Anne et Katherine Roumanoff : "Nous sommes proches l’une de l’autre"


Rédigé par Cédric Soulié. Photos : Sébastien Aubinaud - Angers, le Mercredi 31 Juillet 2013 à 16:47


Katherine est angevine d’adoption. Anne, célèbre Parisienne. Les deux sœurs Roumanoff se sont pliées généreusement au jeu de l’interview croisée. L’occasion d’évoquer leur enfance, leurs parcours créatifs, l’Anjou et les Angevins, leurs projets. Un moment rare entre simplicité et complicité.



Les deux sœurs Roumanoff, Anne et Katherine, réunies au jardin  du Mail à Angers, le 21 juin.
Les deux sœurs Roumanoff, Anne et Katherine, réunies au jardin du Mail à Angers, le 21 juin.
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Etes-vous proches l’une de l’autre ?
Katherine : « Oui, nous sommes proches par l’humour, par le cœur, mais pas du tout géographiquement. »
Anne : « Oui, très proches, même si l’on ne se voit pas souvent. Mais quand on s’appelle, c’est comme si la conversation ne s’était pas interrompue ».

Vous voyez-vous en Anjou ?
Anne : « Pas tant que ça finalement. Je viens quand j’ai des spectacles, mais j’ai un emploi du temps très chargé et ce n’est pas toujours facile, bien que Katherine ait une maison magnifique en bord de Loire ».
Katherine : « Je vais voir ses spectacles une fois par an. À Angers. »

Etes-vous attachées à l’Anjou ?
Katherine : « J’y vis depuis 17 ans. D’abord à Angers durant 7 ans et depuis 10 ans à Sainte-Gemmes-sur-Loire. »
Anne : « Pas réellement. Mon seul attachement passe essentiellement par ma petite sœur. Je suis une Parisienne ».

Comment définissez-vous cette région ?
Anne : « On parle souvent de la douceur angevine et je crois que c’est vrai. Et puis, ce n’est pas du tout le même rythme qu’à Paris. On n’est pourtant qu’à une heure et demie de la capitale (en train), mais c’est plus tranquille, plus paisible. Et, je trouve aussi le climat plus clément qu’à Paris. D’ailleurs, je remarque que quand je viens ici il fait toujours beau ».
Katherine : « Ah non pas du tout ! Il fait exactement le même temps ici qu’à Paris ! (rires). L’Anjou est, selon moi, multiple, calme, attachant et doux ».

Quels sont les lieux que vous affectionnez le plus ?
Katherine : « Les bords de Loire et la vue depuis le jardin méditerranéen à Port Thibault sur “la bouche de la Maine“. Les vieilles rues de la Cité à Angers et l’Abbaye de Fontevraud avec le tombeau d’Aliénor d’Aquitaine ».
Anne : « Chez ma sœur à Sainte-Gemmes-sur-Loire ! Non, mais Angers est une ville magnifique. En revanche, je n’en connais pas toute la richesse architecturale ».

Sur un plan plus humain, comment définissez-vous les Angevins ?
Anne : « En ce qui me concerne, c’est un public fidèle. D’ailleurs, à chaque fois que je joue à Angers, c’est complet donc ça me fait plaisir. Ce n’est pas un public hyper chaud, il faut le conquérir à chaque fois. Peut-être un peu réservé au départ mais après très chaleureux. C’était encore le cas quand je suis venue jouer à Angers, le 4 juin ».
Katherine : « Avec quand même une standing ovation au final ».
Anne : « Oui, effectivement. Et le lendemain, un retour sur Paris dans le même TGV que Valérie Trierweiler (Ndlr : le 4 juin, la Première dame était en visite à Angers, au Village Saint-Exupéry, un foyer départemental d’accueil). Nous nous sommes saluées cordialement. Je l’ai trouvée beaucoup plus belle en vrai qu’en photo ! »
Katherine : « Euh, alors, les Angevins… Difficile de rencontrer de vrais Angevins quand on vient d’ailleurs. Le vrai vous fait vite comprendre qu’il faut au moins trois générations pour être consideré comme un Angevin. Je suis donc toujours la Parisienne. Et à Paris la provinciale. »

