on pourrait être au bord de la crise de nerfs, pas lui.

Avec la double nationalité franco-italienne, ce boulimique de travail, très proche du monde rural se dirige tout naturellement vers des études agricoles, avec une idée en tête faire de l’élevage d’animaux. Mais il opte plutôt pour l’économie, devenant enseignant dans un lycée, après avoir été animateur de maison de quartier à Nanterre. C’est là qu’il commence à s’intéresser au monde de la Culture.

De retour de son service militaire, il est recruté comme administrateur du Centre d’Art Dramatique de Limoges. « Le directeur de l’époque avait trop de travail. J’ai juste mis mon nom et signé sur une page blanche et j’ai été engagé tout de suite », précise Philippe VIOLANTI. En 1984 il contribue à la mise en œuvre du Festival des Francophonies en Limousin et au Festival des Granges. Ce sont ces premiers contacts avec l’art de rue. « J’étais déjà dans un concept économique de développement durable, environnemental et culturel. J’avais cet état d’esprit ».

Quelques années plus tard il prend la partie administrative de la Maison de la Culture de Rennes, et fait passer avec son équipe, le nombre d’adhérent de 3 000 à 20000 grâce à de gros événements comme le Carrefour des Régions d’Europe en Bretagne et le Festival des Arts Électroniques. En 1990, il fait une rencontre déterminante, en la personne de Jean Michel DJIAN, l’un des conseillers du ministre de la Culture Jacques LANG. Il rentre alors dans l’association « Eurocréation », où il participera à plusieurs gros événements centrés sur l’environnement, adoptant alors le concept de l'événement écologique, économique et social.

En 1992, alors qu’il préparait un festival sur le thème de l’eau comme élément fédérateur et ludique, évident pour quelqu’un qui tire ses origines de Toscane, sur les bords de l’Arno, il décide de créée l’agence d’ingénierie culturelle « Acqua Viva Production », afin de mettre à profit son expérience en matière d’organisation. Cette agence conçoit et produit des événements permettant de transposer l’art de la rue à l’art dans la ville, tel que le Festival de la Loire à Orléans, les Uburlesques de Laval et désormais les Accroche-cœurs d’Angers.


Ecrire une autre page tout en tenant compte du passé

« J’ai connu les Accroches-cœurs lors du festival d’Orléans, l’an dernier. J’ai postulé 15 minutes avant la clôture de l’appel à candidature et l’agence a été retenue. Tout s’est fait très vite. Je connaissais Jo Bithume mais aussi et surtout Calixte de Nigremont, rencontré aux Uburlesques. C’était l’homme de la situation, je l’ai engagé comme artiste associé. Notre duo fonctionne plutôt bien ».

Philippe VIOLANTI qui connaît les problèmes rencontrés par ses prédécesseurs, se veut surtout respectueux du travail accompli à ce jour : « Mon équipe et moi nous écrivons une autre page des Accroche-cœurs. Le plaisir des artistes à venir à Angers et de l’engouement des Angevins pour cette fête, ce n’est pas nous qui l’avons initié, mais ceux qui étaient avant nous. Nous assurons seulement la continuité ».

Avec sa bonne connaissance d’Angers, il y a même de la famille, cet organisateur hors pair qui aime la grande famille des artistes de la rue, à même réussi à tisser des liens avec l’évêché d’Angers. « Je ne suis pas croyant, mais la cathédrale, qu’on le veuille ou non est un phare dans la ville. En plus, toutes les sensibilités doivent participer aux Accroches Cœurs. Cet évènement nourrit aussi les cœurs de toute la population », poursuit Philippe VIOLANTI lequel veut, au travers de ce festival, « tirer la culture vers le haut ».

Il faut environ 8 mois, presque « le temps d’une gestation » pour préparer cet événement, avec sa petite équipe. « Je connais bien la grande famille des artistes de la rue. Nous allons voir beaucoup de spectacles et tout se construit au gré des rencontres, des opportunités. Ce fut plus difficile l’an dernier, mais nous avons une feuille de route pour trois ans et cette année, nous avons déjà des contacts pour l’an prochain ».

Sans dévoiler le point cardinal 2012, Philippe VIOLANTI avoue que le plus difficile est de résoudre l’équation budget – taille des formations – disponibilité et type de public. « C’est un mouvement d’horlogerie en quatre dimensions. Mais il y a une formidable entente à Angers et ça fonctionne bien » et de conclure : « notre seul souci c’est de faire au moins aussi bien que l’an dernier, sachant que le métier d’artiste est très exigeant ». Seule le météo, annoncée comme incertaine le préoccupe un peu, mais il n’est pas pour autant stressé, convaincu que les Accroche-cœurs seront inoubliables, qu’il pleuve ou ... qu’il neige.




Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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