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Portrait

Anne-Laure Dubois, profession enlumineur


Rédigé par Michel Barini - le 6 Avril 2010 à 15:01


A peine impressionnée au milieu d’un univers où ses voisins évoluaient comme des poissons dans l’eau, Anne-Laure Dubois a pleinement apprécié sa première sortie dans la cour fermée des libraires. Toute jeune diplômée d’une école d’enluminure, la jeune femme dévoilait son savoir-faire lors du récent Salon angevin du livre ancien de Mûrs-Erigné.



De sa passion pour l’enluminure, la trélazéenne Anne-Laure Dubois en a fait une profession.
De sa passion pour l’enluminure, la trélazéenne Anne-Laure Dubois en a fait une profession.
Dans le petit coin où elle avait installé son stand, les curieux s’attardaient volontiers auprès de celle qui constituait un peu une attraction au même titre que les deux autres artisans d’art présents sur la manifestation : le créateur d’ex-libris et le relieur. Dans la salle d’exposition qui réunissait une trentaine de bouquinistes à la tête de quelque 30 000 volumes rares, ces trois-là étaient un peu les dépositaires de l’habileté manuelle d’antan, représentants du savoir-faire de l’artisanat du livre.

Sur le drapé rouge qui recouvrait l’étal de l’enlumineur (pas de féminin à cette profession selon l’intéressée), on découvrait quelques-uns des travaux réalisés à partir des pratiques traditionnelles de l’art de l’enluminure. On s’attardait sur une vitrine qui renfermait plumes, pinceaux et couleurs fabriquées à partir de pigments naturels, de blancs d’œufs, de gommes arabiques et même de miel. On admirait une peinture sur bois reliée façon médiévale sur laquelle était naturellement inscrit : « Ne pas toucher ».

Clou de la petite exposition personnelle, il y avait là un livre manuscrit de 24 pages enluminées aux éclatantes couleurs. Composée de gravures, de lettrines, de calligraphies, réalisée à la main selon les techniques du Moyen Age, il s’agissait de l’œuvre d’une année de travail, celle qu’on réalise à l’issue de son cursus scolaire. Celle aussi qu’on abrite des manipulations en la protégeant comme un trésor. Comme chez les compagnons du devoir, on l’appelle le chef-d’œuvre, un exemplaire unique dont l’artiste elle-même ne saurait dire s’il sera un jour à vendre ou non.

Chef-d’ œuvre de fin d’année réalisé à l’Institut supérieur européen d’enluminure et du manuscrit d’Angers.
Chef-d’ œuvre de fin d’année réalisé à l’Institut supérieur européen d’enluminure et du manuscrit d’Angers.
Ancienne élève de l’Institut supérieur européen de l’enluminure et du manuscrit d’Angers, établissement officiellement agréé, issue de la promotion novembre 2009, Anne-Laure Dubois n’aura pas mis beaucoup de temps à se faire connaître du grand public. Aussi curieux que cela puisse paraître, elle ignorait encore il y a quelques semaines qu’elle exposerait lors de cet événement. Il aura fallu que le hasard lui fasse rencontrer Jean-Marcel Goudeau, l’organisateur du salon, lequel n’eut de cesse de tarir des éloges sur son invitée de la dernière heure, incitant vivement les représentants de la presse à rencontrer « cette artiste de talent ».

Comme démarrage dans un métier qu’elle a choisi par passion, la jeune trélazéenne ne pouvait rêver meilleur tremplin dans la vie professionnelle que ce rendez-vous de portée régionale pour nouer des rencontres et se constituer un carnet d’adresses. Tout juste enregistrée sous le statut d’auto-entrepreneur, Anne-Laure Dubois travaille d’ordinaire à partir de son domicile : faire-part, affiches, marque-pages, cartes constituant l’essentiel de ses commandes et de son temps qu’elle partage entre créations pures et reproductions.

Contact : Anne-Laure Dubois, enlumineur diplômé. 58, rue Ludovic-Ménard, 49800 Trélazé. Tél. : 06.78.43.99.53. Courriel : alaure.dubois@yahoo.fr.

Michel Barini

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