Angers bûche sur son secteur sauvegardé


Rédigé par - Angers, le 17/02/2015 - 06:30 / modifié le 16/02/2015 - 18:24


C'est une originalité angevine, pas la plus remarquable pour un bon nombre d'observateurs : la ville d'Angers est la seule en France, parmi celles de plus de 100 000 habitants, à ne pas avoir de secteur sauvegardé. Mais depuis le dernier conseil communautaire, la procédure est lancée. Eclairage.



Angers bûche sur son secteur sauvegardé
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Pour les Amis du Vieil Angers, le jour de gloire est (presque) arrivé. Et ils n'auraient manqué ça pour rien au monde : le dernier conseil communautaire est venu récompenser plus de 30 années de combat et de lobbying pour la mise en place d'un secteur sauvegardé à Angers.

Statistique pour le moins incongrue : Angers est la seule ville de plus de 100 000 habitants à ne pas avoir mis en place de secteur sauvegardé, une procédure encadrée par la Loi Malraux (1962). Pour le président de l'association des Amis du Vieil Angers -et ancien conservateur des antiquités et objets d'arts au Conseil général- Guy Massin le Goffin, il ne faut pas aller chercher plus loin que "la volonté de tous les maires d'Angers, de Jean Turc à Frédéric Béatse, d'avoir les mains libres" pour expliquer cette spécificité angevine.
"Du point de vue architectural, tout ça a conduit à de véritables désastres patrimoniaux, de la démolition du Grand Cercle (boulevard Foch NDLR) à la destruction complète des quartiers Saint-Nicolas et Saint Michel".

A l'inverse, le secteur sauvegardé serait-il une sorte de sanctuarisation ? "Absolument pas", tranche Guy Massin Le Goff, qui fait sienne la formule utilisée par le président de l'agglo, Christophe Béchu, pour soutenir la délibération devant les conseillers : "Il s'agit de veiller aux grands équilibres patrimoniaux de la ville".

Ca, c'est sur le patrimoine. Mais la loi Malraux, par la mise en place d'un secteur sauvegardé, ne permet pas seulement un contrôle plus attentif de ce qui se passe du point de vue de la construction ou des réhabilitations. Elle touche aussi aux portefeuilles des propriétaires, en leur permettant de faire de la défiscalisation sur leurs biens sis en secteur sauvegardé. Et de ce point de vue, "il y a eu des pénalités considérables pour les habitants des secteurs anciens", explique Guy Massin Le Goff.

Il s'agit de veiller aux grands équilibres patrimoniaux de la ville
Des candidats interrogés par les amis du Vieil Angers à l'occasion de la dernière campagne municipale, seuls Laurent Gérault (UDI) et Christophe Béchu (UMP) s'étaient positionnés sur la question. Mais la municipalité alors emmenée par Frédéric Béatse n'était pas non plus insensible au sujet. Au mois de novembre 2013, le conseil municipal avait ainsi le souhait de voir Angers Loire Métropole (collectivité compétente en matière d''urbanisme et d'aménagement) mettre en œuvre la procédure de création d'un secteur sauvegardé...

La décision du conseil communautaire se situerait donc dans la continuité de ce qui avait été initié alors ? "Pas tout à fait", avance Daniel Dimicoli, le vice-président en charge du dossier à l'agglo. "Le souhait avant été émis, mais on repart de zéro, car on ne parle pas là d'une dizaine d'hectares, mais de beaucoup plus".

Le périmètre : c'est la première phase dans la procédure d'instauration du secteur sauvegardé, qui aura une incidence majeure sur la seconde phase -l'élaboration du Plan de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine (PSMV)- et le coût global de l'opération. Un périmètre de 100 ha a été évoqué lors du conseil communautaire, "mais rien n'est arrêté", insiste Christophe Béchu.
"100 hectares, c'est une base de discussions", complète Guy Massin Le Goff, qui devrait faire partie d'une commission de 15 membres nommés par le préfet et chargés de bûcher sur le sujet (5 représentants de l'Etat, 5 élus municipaux, 5 personnalités qualifiées). Lui voit le futur secteur sauvegardé englober, en plus des quartiers "évidents", "la rue Rabelais, la place André-Leroy, puis, de l'autre côté de La Maine, tout La Doutre, sauf la partie Saint-Nicolas. Nous serons en tout cas d'une vigilance extrême...", prévient-il. 

"Il faut laisser le temps de donner une culture du secteur sauvegardé aux habitants de la ville" - Guy Massin Le Goff
Entre les lignes, Guy Massin Le Goff exprime que "l'on peut s'entendre, pour compléter le secteur sauvegardé, sur des AVAP" (aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine, qui ont succédé aux Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), citant, par exemple, "la magnifique reconstruction de la Blancheraie".

Voilà pour le périmètre. Concernant le coût, sur une base de 100 hectares, Daniel Dimicoli avance la somme de 800 000 €, financés à 50 % par l'Etat, sur une durée approximative de 5 ans. Un montant justifié notamment par l'inventaire complet, en interne et en externe, de l'ensemble des bâtiments du périmètre concerné. 
Un travail de fourmi, mais qui devrait s'appuyer sur "l'Atlas du patrimoine de la ville, réalisé, maison par maison, par le service de l'inventaire. C'est un instrument parmi d'autres qui sont prêts", poursuit Guy Massin Le Goff, qui ne se formalise pas du lustre encore nécessaire à la mise en place de la procédure. "C'est un délai qui va nous laisser le temps de donner une culture du secteur sauvegardé aux habitants de la ville", conclut-il...

 




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par hubert le 17/02/2015 14:19 | Alerter
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il est temps de faire quelque chose pour ce patrimoine qui mérite d'être sauvegardé dans un premier temps puis de le mettre en valeur. Il y a du boulot !!!
j'espère que Monsieur Béchu prendra quelques idées auprès de Monsieur le Maire du village de Chédigny ( nos cousins de Touraine) pour faire mariage heureux entre vieilles pierres et végétal...
http://www.chedigny.fr/presentation-du-village-article-9-0-9.html








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