Alice et Théo-Mogan sont allés au bout de leur aventure chorégraphique


Rédigé par - Angers, le 25/10/2014 - 08:18 / modifié le 02/11/2014 - 09:22


Ils rêvaient de liberté, de danse et d'itinérance. Un après leur départ pour l'Amérique du Sud, Alice Kinh et Théo-Mogan Gidon sont rentrés en France, début septembre, des étoiles et des souvenirs plein les yeux. Plus convaincus encore du besoin de créer là où l'art n'est pas attendu.



A Cuzco (Pérou), Alice et Théo ont travaillé avec des jeunes mamans mineures, sans filet ni à priori. "On a été un peu naïfs sur ce projet mais le processus de création a été incroyable et très formateur".".
A Cuzco (Pérou), Alice et Théo ont travaillé avec des jeunes mamans mineures, sans filet ni à priori. "On a été un peu naïfs sur ce projet mais le processus de création a été incroyable et très formateur".".
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"Un projet de fous ? Un formidable défi surtout" écrivions-nous il y a un an. A l'époque, quatre mois après nous avoir présenté leur projet né à Angers, Alice et Théo-Mogan s'apprêtaient à rejoindre les îles Canaries en bateau-stop, pour pouvoir rallier ensuite leur destination, le Brésil. En se remémorant ces souvenirs dans nos locaux, rue de la Rame, il y a quelques jours, les deux jeunes danseurs angevins sourient, conscients tout autant de la prise de risque, du courage, de l'abnégation et de la chance qu'ils ont su conjuguer pour mener à bien leur défi.

Partis en auto-stop de la Rochelle le 23 septembre 2013, le duo aura mis trois mois avant de fouler le sol brésilien. Trois mois vécus au rythme des plaisanciers qui ont accepté de les emmener avec eux, depuis le port de Lisbonne jusqu'à Jacaré, une petite marina située à l'embouchure du Rio Una au nord-est du Brésil où ils ont accosté le 3 janvier. Un couple et ses quatre enfants, deux voyageurs, un autre couple... C'est beau la solidarité maritime quand on n'a pas de bateau, ni d'expérience de navigation ! "On a vécu une magnifique traversée et passé Noël et le jour de l'an en mer" raconte Alice.

Arrivés "un peu stressés et prudents" dans un village qu'ils ne connaissent pas, les deux danseurs français ne tardent pourtant pas à faire connaissance et part de leur projet. Direction un cours de capoeira dans une favela où ils sympathisent avec le professeur, ami lui-même du directeur du théâtre de Capedelo, une ville plus importante située au nord de Jacaré. "Une rencontre "géniale", il nous a proposé d'animer nous-même des ateliers" racontent Alice et Théo. Et voilà comment quelques semaines seulement après leur arrivée, sans le moindre contact préalable sur place, s'offre à eux l'opportunité d'initier des jeunes à la danse contemporaine.

Ils gardent un moins bon souvenir de leur deuxième point de chute brésilien, une résidence artistique dans l'Etat de Bahia où le "feeling" avec les responsables ne passe pas bien. Mais s'illuminent en racontant leur passage en Bolivie, "trois jours de bus et train" pour rejoindre Santa-Cruz puis Tarija dans la vallée viticole de la Concepcion.

Ils y rencontrent un certain Don Jesus Romero, figure locale et patron d'un vignoble-hôtel, qui les oriente vers un collège tenu par des religieuses. "Pendant un mois-et-demi, nous y sommes intervenus non stop auprès de filles inscrites en internat. Une sacrée expérience qui nous a obligé à trouver les arguments pour convaincre la directrice du bien fondé du projet, dans un contexte éducatif totalement différent du notre et très rigide" se souvient Alice. Clou du séjour, le jeune duo réussira à monter un spectacle au milieu des vignes, en lien avec des peintres argentins, rien que pour les jeunes collégiennes, peu habituées à sortir de leur établissement.


 

Du Pérou à l'Equateur, d'expériences en rencontres

Autre souvenir mémorable, le Désert de sel - "plus que joli, incroyable", dixit Théo-Mogan - où le couple s'offre un temps de danse, pour le plaisir avant de rallier le Pérou, via Copacabana et le Lac Titicaca. L'occasion de prendre la mesure de la diversité du monde des voyageurs "depuis le trekeur habillé en Quechua des pieds à la tête jusqu'au routard désargenté en mode "défonce"". Au Pays des Incas, c'est un consul français qui joue les hommes providentiels, arrangeant les petits soucis de tampons administratifs rencontrés par Alice et Théo, lesquels se fixent à Cuzco (350 000 habitants) au sud-ouest.

Le jour même de leur arrivée, ils nouent des contacts lors d'un festival underground en ville et se rapprochent d'une association d'animation jeunesse, puis d'une structure de prise en charge de jeunes mamans mineures. Nouveau challenge, créer avec ce public défavorisé un spectacle. "On a été un peu naïfs sur ce projet mais le processus de création a été incroyable et très formateur. Les responsables de la structure nous ont vivement remercié" rapporte Théo-Mogan. A Cusco, le couple donnera aussi un concert a cappella dans un café de ville.

Quatrième et dernière destination, l'Equateur. Alice et Théo se posent à Mindo, à deux heures de bus de la capitale, Quito, un havre écologique prisé des étrangers et des touristes. Là encore, ils font confiance au hasard des rencontres, et se retrouvent associés à l'inauguration d'un espace culturel alternatif puis de la création d'un cinéma itinérant. "Et c'est comme ça qu'on s'est retrouvé à faire de la promotion pour une projection à l'intérieur même d'une voiture de police, un service tout à fait normal pour cette dernière en Equateur" sourit Alice. Après une ultime expérience au contact d'une famille de paysans installés en lisière de la forêt amazonienne, le duo Umaï a pris la direction des Etats-Unis et de New-York, avant son retour au pays.

S'ils avaient un message à transmettre au retour de leur périple ? "Qu'il est possible de partir avec un budget modeste (4500€ chacun pour un an de voyage) et que notre projet ne relevait pas que du rêve et de l'utopie". Pour Alice et Théo-Mogan, l'aventure va se poursuivre sous d'autres formes : "On a envie de continuer à partager et à tisser des liens entre l'art et les gens."





Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par jean-claude le 25/10/2014 16:19 | Alerter
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Excellent article Mr Boiteau, nous montrant deux jeunes en quête d'aventure. Bravo les amis pour votre courage et votre entrain.








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