Accueil de loisirs : les tarifs de la discorde…


Rédigé par - Angers, le 09/07/2015 - 08:20 / modifié le 09/07/2015 - 16:30


A la rentrée de septembre prochain, la tarification des accueils périscolaires et de loisirs évoluera, pour la plupart, à la hausse. Une décision assumée par la majorité municipale à Angers, mais montrée du doigt par l’opposition, qui interroge au passage la perception de justice sociale de l’équipe du maire, Christophe Béchu. Eléments d’analyse.



La question du tarif des accueils de loisirs divise majorité et opposition à Angers.
La question du tarif des accueils de loisirs divise majorité et opposition à Angers.
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Ce ne pourrait être qu’une bataille de chiffres. Un débat purement comptable et statistique ; un peu bête et méchant, à vrai dire. Seulement voilà : les positions respectives tenues par la majorité municipale angevine et son opposition au sujet de la nouvelle tarification des accueils périscolaires et de loisirs traduisent bien une différence de fond entre les deux parties.
 
Les faits, d’abord. Lors du dernier conseil municipal, Caroline Fel, adjointe à l’enfance, a présenté l’évolution et la révision des tarifs applicables pour l’accueil périscolaire et l’accueil de loisirs, à compter du mois de septembre prochain.

Concernant les accueils de loisirs, la municipalité a adopté le retour à une « tarification établie par tranche de quotient familial, en harmonisation avec la grille de l’Eparc (Etablissement public angevin de restauration collective NDLR) », ainsi que « la mise en place d’une aide sociale dont le quotient familial est inférieur à 488 » (comprendre les familles les plus pauvres NDLR), dans le cadre d’une convention avec le Centre communal d’action sociale (CCAS).
 « Plus l’on monte dans les grilles des quotients familiaux, moins l’augmentation est importante : +62 % d’augmentation pour les plus bas quotients familiaux, +55 % puis +40 % pour les quotients les plus élevés… Est-ce là une vision de justice sociale ? » - Silvia Camara-Tombini (PS)

Une orientation dénoncée par l’opposition municipale : « La majorité indique actualiser et adapter la tarification des services pour mieux tenir compte du coût réel, mais il ne s’agit ni plus ni moins que d’une augmentation des tarifs », attaque ainsi Silvia Camara-Tombini (PS). Simulation à l’appui, l’ancienne adjointe appuie son propos : « Plus l’on monte dans les grilles des quotients familiaux, moins l’augmentation est importante : +62 % d’augmentation pour les plus bas quotients familiaux, +55 % puis +40 % pour les quotients les plus élevés… Est-ce là une vision de justice sociale ? », interroge Silvia Camara-Tombini, qui regrette également l’abandon de la tarification à l’effort mise en place par la précédente équipe municipale, « qui évitait les effets de seuil. »

Caroline Fel (UMP) et Silvia Camara-Tombini (PS).
Caroline Fel (UMP) et Silvia Camara-Tombini (PS).
Sur ce dernier point, Caroline Fel reconnaît que « l’idée était bonne, mais trop complexe et inapplicable. Personne n’était capable d’indiquer aux familles combien elles allaient payer le cas échéant », avance l’adjointe, qui complète : « Cette tarification à l’effort a été d’abord mise en place à la Direction Enfance de la municipalité, pour ensuite être étendue à l’ensemble des services… ce qui n’a jamais été le cas tant c’est complexe. »

Le discours se fait plus offensif concernant l’augmentation pointée du doigt par l’opposition. « Les calculs mis en avant par la minorité tablent sur 136 jours, ou 3 mois de garderie par an ! En gros, ça veut dire que les parents ne voient jamais leurs enfants, ni pendant les périodes scolaires, ni pendant les vacances », ironise Caroline Fel.
 "Augmenter les tarifs, c’est redonner une valeur au travail effectué dans les centres de loisirs, et responsabiliser les parents" - Caroline Fel (Les Républicains)

Pour le reste, l’élue Les Républicains note « une différence de fond » avec l’ancienne équipe municipale et assume à 100 % l’augmentation des tarifs. « Le coût réel d’une journée en accueil de loisirs, c’est 42 €. Jusqu’alors, 71 % de ce coût était financé par le contribuable, 18 % par les prestations de la CAF et seulement 11 % par les usagers, ce qui est très en-deçà de ce qui se pratique dans les communes alentours ou les villes de la même strate qu’Angers », expose Caroline Fel, qui retourne l’interrogation : « Où est la justice sociale là-dedans ? Augmenter les tarifs, c’est redonner une valeur au travail effectué dans les centres de loisirs, et responsabiliser les parents : c’est en partie parce que les tarifs ne représentent plus rien, qu’on a dû jeter plus de 20 000 repas cette année ! »
 
Voilà le débat posé. Fréquentation des accueils de loisirs, prestations sociales, économie pour la collectivité, et nombre de repas jetés… pour le coup, c’est bien la réalité des chiffres qui parlera, à la même époque, l’année prochaine.

La garderie gratuite jusqu'à 17 h 30, au lieu de 18 h auparavant
Bataille de chiffre également, ou d'horaires plus précisément, sur la question de l'accueil périscolaire. La délibération adoptée en conseil municipal propose "une période de gratuité de 16 h 45 à 17 h 30". C'est en fait "une diminution de la période de gratuité, puisque celle-ci s'étendait jusqu'à 18 heures auparavant", argue l'élue d'opposition, Silvia Camara-Tombini. "Celle-ci constitue pourtant un lieu qui permet à des enfants de faire leurs devoirs dans de meilleures conditions qu'à leur domicile. Il y a donc un risque réel d'inégalité entre les enfants qui pourront y accéder, et ceux qui ne le pourront pas faute de revenus suffisants."

Droite dans ses bottes et très politique, Caroline Fel rétorque : "Madame Camara-Tombini est bien là dans une logique hollandienne..." Si elle assure être "lucide sur le fait que l'environnement familial n'est pas forcément porteur pour certains enfants", elle n'en considère pas moins que "les premiers éducateurs doivent être les parents. La Ville d'Angers accueille jusqu'à 3 000 enfants jusqu'à 18 heures. Ce nombre tombe à 300 après 18 h. On n'est donc plus sur une logique de temps d'études, mais de garderie."
Fermer le ban ? Pas sans une petit tacle du chef de file de l'opposition, Frédéric Béatse : "Je suis étonné que cette question ne soit pas une sujet de réflexion évoqué au sein de la Conférence des familles..."




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