Anne Wiazemsky : "Venir ici, c'est se disperser agréablement"


Rédigé par Tristan LOUISE - Angers, le Lundi 20 Janvier 2014 à 07:47


C'est la troisième fois qu'Anne Wiazemsky arpente salles et espaces du Centre de congrès pour Premiers Plans. Cette année, c'était pour présenter "Au hasard Balthazar" de Robert Bresson et son livre "Une Année studieuse".



Anne Wiazemsky lors de la dédicace de son livre "Une Année studieuse"
Anne Wiazemsky lors de la dédicace de son livre "Une Année studieuse"
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Quand on a débuté sa carrière d'actrice, très jeune, dans le rôle principal de Au hasard Balthazar de Robert Bresson (à l'honneur de cette 26e édition de Premiers Plans) ; qu'on a été La Chinoise de Jean-Luc Godard et l'épouse de ce dernier pendant de nombreuses années ; que l'on était au casting de Théorème de Pasolini et que l'on est la petite-fille de François Mauriac, on a forcément mille raisons, chaque année, d'être invitée par les festivals.

Mais Anne Wiazemsky ne les court pas, loin de là. "Je viens ici parce que Premiers Plans est un festival auquel je suis très attachée. La personnalité de Claude-Eric Poiroux est aussi une des raisons de mes venues. Mais mon activité d'écrivain est chronophage et je suis incapable de faire plusieurs choses en même temps. Je ne peux pas me disperser. Disons que venir ici, c'est se disperser agréablement. Le public est formidable, les bénévoles adorables. C'est un festival bienveillant, doux".

Sur Bresson, elle a tout dit, ou plutôt tout écrit. C'était dans le très beau "Jeune fille". Aujourd'hui, c'est une ambassadrice fidèle mais discrète de l’œuvre du maître. "Dans les dix dernières années de sa vie, il ne se déplaçait plus. Alors avec d'autres de ses comédiennes, nous parlions de son cinéma pour lui. Mais il faudrait être un historien pour parler de son art".

Quels souvenirs garde-t-elle de lui ? "Ce qui reste dans la mémoire, c'est toujours le meilleur. Mais c'est évidemment une rencontre formatrice, et, à une exception près, formatrice pour tous ceux qui ont travaillé avec lui". Le pouvoir de Bresson : "J'aime reprendre cette phrase que lui-même écrivait : Je vous invente tel que vous êtes. C'était là sa force et son génie. Chez moi, c'est l'innocence et la naïveté qu'il recherchait. J'étais très jeune et surtout consciente qu'il fallait lui faire confiance. Aujourd'hui, je dirais que mon respect pour lui et son œuvre a mûri".

Sensible et habitée par tous ceux qui sont venus vers elle et l'ont nourrie, Anne Wiazemsky n'est jamais allée chercher un metteur en scène. Mais elle avoue avoir loupé quelques rendez-vous. Avec Patrice Chéreau notamment, autre réalisateur honoré cette année. "J'avais trop peur avec lui. Mais j'ai été une fan. Un jour, de la place de La République à l'Opéra, je l'ai pris en filature. Sa mort a provoqué en moi une douleur artistique. J'ai adoré tous ces spectacles".

Bresson, Chéreau... et aussi Godard. Dans son récent "Une Année studieuse", qu'elle dédicaçait au Centre de congrès, elle décrit sa rencontre et sa vie avec cet autre génie. Une offre en mots et en émotions toujours intime, jamais impudique, et éternellement sensible, comme cette jeune fille que Bresson a su figer pour l'éternité.












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