Amala Dianor à la source hip hop


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Samedi 9 Janvier 2016 à 07:34


Le danseur et chorégraphe angevin crée actuellement à Tremblay-en-France (93) "De(s)generation", pièce pour six danseurs qu’il présente vendredi prochain au Quai, dans le cadre du festival !C! Danses !. Un spectacle bilan-charnière pour un artiste toujours en mouvement.



Amala Dianor présente "De(s)generation" vendredi 15 janvier au Quai, dans le cadre du festival !c! Danses ! (crédit photo : Le Poulpe)
Amala Dianor présente "De(s)generation" vendredi 15 janvier au Quai, dans le cadre du festival !c! Danses ! (crédit photo : Le Poulpe)
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« C’est sûrement la pièce chorégraphique la plus importante pour moi jusqu’à maintenant. Beaucoup de gens se sont intéressés à ce que j’ai pu faire depuis que je danse et que je crée, mais ce spectacle peut me faire basculer dans la cour des grands ». Qu’on ne s’y trompe pas. Amala Dianor, artiste d’une humilité rare, est juste lucide sur son parcours et sur les enjeux de cette création qu’il a en tête depuis plus de deux ans et qu’il peaufine à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, son lieu de résidence.

Enjeu personnel et enjeu professionnel. Ce samedi, parmi les spectateurs se trouvent des émissaires de la Maison de la Danse et du Théâtre de la Ville, entre autres. Pour Amala et sa jeune compagnie qui porte son nom et qu’il a fondée en 2012, c’est l’occasion de marquer les esprits.

De manière plus intime, De(s)generation symbolise tout à la fois un retour aux sources, un clin d’œil aux vieux complices et un nouveau questionnement sur son art. Un retour à la source hip hop serait plus juste. Amala Dianor, né il y a près de quarante ans à Dakar au Sénégal, est un enfant du genre. Exilé à Paris en 1983, puis en Haute-Savoie et enfin à Angers, en 1992, dans les valises de ses parents, ce fan de Michael Jackson, fidèle de la mythique émission « H.I.P. H.O.P. » de Sydney et adepte aussi du sabar, danse traditionnelle de Dakar, voit son avenir en mouvement.
 
"Les deux ans au CNDC m’ont apporté une ouverture et une liberté salvatrices" - Amala Dianor

Si la famille est sceptique et le pousse à faire un BTS Force de vente, la passion et l’intérêt d’un certain CNDC (Centre national de danse contemporaine) d’Angers forceront le destin. Amala Dianor restera comme le premier danseur estampillé hip hop à intégrer l’École supérieure de ce dernier, en 2000. Une écriture de danse se forme : « Mon envie était de fusionner hip hop et contemporain. J’avais été très actif sur la scène hip hop angevine, qui était très dynamique dans les années 90. Et j’ai eu le sentiment de tourner en rond. Les deux ans au CNDC m’ont apporté une ouverture et une liberté salvatrices ». Des noms de la danse n’attendent pas qu’il sorte de l’École pour l’engager : citons Roland Petit, Georges Momboye, Régis Obadia, Abou Lagraa ou encore Emanuel Gat.

(crédit photo : compagnie Amala Dianor)
(crédit photo : compagnie Amala Dianor)
Amala Dianor creusera son sillon « hybride » au sein du collectif C dans C qu’il fonde avec Orin Camus et Chloé Hernandez, en 2005. Leur pièce Tranche de Vie fera le tour du monde ; Lun@Rêves est présenté à Suresnes Cité Danse en 2006 ; suivront Engin Ar et Rareté et enfin Crossroads, succès qui affirme le talent du chorégraphe tout en signant la mort du collectif. Il est temps pour lui de fonder sa propre compagnie. Un quatuor (Parallèle), un magnifique duo avec BBoy (Extension) et un solo (Man Rec) lancent l’aventure. « Toute l’essence de ma recherche s’est concentrée dans ce solo. Il représentait concrètement où j’en étais. D’où cette envie de revenir au hip hop ».

