Angers-Osnabrück : 1200 km avalés par un « Loulou » bien de chez nous. Récit


Rédigé par Florence Macquarez - Angers, le 19/06/2009 - 20:57 / modifié le 24/06/2009 - 06:54


Cycliste amateur depuis toujours, l’angevin Jean Louvet, surnommé « Loulou », a parcouru fin mai près de 1200 kilomètres à vélo pour rejoindre Osnabrück, ville allemande jumelée à Angers. Vitesse moyenne : « 14,820 km heures exactement », précise l’intéressé de retour à Angers. Un bon score au regard des montées et des traversées de villes (dont Paris), qui ont jalonné son parcours.



Angers-Osnabrück : 1200 km avalés par un « Loulou » bien de chez nous. Récit
Il y a des défis qu’on ne s’explique pas : qu’est-ce qui a bien pu pousser Jean Louvet, dit « Loulou », à pédaler jusqu’à Osnabrück, située au nord de l’Allemagne ? La recherche de l’exploit sportif, la célébrité, l’aventure ?

Sans doute un peu des trois, mais peut-être aussi un goût avéré pour la différence : avec ses T-shirts à l’effigie d’Elvis, son complet short-baskets, et son irrésistible bagout, Loulou n’est pas un personnage ordinaire : « inclassable », diront certains, « original » reconnaît-il lui-même.

Cette différence, il l’a traduite en aventure sportive à la fin du mois de mai. Alors que ses camarades de Gospel du chœur Happy Swing s’apprêtent à rejoindre en bus leurs homologues allemands à Osnabrück le temps d’un week-end de concerts, Loulou fait bande à part... pour le trajet. Entre douze heures de bus où le seul suspens est de trouver la position la moins inconfortable, et sept jours le nez dans le guidon, il choisit le guidon.

Car pour « Loulou », 63 printemps au compteur, la vie est un savant mélange de rudesse et de douceur. Chanter, oui, mais le plaisir se mérite. Une valeur héritée de son papa militaire ? Allez savoir…

Vers le Grand Nord

Parti une semaine avant ses collègues, le cycliste a consigné une bonne partie de son parcours dans un carnet de bord, dont nous livrons quelques extraits :

Angers-Nogent le Rotrou (162 km) : « Parti d’Angers le jeudi de l’Ascension à 12h45, recouvert de crème solaire, j’ai roulé sans trop de problèmes, ayant le vent aux trois-quarts favorables…. J’espérais comme je l’ai déjà fait, passer la nuit sur le vélo. Mais à 23 heures, le sommeil a été le plus fort. Je me suis arrêté à Nogent le Rotrou, où j’ai trouvé un coin discret pour mettre mon sac de couchage : l’entrée recouverte d’un centre de congrès. Le problème, c’est que dès que je bougeais un peu, la lumière s’allumait automatiquement toutes les 30 secondes ! ».

Peint aux couleurs de la France, tractant une carriole de 60 kg, le vélo de Jean ne passe pas inaperçu. Dans la remorque, un sac de couchage, quelques vêtements, une toile de tente, des sandwichs, des boîtes de riz au lait, et plusieurs litres d’eau. Pour tout GPS, une langue bien pendue qu’il adapte aux situations, tel un anthropologue en terre inconnue.

Nogent le Rotrou-Senlis (221 km) : « Je suis parti de Nogent dès le lever du soleil. A partir de là, le parcours n’emprunte que des petites routes, et comme je ne voulais pas acheter toutes les cartes régionales, inutile de préciser que je me suis souvent perdu. Heureusement, je n’ai pas ma langue dans ma poche ; je me suis souvent renseigné auprès des populations locales et j’en profitais pour faire le plein d’eau ».

Parfois, il y a des étapes plus difficiles que d’autres, mais le fan d’Elvis assure :
« Entre Avaux et Ocquier (Belgique – 192 km), ce fut l’étape la plus chaude, plus de 30°. Ce jour-là, j’ai bu 11 litres d’eau, ½ litre de bière, 1 litre de lait, et ½ litre de Coca. J’ai traversé Charleville-Mézières vers midi, et ai franchi la frontière Belge vers 14 h00. Trois cents mètres après la frontière, premier arrêt pour boire une bière. Le patron m’a laissé son portable afin que je téléphone à Liège… J’ai dormi à la belle étoile ».

La décontraction apparente du cycliste peut aussi s'amoindrir, dès lors qu’il s’agit de son vélo :
« Liège - Marienthal (Allemagne - 219 km) : Passage de la frontière hollandaise vers 10 heures, crevaison de la roue arrière, près d’une grande ville. J’ai changé la chambre à air, et me suis aperçu que le pneu était mort, après seulement 3000 km. Le poids tiré explique cette usure précoce. J’ai attendu un quart d’heure chez un marchand de cycles pour changer le pneu ; le patron n’avait pas le temps de le faire, alors qu’il avait trois ouvriers qui bricolaient. Je me suis aperçu qu’en Hollande aussi, il y a des c…. ! ».

Malgré tout, Loulou finira par arriver à son point de rencontre, « avec cinq minutes de retard », souligne t-il. A son arrivée à Osnabrück, la presse locale, une caméra ainsi qu’une vingtaine de choristes allemands l’attendent avec le champagne…

Après 1200 km dans les mollets, sept jours d’effort, et un coup de soleil sur la cheville (seul endroit où il a omis de mettre de la crème solaire), Loulou connaît enfin son heure de gloire. Mais à l’étranger, loin de chez lui. Car le retour, il l’a fait comme tout le monde… en bus !


















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