Affichage publicitaire sur Angers


Rédigé par William Cherbonnier - Angers, le 23/01/2009 - 17:29 / modifié le 28/02/2009 - 09:14


L’affichage publicitaire envahit de plus en plus nos villes et nos campagnes, il est pourtant considéré par beaucoup d’associations environnementales comme une pollution visuelle. Il est intéressant de faire le point sur l’importance de cette pollution sur l’agglomération angevine.



Pour chaque carrefour, une kyrielle de panneaux publicitaires
Pour chaque carrefour, une kyrielle de panneaux publicitaires
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Le dernier réel état des lieux de cet affichage a été réalisé il y a quelques années par l’UFC que choisir 49. L’enquête fut confiée à des étudiantes en BTS action commerciale de l’ESPL, et avait pour objectifs l’observation de l’évolution de l’affichage au centre-ville d’Angers, en zone de publicité restreinte, et Le Recensement des pré-enseignes installées sur les principaux axes pénétrant sur Angers.

L’affichage publicitaire sur Angers

Face au développement considérable de la publicité, la loi du 29 décembre 1979 relatif à la publicité des enseignes et pré-enseignes (intégrée dans le code de l’environnement, article L.581-1 et suivants) instaure une réglementation sur les emplacements publicitaires afin de protéger le cadre de vie, certains sites particuliers, mais dans le respect de la liberté d’expression

Sur Angers, un règlement municipal en date du 11 mai 1987 régit les dispositifs publicitaires de tous types. Ce texte, jamais revu une seule fois en 20 ans, définit Cinq zones de réglementation :
En zones 1 et 2 (centre-ville quartier de la gare ; bords de Maine, Arboretum) toutes publicités par affichage sont interdites sauf dérogations.
En zone 3 (les grands axes et carrefours), panneaux publicitaires autorisés dans la limite de 1 par tranche de 50 mètres.
En zone 4 (les autres partis de la ville), panneaux publicitaires autorisés avec trois panneaux par tranche de 100 mètres.
La zone 5 (quelques secteurs commerciaux comme le boulevard Birgé, la zone commerciale St Serge, etc.), pas de limites avec possibilité d’installer des panneaux de 16 mètres.

La situation sur le terrain :
En zone 1. En principe aucune publicité ne doit apparaître sur nos murs. En réalité, il y avait en 1987 cinquante-deux dérogations. Depuis le nombre de panneaux subsistants a fortement diminué : il en restait encore 10 en 2002. Mais l’affichage traditionnel a souvent été remplacé par des panneaux déroulants.
En zones 4 et 5, l’affichage est abondant. Par exemple en zone 5 à fort développement commercial : boulevard du Doyenné, la zone du lac de Maine, il n’est pas rare d’avoir dans notre champ de vision une dizaine de panneaux à la fois.
En zone 3, à certains carrefours le règlement semble franchement ignoré. Un exemple, au carrefour du boulevard de Coubertin et de la rue Saint-Léonard, le long de l’enceinte du stade Jean Bouin, on comptait six panneaux alignés sur un même mur (disparus depuis l’époque de l’enquête).

La publicité hors agglomération

L’article L.581—7 du code de l’environnement est très clair : sont autorisés hors agglomération des panneaux d’affichage de taille modeste à usage pratique, informatif pour les usagers de la route (par exemple « garage untel première route à droite »). Ces petits panneaux s’appellent pré-enseigne, et ne nécessitent pas de déclaration préalable à l’administration, sous condition de l’accord du propriétaire du terrain et du respect des règles : pas plus de quatre panneaux à la suite ; distance maximum de cinq kilomètres entre le panneau et l’activité décrite ou la commune citée ; dimensions maximum de 1,05 mètre en largeur et un mètre en hauteur ; panneau à au moins cinq mètres du bord de la chaussée ; implantation interdite sur terrain public.

Autour d’Angers, les enquêtrices ont référencé au total 179 panneaux, pour lesquels nous constatons que la réglementation est rarement respecté :
> Beaucoup de pré-enseignes comportent des indications vagues, non instructives comme elle devrait l’être selon la loi.
> Beaucoup de pré-enseignes ne sont que des publicités déguisées : il s’agit de rappeler au voyageur l’existence d’une grande marque (comme des supermarchés, des fast-foods, des chaînes d’hôtel, où divers magasins).
> Beaucoup de pré-enseignes sont installées à moins de cinq mètres de la chaussée.

Peut-on éviter cette pollution ?

À la Direction départementale de l’Equipement, le responsable de la cellule d’exploitation et de sécurité routière reconnaît que de nombreux problèmes subsistent : la DDE a réalisé en 1997, puis 1998 des contrôles de la conformité des pré-enseignes. Résultat 600 et 750 implantations non conformes recensées ! Il y a eu une majorité de problèmes résolus par courrier, mais des mises en demeure ont été nécessaires pour 130 cas en 97 et 150 en 98.

Un annonceur : Peugeot, a bien voulu répondre aux questions d’UFC. Quand un garage Peugeot a besoin de se faire connaître, il s’adresse à Enseignes Commerciales Publicitaires, un service national qui connaît bien la question et s’occupe de toutes les démarches ainsi que de la rémunération des propriétaires du terrain et de l’entretien des panneaux. Malgré de nombreux litiges, Peugeot continue sa politique d’implantation systématique.

Un propriétaire de terrain supportant des pré-enseignes (à Sorges) reconnaît avoir accepté deux panneaux parce qu’ils ne sont pas visibles depuis sa maison (à cause des arbres). De nouvelles implantations le fâcheraient. Ce monsieur n’a jamais eu de contact avec les annonceurs depuis l’installation des deux panneaux. Il le regrette, car il aimerait renégocier le contrat de location de l’emplacement (il reçoit environ 210 € par an).

Selon l’association Paysages de France, 40 % des pré-enseignes sont implantés illégalement. Le nombre de litiges portés devant les tribunaux est limité.

Interrogée par l’association angevine Terra Nova sur la pollution visuelle, le non réglementation des réglementations publicitaires, Vincent Dulong, adjoint Verts à la Mairie d’Angers affirmait que « nous devons impérativement revoir les règles sur l’affichage publicitaire. Plus largement, il me semble extrêmement important d’améliorer les entrées des agglomérations constituant le bassin de vie de la région d’Angers. Le manque de cohérence urbanistique, la prolifération des affichages publicitaires, la banalité du bâti sont autant d’éléments qui concourent à un appauvrissement de la perception visuelle du paysage. Nous devrons impérativement redonner une identité à ces entrées d’agglomérations, ce qui passe bien sûr par une refonte globale de la réglementation pour l’affichage publicitaire. »


Source :
- enquête UFC Que choisir
- article « Pollution publicitaire » par Gérard Bourgerie, Lignes d’Horizons n°16


LES TAGS : ecologie










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