Angers Télé, la Ville veut un nouveau projet


Rédigé par - Angers, le 18/05/2015 - 07:24 / modifié le 18/05/2015 - 21:45


Trois ans après en avoir lancé l'initiative, l'Agglo et la Ville d'Angers cherchent un nouveau modèle pour la télévision locale. Pour y consacrer moins d'argent, privilégier sa diffusion sur Internet et laisser la main à un ou des acteurs privés. Ce lundi soir, ses représentants soumettront le lancement d'un appel à projets au conseil d'administration de la chaîne. Objectif : arrêter leur décision au 1er octobre prochain.



En septembre 2014, confortés par une enquête d'audience satisfaisante, Benoit Pilet et Olivier Hamon, les président et directeur d'Angers Télé s'étaient affichés tout sourire dehors. Mais pour le premier, la remise en cause du modèle économique de la chaîne ne faisait déjà plus de doute.
En septembre 2014, confortés par une enquête d'audience satisfaisante, Benoit Pilet et Olivier Hamon, les président et directeur d'Angers Télé s'étaient affichés tout sourire dehors. Mais pour le premier, la remise en cause du modèle économique de la chaîne ne faisait déjà plus de doute.
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Quel avenir pour Angers Télé ? Un peu plus de deux ans après la diffusion de ses premiers programmes, la télévision locale d'Angers se trouve déjà à un tournant. En cause : son modèle économique et la place qu'y occupent ses deux principaux contributeurs financiers à savoir l'Agglomération et la Ville d'Angers. A l'origine de la création de la chaîne, les deux collectivités locales, engagées respectivement à hauteur de 300 000€ et 400 000€ par an sur un budget d'environ 800 000€, ne souhaitent plus aujourd'hui en compenser seules le manque d'autonomie.

Un souhait d'autant mieux "assumé", si l'on peut dire, que ceux qui dirigent Agglo et Ville d'Angers ne sont pas ceux qui étaient aux manettes au moment du lancement du projet. Et, à commencer par Christophe Béchu, qu'ils n'avaient pas fait mystère à l'époque de leurs réserves quant à la fiabilité économique de l'aventure audiovisuelle présentée. Pour mémoire, alors qu'il présidait le Conseil Général de Maine-et-Loire, Christophe Béchu avait refusé en 2013 de l'engager financièrement dans le soutien à Angers Télé.

Interrogé sur le sujet lors du dernier conseil d'agglomération, le lundi 11 mai, le nouveau président d'Angers Loire Métropole, a posé clairement l'enjeu : "Quand on affiche des recettes commerciales dix fois en dessous des objectifs visés, la responsabilité de notre collectivité, c'est bien de se demander : qu'est-ce qu'on fait ?" Dix fois en dessous ? Ce soir là, Christophe Béchu a indiqué que les recettes commerciales d'Angers Télé s'élevaient aujourd'hui à près de "30 000€ par an" pour un objectif initial qui avait été fixé à 100 000€ la première année puis 300 000€ à trois ans.

Du côté de la direction d'Angers Télé, si on ne conteste pas les difficultés publicitaires, on préfère avancer un autre chiffre :  "70 000€ par an avec les partenariats". Un peu mieux mais quoi qu'il en soit pas satisfaisant, reconnait-elle. L'accord passé au début du projet avec une régie publicitaire choletaise s'est avérée un échec. Le contrat a été rompu l'année dernière et une responsable commerciale a été engagée il y a quelques mois pour tenter de redresser le chiffre d'affaires. "La personne qui portait la régie ne s'est pas investie. Elle n'a pas fait le job" estime Benoit Pilet, le président d'Angers Loire Télévision, pour qui les objectifs commerciaux d'origine d'Angers Télé ont été cependant surestimés.

"Une plateforme vidéo" ?

Et maintenant ? Quelques jours avant le conseil d'agglo, devant les membres du bureau exécutif de l'agglo, Christophe Béchu avait déjà mis ses collègues élus face à leurs responsabilités. "La question qui a été posée, c'est "est-ce qu'il peut exister aujourd'hui une télé locale financée quasi exclusivement par l'argent public ?". Le contrat avec la société qui gère Angers Télé arrivant à échéance à la fin de l'année, il n'est pas illogique de s'interroger maintenant" convient l'un des participants à cette réunion, Didier Roisné, le maire (PS) de Beaucouzé et... administrateur d'Angers Loire Télévision.

La même question lui sera donc de toute évidence posée à 18h30 ce soir lors du conseil d'administration d'Angers Télé, ainsi qu'à tous ceux qui y représentent les très nombreux actionnaires privés de la chaîne (Angers SCO, La Boucherie, Le Grenier à Pains...). "Je leur redirai que les participations des collectivités baisseront, c'est certain. Et que nous n'avons pas vocation à porter la télé mais plutôt à accompagner un projet" indique Benoit Pilet.

Les collectivités espèrent voir s'avancer ce projet en lançant rapidement un appel en ce sens. Si l'enjeu est financier, ce n'est pas le seul. Révolution numérique oblige, Benoit Pilet réitère ses interrogations quant à la poursuite de la diffusion hertzienne d'Angers Télé (via la TNT), jugée bien trop coûteuse (près de 80 000€ par an), évoquant parmi les pistes de travail, "une plateforme vidéo sur Internet". "La participation des collectivités sera définie en fonction du cahier des charges et des propositions des candidats. Mais nous n'avons pas vocation à être majoritaire et préférerions permettre à ces porteurs de prendre dès le départ la mesure de leur projet." Une autre manière de dire "bienvenue" à un ou des acteurs privés.

Ces derniers vont devoir faire vite. Agglo et ville d'Angers souhaiteraient pouvoir étudier les propositions à partir de la mi-septembre pour prendre leur décision au tout début du mois suivant. Angers Télé emploie sept salariés pour qui, de fait, s'ouvre une période pleine d'incertitudes.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par révolution ;-) le 18/05/2015 07:25 | Alerter
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La télé locale devrait être entièrement privé.
Tout comme le parc de béchu terra botanica.
Tout comme les équipes sportives professionnelles.
Arrêtez de donner ( nos chers politiques ) à tout va pour des projets qui ne tienne pas la route et qui ne sont pas des services publics et qui est donc de l’ordre du privé.
Il est si facile de faire n'importe quoi avec l'argent des autres ( exemple encore hier soir avec le reportage sur m6 dans capital ).

2.Posté par barreau le 18/05/2015 12:56 | Alerter
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si une télé régionale publique (France 3) faisait son travail de proximité à savoir une édition d'information locale pour le Maine et Loire depuis le studio d'Angers, l'existence d'Angers télé et son financement ne se poserait pas...
mais cela, on n'en parle jamais, tout comme on doit trouver normal de regarder l'édition ESTUAIRE ( il est question de St Saint-Nazaire et Nantes) qui ne nous concerne pas au journal local du soir. Pas de réactions des élus du 49, pas d'articles de journaliste: c'...








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