Anne-Françoise Benoît, au nom du chocolat


Rédigé par Yves BOITEAU - Photo : Yannick SOURISSEAU - Angers, le 11/12/2014 - 07:00 / modifié le 22/12/2014 - 11:10


A 46 ans, le talent de la chocolatière de la rue des Lices a de nouveau été récompensé à Paris. Pas de quoi tourner la tête d’Anne-Françoise Benoît qui sait qu’en période de fêtes, mieux vaut garder celle-ci bien accrochée sous sa toque.



Anne-Françoise Benoît, au nom du chocolat
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Décor, Espoir, Coup de cœur, Découverte… Comme la musique ou le cinéma, le chocolat à ses Awards. Chaque automne, ce sont les membres du vénérable Club des croqueurs de Chocolat qui se chargent de les délivrer à l’occasion du Salon du Chocolat à Paris, sans doute le plus prestigieux événement du genre au monde. 120 000 visiteurs, 550 exposants dont 220 chocolatiers et confiseurs et au milieu de cette effervescence, un artisan angevin qui a su porter haut son savoir-faire comme les couleurs de sa ville.

Anne-François Benoît ne le dit pas trop fort mais l’Award de la Chocolatière qui lui a été remis le 31 octobre dernier signe, plus encore peut-être que ses précédentes récompenses, une reconnaissance particulière. Car dix-sept ans après la reprise de la boutique de son père, Gilbert, c’est la pérennité de son talent qui a été distinguée, prouvant une fois pour toutes qu’elle est bien plus qu’une héritière. Ceux qui lui collent cette étiquette, connaissent-ils d’ailleurs seulement l’histoire ?

Dernière des trois enfants de Gilbert et Marie-Françoise Benoît, Anne-Françoise n’était précisément pas programmée pour reprendre le flambeau. Son frère aîné, Dominique, n’avait-il pas emprunté la voie classique – « CAP chocolatier, grandes maisons à Paris » - d’un successeur légitime ? Etudes de sciences-éco, maitrise à la Sorbonne, premiers jobs dans les ressources humaines… De toute manière, la cadette de la famille Benoît ne se voyait pas commerçante. « Certes, j’ai toujours trainé dans les pieds de mon père et j’aidais mes parents, mais je me suis longtemps dit que jamais, je ne ferais ce métier » sourit encore Anne-Françoise.

"Je trippais avec mon père sur des rochers, mais je ne savais pas travailler le chocolat."

Lorsque Dominique a rencontré l’amour à Lille où il a choisi de s’installer, Gilbert et Marie-Françoise se sont posés des questions. Et la plus jeune de leurs filles, progressivement aussi. « Le milieu commerçant nous "formate" quand même un peu vers l’indépendance, j’avais pris conscience dans mes expériences professionnelles que je n’étais pas faite pour rester sous les ordres d’un chef » raconte la chocolatière. De là à reprendre le flambeau… « Ma principale appréhension portait sur le métier lui-même. Petite, je "trippais" avec mon père sur des rochers, mais je ne savais pas travailler le chocolat. » L’envie d’entreprendre va se montrer plus forte que tout. En 1997, Anne-Françoise rejoint ses parents, rue des Lices, son père passant salarié pour lui transmettre le témoin : « On a vraiment pris du temps ensemble au labo, pour qu’il me montre les techniques, les gestes et ses secrets. »

L’apprentissage se doublera de stages chez Lenôtre et Richart à Paris. Première reconnaissance à la clef : un Award du Jeune Talent dès 2003. Son secret ? « Elle est bosseuse, méticuleuse et très pointilleuse sur la qualité des produits. C’est aussi une forte tête et un caractère pas toujours facile à vivre » confie Marie-Françoise Benoît, du fond de la boutique historique où elle donne encore le coup de main à sa fille. « Elle sait ce que c’est se lever tôt le matin » confirme Lionel Gélineau, le patron de la Villa Toussaint, un ami de dix ans. C’est aussi une épicurienne qui aime les bonnes bouffes et cultive un humour un peu caustique que j’aime beaucoup. » Sa façon à elle de décompresser d’un rythme de travail redoutable ? « C’est un peu toute ma vie, reconnait l’intéressée, Mais j’ai quand même cette chance de faire un métier qui me plaît. »

Bio Express
1968. Naissance le 9 mai à Angers
1975. Ouverture de la chocolaterie Benoît, rue des Lices à Angers.
1992. Monte à Paris pour terminer ses études. Elle y travaille quatre années dans les ressources humaines.
1997. Elle prend la suite de ses parents.
2003. Award du chocolat, catégorie « Jeune Talent »
2014. Award de la chocolatière.












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