Albert Dupontel: plus d'un mois ferme à l'affiche !


Rédigé par cinéma-audiovisuel Lycée Renoir - Angers, le Lundi 16 Décembre 2013 à 21:17


Après Le vilain (2009), revoilà Albert Dupontel, à la fois comme réalisateur mais aussi comme acteur principal dans Neuf mois ferme. Ariane (Sandrine Kiberlain), une jeune juge d’instruction, ne jure que par le travail. Ses seules fréquentations sont les dossiers de son bureau et les affaires à classer de tous les jours. Grâce à sa persévérance, elle va bientôt accéder à un haut poste.



Albert Dupontel, aussi détonnant en acteur qu'en réalisateur ! © Jérôme Prébois
Albert Dupontel, aussi détonnant en acteur qu'en réalisateur ! © Jérôme Prébois
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Mais son objectif est perturbé par un événement « horrible » qui vient bouleverser sa vie… Ariane est enceinte ! L'identité du père, risque bien de porter un coup fatal à sa carrière.

Albert Dupontel, revient avec une comédie pour le moins originale, qui exploite à merveille les codes du genre. Tout y est présent, et notamment l’emploi d’un duo comique formé par des personnages diamétralement opposés et dont les personnalités génèrent régulièrement une incroyable effervescence. Des dialogues enlevés fusent d’un plan à l’autre, au gré des situations burlesques. Le corps des différents personnages passe par tous les états, non sans une réjouissante trivialité. Le mode de narration et de mise en scène, proche des excès du cartoon à la Tex Avey, empêche les scènes d'être trop scabreuses ou dérangeantes.

Le montage, au rythme frénétique et terriblement efficace suscite le rire du spectateur en permanence. Ce dernier n’a pas le temps de s’ennuyer, entre les discours hilarants de l’avocat bègue et des scènes de suicide fabulées par Bob (Albert Dupontel).

Par son humour noir si spécifique, Albert Dupontel parvient à nous faire passer des messages pleins de bons sens. Il montre comment, lorsqu'on ne naît pas sous une bonne étoile, on peut devenir le bouc émissaire d’une société qui s'acharne ainsi, sans raison valable, à trouver un coupable à tout prix. Les médias sont ici critiqués de manière satirique. Ainsi, l'invention par la presse d’un homme monstrueux, grotesque et dangereux, véritable serial killer échappé de l'asile, est le moyen pour Albert Dupontel de dénoncer l'absence de déontologie des médias. Neuf mois ferme nous amène aussi à nous poser des questions sur les notions de justice et d'égalité devant les représentants de la loi.

Après Bernie(2009), Neuf mois ferme est un film que son réalisateur déclare fabriqué de manière « artisanale ». En artisan, Dupontel soigne le cadre dans lequel il montre souvent un personnage enfermé ; enfermé dans son bureau, dans sa chambre, en prison. La mise en scène fait preuve d'une grande inventivité visuelle, en accord avec le rythme trépidant du récit. Ainsi, les images elles-mêmes débordent d'éléments visuels tels que bande-passante, encart de traduction en langue des signes, split-screen... Les plans mélangent parfois prises de vue réelles et effets numériques, ils sont la représentation d’une vie ordinaire qui peut devenir extraordinaire.

Les acteurs, quelle que soit l'importance de leur rôle, ne ménagent pas leurs efforts et sont remarquables dans leur interprétation. Nicolas Marie nous fait tordre de rire en avocat bègue et Philippe Uchan en véritable Candide.

Après plusieurs projets en tant qu'acteur, Albert Dupontel nous offre un tour de force qui s'inscrit comme l'un de ses meilleurs films avec Bernie.

Neuf mois ferme : à consommer sans modération pour les amateurs de comédies, et d'humour noir !

Quentin












Angers Mag