Affaire Bourdouleix, le parquet revoit ses réquisitions à la baisse en appel


Rédigé par - Angers, le 16/04/2014 - 10:01 / modifié le 16/04/2014 - 22:33


Moins de trois mois après avoir été condamné en première instance pour ses propos polémiques relatifs à Hitler et aux gens du voyage, le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, a été rejugé mardi pour apologie de crime contre l'humanité devant la cour d'Appel d'Angers. Où le parquet s'est montré beaucoup moins convaincu et convaincant quant à la gravité de sa responsabilité.



Absent de son procès en première instance le 23 janvier, Gilles Bourdouleix s'est présenté mardi devant la Cour d'appel qu'il avait lui même saisie.
Absent de son procès en première instance le 23 janvier, Gilles Bourdouleix s'est présenté mardi devant la Cour d'appel qu'il avait lui même saisie.
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Le 23 janvier, pour le premier round judiciaire, il avait préféré ne pas se présenter devant le tribunal correctionnel d'Angers motivant sa décision par les risques de tensions. Le 23 janvier, Gilles Bourdouleix était aussi en campagne électorale.

Mardi après-midi, le député et maire réélu de Cholet n'a pas manqué de se déplacer cette fois-ci. Pour répondre devant la cour d'Appel d'Angers de ses mots désormais (tristement) célèbres, prononcés le 21 juillet 2013 à l'issue d'un bras de fer verbal avec des gens du voyage qui occupaient illégalement un terrain appartenant à sa commune : "comme quoi Hitler n'en a peut-être pas tué assez, hein ?".

Enregistrés par un journaliste du Courrier de l'Ouest, puis relayés le lendemain par le quotidien, ils avaient provoqué l'un des plus beaux tollés médiatiques et politiques de l'été, entrainant des réactions d'indignation jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, et forçant la démission quelques jours plus tard du député-maire de Cholet, de l'UDI.

Conforté par la clémence de la condamnation prononcée en janvier - 3000€ d'amende avec sursis -, Gilles Bourdouleix avait lui-même interjeté appel pour obtenir, comme l'avait plaidé son avocat, la relaxe. Devant la cour d'appel d'Angers mardi, le parquet a semblé comme gêné aux entournures à l'heure de requérir, demandant une simple amende et laissant les juges libres d'en apprécier le montant, là où le procureur de la République, Yves Gambert, avait requis six mois de prison avec sursis le 23 janvier.

Au cœur de cette gêne, le contexte dans lequel la phrase incriminée a été prononcée. Pas complètement convaincu par « l'intention de publicité » des propos de l 'élu, "marmonnés" plus que "proférés" alors que les gens du voyage lui avaient tourné les talons, l'avocat général Olivier Tcherkassof a bien estimé qu'il s'agissait "d'un dérapage verbal intolérable". Mais il a insisté aussi sur l'environnement conflictuel particulier dans lequel le maire de Cholet avait dérapé.

"ll n'y a pas d'excuse de provocation"

"Gilles Bourdouleix, comme d'autres élus, se situe dans une fermeté légaliste à l'égard des gens du voyage qui l'a déjà amené à entrer en conflit avec eux. Ce jour là, le conflit était prévisible et tous les protagonistes en étaient conscients" souligne-t-il, évoquant à décharge du parlementaire les gestes inacceptables – des saluts hitlériens – tenus à son encontre.

"C'est la barrière éthique qui a sauté, laissant échapper la fiente de l'esprit" estime aussi l'avocat général, en référence à Victor Hugo. Avant lui, concentrés sur les propos et écartant eux le contexte, les avocats de neuf associations et organisations parties civiles avaient demandé au minimum la confirmation de la sanction prononcée le 23 janvier en première instance contre le maire de Cholet.

