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Vie économique

Angers 7 : opération de la dernière chance


Rédigé par - le 21 Avril 2010 à 14:25


Ce matin, à Angers, des larmes de joie et de l’inquiétude ont accompagné le résultat de l’audience du Tribunal de Commerce. Avec une mise en redressement judiciaire assortie d’un délai de six mois, la balle est dans le camp des salariés qui vont devoir proposer un dossier viable financièrement. La belle aventure de la chaine angevine n’est pas encore terminée.



Des larmes de joie à l'annonce de la décision
Des larmes de joie à l'annonce de la décision
Même s’ils posaient avec le sourire pour l’ultime photo de groupe, ce n’était pas vraiment la joie chez les salariés d’Angers 7, ce matin. Mise en cessation de paiement depuis le 17 Avril, la chaine qui accuse un passif conséquent, s’est retrouvée, sans qu’elle puisse vraiment s’organiser, sur les bancs de la salle d’audience du Tribunal de Commerce d’Angers.

D’aucuns ne croyaient pas, après deux années d’exercice, à une chute aussi rapide et chacun de se dire que la liquidation pure et simple était quasiment impossible. Maitre CAO, l’avocat de la chaine, se voulait rassurant, en attendant la décision finale du tribunal : « La liquidation n’est pas à l’ordre du jour. Nous demandons une redressement judiciaire avec un délai pour que vous puissiez vous organiser » affirmait-il aux quinze salariés présents devant le tribunal.

Après deux heures d’attente, quelques cafés et les encouragements des journalistes des autres médias locaux, la décision est enfin tombée : « Mise en redressement judiciaire assortie d’une période d’observation de 6 mois » déclare Maitre CAO. Aussitôt des cris de joie et des applaudissements fusent. Certains salariés qui avaient imaginé le pire, éclatent en sanglots. « Angers 7 a gagné du temps, mais le destin de la chaine repose entre les mains de ceux qui la font fonctionner » précise l’avocat tout en ajoutant : « vous avez jusqu’au 12 Mai pour constituer un dossier suffisamment étoffé sur le plan économique. Si le dossier n’est pas suffisant, le tribunal ne poursuivra pas l’observation. Ce n’est pas la période du deuil mais la dernière chance ». Le groupe Ouest France, qui s'est retiré depuis le début de l'année, assurera, selon l'avocat, les salaires jusqu’à cette date.

Du coté des salariés, même si on est rassuré par cette décision, on l’est un peu moins par la suite qui devra être donnée. « On ne connaît pas les chiffres exacts, le directeur ayant déserté la chaine depuis plusieurs mois » affirme un journaliste de la chaine, « nous savons que la situation est complexe. Il va falloir mobiliser toutes les énergies pour trouver les financements nécessaires ». Et trois semaines ce ne sera pas de trop quand on sait que les journalistes et techniciens, tout en cherchant des partenaires, devront continuer à assurer le fonctionnement de l’antenne.

« Nous avons toujours cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Nous allons sensibiliser les collectivités locales, les entreprises locales, tous ceux qui peuvent nous amener un financement. Cherchons ensembles toutes les solutions possibles pour rentrer des sous. Nous avons un mois pour nous organiser » disait Marion MARCHAND, ingénieur du son et délégué adjoint du personnel de la chaine, à ses collègues.

Si cette période de crise a permis à la chaine d’augmenter son capital de sympathie auprès des angevins, en sera-t-il de même sur le plan financier ? Toute la question est là, les salariés en sont conscients. La partie est donc loin d’être gagnée, d’autant qu’ils risquent d’aller de surprises en surprises lorsqu'ils auront connaissance des chiffres.

Enfin du coté des repreneurs potentiels l’offre de Demain TV a été écartée. Quand a celle de TV Loco de Rennes, elle serait, selon l’avocat, « insuffisamment précise ». La chaine Canal Cholet, évoquée dans les discussions, s’est contentée d’apporter son soutien à Angers 7, sans faire d’offre de reprise.

Pour apporter votre soutien à la chaine : contact@angers7.fr



Tags : : angers 7, culture, medias, TV

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