D’y revenir, mais pas tout seul. Et c’est là que l’on reparle de parcours personnel. Avec De(s)generation, Amala Dianor réunit plusieurs générations de danseurs (cela va de 24 ans à 50 !) et retrouve d’anciens compagnons. « Gabin était là pour le projet « L’œil du temps », initié par la région et le CNDC en 1998, auquel j’ai répondu par « Clin d’œil du temps » qui réunissait une vingtaine de danseurs amateurs du Grand Ouest (le spectacle a été donné en avril 2015 au Quai). Mathias Rassin est beaucoup venu à Angers dans les années 2000. Les réunir pour ma pièce et le fait de savoir que l’on va jouer à Angers, c’est top ! Ce qui me plaît dans cette création, c’est la réunion de virtuoses venant d’horizons différents et formant une équipe atypique et pourtant très cohérente. C’est la première fois en France qu’un tel plateau existe ».

Et Angers dans tout ça ? « Pouvoir présenter mon projet purement hip hop dans la grande salle du Quai, c’est un plaisir inouï… et une grande pression. Mais j’ai la chance de pouvoir compter sur ma collaboratrice et compagne Rindra Rasoaveloson dont le travail et le soutien sont essentiels pour moi ».

!C! DANSES ! au Quai et au THV de Saint-Barthélemy-d’Anjou

"(H)ubris" de David Drouard au THV de Saint-Barthélémy samedi (crédit photo : Jean-Louis Fernandez)
"(H)ubris" de David Drouard au THV de Saint-Barthélémy samedi (crédit photo : Jean-Louis Fernandez)
Les liens se renforcent entre le CNDC de Robert Swinston et Claire Rousier, et le THV de Saint-Barthélemy-d’Anjou de Brigitte Livenais. Les structures programment en bonne intelligence et, après le « Festival Danse Solo », biennale inaugurée en février 2015, elles convient à un autre temps fort, « !C! Danses ! », biennale autour de la création régionale qui s’ouvre le 11 janvier au Quai.

« L’une des plus grandes difficultés pour les compagnies d’ici et d’ailleurs est de se produire, explique Claire Rousier, directrice-adjointe du CNDC. L’idée de ce festival est de montrer la création de notre territoire et de promouvoir les compagnies locales. La danse en Pays de Loire regorge de talents et reste un vecteur de développement et de vitalité essentiel ».

Même enthousiasme du côté de Brigitte Livenais : « Ce temps fort est important car il participe à la dynamique commune du CNDC et du THV. Le public n’est pas forcément au courant de l’existence des nombreux talents qui font vivre la danse ici et ce festival permet une identification forte ».

Outre les spectacles programmés, « !C! Danses ! » se veut espace de rencontres entre amateurs, professionnels, institutions et politiques, en proposant des débats et autre dispute artistique.

La programmation
Le cabaret discrépant par Olivia Grandville, lundi à 20 h 30 au Quai.
R : Traces par la Cie S’Poart – Mickaël Le Mer, mardi à 20 h 30 au Quai.
Texane par Claude Brumachon, mercredi à 20 h 30 au Quai.
Trois par le collectif EDA, jeudi à 20 h 30 au Quai.
Pan par la Cie Bissextile / Stéphane Fratti, vendredi à 19 heures au Quai.
De(s)generation par Amala Dianor, vendredi à 20 h 30 au Quai.
(H)ubris par David Drouard, samedi à 20 h 30 au THV de Saint-Barthélemy.
Grand Remix de la Messe pour le temps présent par Maurice Béjart et Hervé Robbe avec les étudiants de l’École du CNDC, du lundi au jeudi à 19 heures, studio du CNDC.
 
Renseignements et réservations au Quai (02 41 22 20 20, www.lequai-angers.eu ) et au THV (02 41 96 14 90, www.thv.fr )












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