Angers, les recoins du beau Moyen-Âge...


Rédigé par - Angers, le Dimanche 24 Juillet 2016 à 08:00


Au-delà des incontournables et monumentaux château d'Angers, cathédrale Saint-Maurice et collégiale Saint-Martin, la ville recèle de curiosités médiévales insoupçonnées, traces d'un riche patrimoine en la matière.



La Balade du Roi René éclaire le Moyen-Âge d'un nouveau jour, notamment sur les tours du château, jusqu'au 13 août. Crédit photo : Thierry Huguenin.
La Balade du Roi René éclaire le Moyen-Âge d'un nouveau jour, notamment sur les tours du château, jusqu'au 13 août. Crédit photo : Thierry Huguenin.
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Il y a ce qui s'impose au regard et ce que la curiosité, une tête en l'air ou quelques bons tuyaux permettent de découvrir. Mélanger tout cela, et vous pourriez avoir un bon aperçu de la richesse médiévale d'Angers.

Pour la première partie, pas besoin de dessin : comment rater, lorsque l'on arrive en ville, le Château d'Angers ? L'imposante forteresse royale initiée par Blanche de Castille est un incontournable, comme la tenture de l'Apocalypse qu'elle abrite l'est, en matière de savoir faire et d'art médiéval.
Il en est de même pour la cathédrale Saint-Maurice, construite à cheval entre les XIIe et XIIIe siècle, édifice typique de l'art gothique angevin. Plus discrète, la Collégiale Saint Martin n'en reste pas moins un témoignage fort, à la fois du dynamisme de la ville à l'époque médiévale et de son ancrage dans l'ère contemporaine.
 
Voilà pour les autoroutes. Prenons désormais les chemins de traverse, en prêtant attention aux ruelles pavées de la Cité historique -qui relie le château à la cathédrale- ou les artères du quartier de la Doutre. C'est une toute autre lecture qui s'offre au visiteur averti. Rue Saint-Aignan, un simple regard levé permet d'observer les maisons à pans de bois des XIV et XVe siècles. Sur l'une d'elles, dont le bois abattu a été daté en 1399 par dendrochronologie, un heurtoir à l'homme sauvage (ou de l'arbre sec) daté de la fin du XVe, file la métaphore biblique. "On le retrouve souvent à la fin du Moyen-Âge", indique Alex Brunet, propriétaire de cette maison de chanoine. "L'homme, comme l'arbre, naît nu puis se couvre peu à peu de poils, comme l'arbre de feuilles ou de fruits."

Heurtoir à l'homme sauvage et poulie de la Maison de la Tour, dans la rue Saint-Aignan.
Heurtoir à l'homme sauvage et poulie de la Maison de la Tour, dans la rue Saint-Aignan.
A quelques mètres de là, la Maison de la Tour, datée du milieu du XVe siècle, présente en son sommet une poulie, qui servait à l'époque à hisser les denrées périssables dans les pièces sous charpente. Au pied de la bâtisse, comme un peu partout dans la cité -dont 87 des 90 parcelles ont longtemps appartenu à l'église- on retrouve des chasse-roues,  bornes de pierre servant à se protéger du passage des véhicules.

Quelques mètres plus bas, la Maison Sainte Croix, plus vieille maison en pierre d'Angers (1160), présente un décor de ruban plissé et de pointe de diamant, caractéristique de l'art roman du XIIe.

On change d'artère, mais on reste dans le cœur de la cité, avec la rue Donadieu de Puycharic. Que le visiteur ne s'y trompe pas : comme dans tout le quartier, c'est bien sur des pavés contemporains qu'il déambule, le niveau médiéval étant situé 1 bon mètre en-dessous du revêtement actuel. Sur la droite, en venant du château, on relève les yeux au ciel pour apercevoir, au sommet d'une maison de corbelier -un petit dignitaire religieux- un épî de faîtage, mélange d'étain et de plomb très ancien, ajouré comme une dentelle.

Direction la cathédrale, où de récents diagnostics archéologiques ont permis de mettre à jour de nombreuses sépultures de l'ancien cimetière Saint-Maurice et les murs des anciennes galeries qui menaient à la façade de l'édifice, au moins jusqu'au XVIIIe siècle.
Les trésors de la cathédrale sont bien connus, mais on s'arrêtera sur deux curiosités : le rétable Beaussant -et les prémices de la perspective dans l'art- donation qui date de 2004, sur lequel le château représenté en fond n'a toujours pas été identifié ; et l'un des pans recouvert de plaques émaillés de la tombe de l'évêque Ulger (mort en 1148), sur la droite de la nef.

La Maison d'Adam et Eve, et le ravissement de sainte Madeleine.
La Maison d'Adam et Eve, et le ravissement de sainte Madeleine.
On quitte le religieux pour rejoindre la très célèbre Maison d'Adam, demeure à pans de bois (1472) d'un riche apothicaire, place Sainte-Croix. Une maison à 6 niveaux, qu'il faut imaginer polychromée : "C'est comme un mur d'image qui parle d'une époque, quand on sait le lire", avancent en chœur Alex Brunet et Nadine Bulourde (Service Art et Histoire de la Ville d'Angers). Eux sont encore plus fascinés par la Maison d'Adam et Eve (début XVIe), que l'on rejoint le 21, rue Saint-Laud, en laissant derrière nous ce qui fut le quartier des bouchers et les maisons à pans de bois de la rue de l'Aiguillerie. Son petit plus ? "Des restes de polychromie, ses décors d'écailles et de torsades et ses poutres engoulées".
 
On redescend vers la Maine et le quartier de la Doutre en empruntant le Passage (d'époque) des 4 vents, à l'angle de la rue Parcheminerie et de la rue de la Croix. La Maine, rive droite, et la rue Pinte -"la préférée des peintres", sourit Alex Brunet- avec ses maisons à pans de bois contrariées ou non par le temps, les modes et les reconstructions. La rue voisine avec l'abbaye du Ronceraye, seul établissement monastique de femmes d'Angers. Avec sa voûte romane, le lieu sacré est devenu un écrin idéal pour l'art contemporain comme, jusqu'au 18 septembre, l'exposition Mundus-Mundus est, d'Hélène Mugot.

Dernière petite curiosité, avant de refermer cette parenthèse médiévale : le Couvent des Bénédictines du Calvaire, qui abrite la statue de Marie-Madeleine, une preuve supplémentaire que "la période médiévale était tout sauf un moyen âge, en terme d'art", bien qu'il fût affublé de la sorte au XVIIIe siècle. C'est une sculpture en bois polychrome et dorée du XVe siècle : le Ravissement de sainte Madeleine. "À l’origine, la statue de la sainte se situait dans une grotte du rocher de la Baumette, couvent fondé par le roi René en souvenir de celui de la Sainte-Baume de Marseille. La statue est jetée à la Maine à la Révolution française et retrouvée par des pêcheurs", précise Nadine Bulourde.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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