"Ce n'est pas un message d'acharnement que nous souhaitons. Les propos qui ont été tenus sont graves et la loi doit s'appliquer" a soutenu notamment Me Ivan Jurasinovic pour la Ligue des Droits de l'Homme. "Gilles Bourdouleix connaît le poids de mots. Ils sont tellement monstrueux que rien ne peut les justifier. ll n'y a pas d'excuse de provocation" a estimé de son côté Me Henri Braun, pour la Fondation de la mémoire de la Déportation.

En défense et au terme de quatre heures d'audience, Me Pierre Brossard a repris l'argumentation qu'il avait développée en janvier pour démonter le caractère apologétique des propos tenus par Gilles Bourdouleix, dénonçant "la curée" subie par son client : "Il a fallu onze secondes pour jeter aux chiens la réputation d'un homme".

Devant une salle désertée par la plupart des représentants des associations de gens du voyage, "déçus" manifestement par le déroulement du procès, il pointe la responsabilité de la presse et fustige l'enregistrement à l'insu de l'élu choletais. "Cette phrase est extrêmement maladroite - il parlera aussi d'une "connerie" - mais il l'a marmonnée sans s'adresser à personne" insiste le défenseur de Gilles Bourdouleix, en réclamant comme annoncé sa relaxe.

Le jugement a été mis en délibéré au 20 mai.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur




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7.Posté par LABBE le 20/04/2014 20:46 | Alerter
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Diggens: il faut connaître les gens avant de les juger. Pour vous éclairer j'ai un bac + 4 (et je ne suis pas la seule gitane dans ce cas) j'ai fait des études de droit et je travaillais en mairie dans les bureaux (entre autres) Si nous étions violents cela fait longtemps que nous aurions utiliser d'autres moyens que légaux, depuis 25 ans pour que le génocide tzigane soit reconnu. Non nous ne l'avons pas fait alors ne mettez pas tout le monde dans le même sac car comme dans tous les autres pe...

6.Posté par Driggens le 20/04/2014 20:15 | Alerter
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Pauvres "gens du voyage"...
Ne nous jouez pas la carte de la victime, on est d'accord sur le fait qu'il ne faut pas généraliser.
Mais puisque vous savez faire preuve de violence pour obtenir ce que vous voulez (et ne le niez pas!) occupez vous de vos gens du voyage qui sont irrespectueux, violents et d'une indécence extrême et là, peut-être que vous vous ferez des alliés parmi les citoyens sédentaires.
Personnelement, je suis fatigué de tous les ans, pendant la saison de vos mariages d'expliquer...

5.Posté par LABBE le 20/04/2014 20:02 | Alerter
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Nous, simples citoyens et encore plus gitans on ne nous permet AUCUN dérapage de quoi que ce soit. Mais quand il s'agit d'un homme politique et de surcroît qui vote les lois tout leur est permis. Que donnera le 20 mai nous souhaiterions au moins des excuses et en tant que Présidente de l'association NOTRE ROUTE nous aurions aimé qu'il ne soit plus éligible mais là nous rêvons

4.Posté par Anjou le 20/04/2014 18:19 | Alerter
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Rien ne permet qu'il emploie ces mots, et ça n'a rien à voir avec les "gens du voyage".
Mais la justice lui donne raison..... Alors continuons donc puisque le bon peuple l'a réélu ...
Prochaine "bavure"?
Le mot insulte n'existe donc plus : on dira "dérapage verbal" sous la pression ! ( Selon que l'on sera puissant.... )
j'ai envie de commettre un dérapage verbal...
Ecoeurant!

3.Posté par choletaise le 19/04/2014 13:31 | Alerter
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Je suis bien plus rassurée par un maire qui affronte ces gens du voyage, que par les chantres de valeurs républicaines qui se défileraient à coup sûr devant ces grandes gueules.de mauvaise foi, qui ne sont jamais punis de leurs incivilités évidentes
Le cynisme n'est pas du côté que l'on croit !
et le courage est une vertu rare, que l'on devrait saluer plutôt que stigmatiser

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