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On en cause ...
Angers 7, quel gâchis !Rédigé par Yannick Sourisseau
- le 8 Mai 2010 à 11:29
Alors que la situation de la chaine locale Angers 7, semble fortement compromise, de nombreuses interrogations se font jour. Pourquoi la Ville d’Angers qui est à l’origine de cette chaine de télévision n’a pas été force de proposition en aidant les salariés à monter un projet solide et finançable. Nous le saurons peut-être après le 12 Mai, mais il sera trop tard.
Les journalistes d'Angers 7 manifestant devant le tramway
Il suffit de voir le logo qu’arbore le site web de la chaine – « Angers 7 c’est fini » - pour comprendre que la situation n’est pas des plus brillantes. Fatigués, au bord de la crise de nerf, confrontés à la dure réalité des entreprises en liquidation, malheureusement de plus en nombreuses dans notre pays, les salariés sont comme abasourdis. Peut-être un peu crédules, ils croyaient que les collectivités allaient les aider. C’est aujourd’hui peine perdue.
Et pourtant ce n’est pas faute d’avoir fait ce qu’il fallait pour prouver que la chaine avait son utilité en matière d’information de proximité. Depuis que la sœur jumelle, Nantes 7, s’est retrouvée dans la même situation, la chaine angevine avait multiplié les reportages locaux, comme pour démontrer qu’elle avait une utilité. Mais rien n’y a fait, les élus locaux n’envisagent même plus d’aider une chaine locale. Tant pis pour l’info. « Ah si nous étions en période électorale ? » se mettent à penser certains. D’ailleurs Lisa Beauval, l’une des journalistes de la chaine n’a pas manqué de le rappeler au Maire Jean Claude Antonini : « Vous étiez content de nous pendant les élections municipales ». Mais ce dernier a préféré fuir la discussion, considérant que la Ville d’Angers avait tout fait pour sauver la chaine. Mais collectivités et télévision ne sont pas sur la même fréquence. Les uns parlent d’argent, les autres de citoyenneté, d’information de proximité. Mais pourquoi la mairie d'Angers ou l'agglo, n'ont-elles pas dépêché quelques experts au chevet de « leur télévision » afin d’aider des salariés qui n’étaient pas préparés à ce genre d’exercice ? Ce n’est pas ce soutien qui aurait coûté des sommes importantes. Et des experts on en nomme bien d’autres pour moins que ça. Non, Angers ne veut plus de sa télévision, tout au moins sur ce modèle économique. Reste le volet social, où est-il dans tout cela, surtout pour une ville de gauche ? 15 salariés qui ont copieusement servis les politiques en place vont se retrouver sur le carreau, avec pour certains le Revenu Minimum d’insertion. Il y a de quoi être révolté. Certes la Ville s’est engagée dans des travaux couteux pour la rendre encore plus agréable – ce n’est qu’une apparence – qu’elle ne l’était. Le contexte économique n’est pas favorable, chacun peut encore le comprendre, mais Angers n’est pas Athènes, même si eu égard des travaux en cours la situation peut être considérée comme critique. Sacrifiés sur l’autel de la crise économique, voila ce que sont ces pauvres journalistes animateurs et techniciens. Et pourtant des élus locaux, à l’exemple de Philippe Bodard, le Maire de Murs Erigné, ont proposé des solutions au niveau de l’agglomération angevine : « Il suffit de dégager 1 à 1.5 Euros par habitant pour financer ce projet. Tous les maires ne sont pas contre une télévision locale » disait-il. Mais à quel prix ? Le prix justement, aucun élu ne l’a évoqué, préférant rejeter la faute vers le CSA ou encore Ouest France, premiers responsables selon eux de la situation de la chaine. Mais, ce n’est pas de savoir qui a tort ou raison que demandent les salariés, mais tout simplement d’être aidés à préparer un dossier recevable par les collectivités locales. Alors que fait-on maintenant. Être désolé comme l’est le Maire d’Angers, n’est pas suffisant. Après le 12 Mai où, à moins d’un miracle, la situation de la télé angevine risque d’être définitivement conclue, que va-t-il se passer ? Il y a bien l’association de téléspectateurs et ses 200 membres. Quel pouvoir aura-t-elle en dehors de réfléchir à une nouvelle télévision pour Angers. En attendant, les salariés doivent manger. Ils ne vont pas attendre qu’un projet redémarre, d’autant que la fréquence attribuée par le CSA sera retirée. Une « web TV » à Angers, peut-être, mais avec quels moyens ? Certainement pas ceux d’Angers 7, puisque s’il y a liquidation, le matériel sera revendu pour payer les dettes. Une chose est sûre, Angers qui fait sa promotion avec une télévision locale n’aura plus rien. « Plus de télévision » comme disent les salariés abattus. Quel gâchis, tout reste à recréer, à moins que la Ville ait une solution dans son chapeau, à proposer, une fois la liquidation prononcée. En espérant être entendu, attendons désormais le 12 Mai. On en cause ... | Locales | Société | Culture | Economie | Environnement | Sports - Loisirs | Social | Portrait | Numérique | Services | Zoom sur ... | Billet d'humeur | video | vacances | meteo |
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