Au sujet de vos carrières respectives, comment expliquez-vous vos parcours voués à la création artistique ?
Katherine : « On ne sait rien faire d’autre (rires). Et nos parents, de toute leur force, voulaient des enfants artistes. Leur histoire et leur parcours nous ont encouragées dans ce sens. Ma maman me disait souvent : “Oh comme tu fais de jolis dessins !” Je l’ai cru. Elle était quoi qu’il arrive clairement en extase.»
Anne : « Je ne sais pas. Cela provient sans doute de notre éducation. Je pense que c’est une nature que l’on a au départ et que l’on exploite. Il y a des gens qui sont artistes intrinsèquement et qui vont être ingénieur ou caissier, tout en exprimant leur talent artistique. A contrario, il existe plein d’artistes qui n’ont pas ce talent ! (rires). Après, quand on était plus jeune, on n’avait pas la télé et de fait, on a beaucoup joué ce qui a sans doute enrichi notre imagination. Je me rappelle de nos vacances dans notre maison en Normandie où il n’y avait pas grand-chose à faire – nous n’avions pas la télé, nos parents étaient contre –, donc on jouait souvent dans le jardin ou au bord de la rivière. On inventait des jeux qui duraient des fois plusieurs heures, plusieurs jours ».

A la rentrée, je cesserai mon billet décalé du lundi au mercredi matin sur Europe 1. Trop fastidieux (…). Et puis normalement je devrais entamer l’écriture d’un film ». Anne Roumanoff.

Très complices, les sœurs Roumanoff se voient très peu en Anjou.
Très complices, les sœurs Roumanoff se voient très peu en Anjou.
Avez-vous toujours voulu être ce que vous êtes ?
Anne : « à 12 ans, je voulais devenir actrice. Mais, à cet âge-là, on ne se dit pas “je vais être comique !”. Surtout qu’à l’époque, ce n’était pas un métier à la mode et forcément bien considéré. Toutefois, aujourd’hui, je crois être une actrice, un certain type d’actrice ».
Katherine : « “Je voudrais être moi-même mais en mieux“. C’est une réplique de ma dernière pièce, La Petite Sirène, et elle répond bien à cette question ».

La scène, le théâtre, l’écriture…, sont essentiels dans votre vie. Pourquoi ?
Katherine : « C’est selon moi une façon de créer et de communiquer avec les autres ».

Est-ce que vous vous imaginez faire autre chose dans quelques années ?
Anne : « Je me pose parfois la question. C’est important, surtout dans les métiers artistiques, d’avoir de la fraîcheur et du plaisir. Je ne peux pas me dire : “Dans 20 ans, je ferai encore ça de la même manière”. J’essaie donc, en vieillissant, d’être plus à l’écoute des chemins de traverse. D’aller là où l’on ne m’attend pas, de me surprendre moi-même. Et peut-être de m’orienter dans des domaines que je ne connais pas encore ».

Quels sont vos projets professionnels ?
Anne : « Je continue la radio sur Europe 1, le samedi matin à 11 heures. En revanche, je cesserai mon billet décalé, les lundi, mardi et mercredi à 7 h 50, à la rentrée prochaine. Trop fastidieux. Je poursuis mon spectacle “Anne [Rouge]manoff”, avec une tournée jusqu’en juin 2014. Et puis normalement, je devrais entamer l’écriture d’un film ».
Katherine : « Je signe toujours des collections dans le desing pour bébé, du doudou au tour de lit en passant par la chaise haute. Et c’est d’actualité depuis 25 ans maintenant, je commence à écrire et à mettre en scène mes pièces de théâtre. Je travaille avec le compositeur angevin Guillaume Edouard sur un album pour les grands avec ce qui fait courir le monde : des chansons d’amour. »

Enfin, Anne, votre « beau-frère » si présent dans vos sketchs, est-il le mari de Katherine ?
Katherine : « Bah non ! Pas plus d’ailleurs que sa “nièce” qui n’est pas ma fille ! »
Anne : « Non ce n’est pas lui (rires) ! Son mari est très sophistiqué et élégant ».

BIO EXPRESS

Anne et Katherine Roumanoff : "Nous sommes proches l’une de l’autre"
ANNE
1965.
Naissance le 25 septembre à Neuilly-sur-Seine.
1977. Elle prend ses premiers cours de théâtre au Cours Simon.
1986. Elle obtient son diplôme « politique, économique et sociale » à Sciences Po Paris. Dans la même promotion que David Pujadas, Jean-François Copé, Isabelle Giordano…
1987. A 22 ans, premières scènes dans les cabarets parisiens.
1991. Elle participe à la création de l’émission « Rien à cirer » sur France Inter aux côtés de Laurent Ruquier.
1998. Après dix ans de scène, premier Olympia où elle reprend ses meilleurs sketchs.
2013. Anne Roumanoff entre au Musée Grévin.

KATHERINE
1967.
Naissance le 7 décembre à Neuilly- sur-Seine.
1989. Elle entre à l’Ecole de Design Industriel ESDI (Paris).
1992. Elle intégre le studio de création de Jean-Charles de Castelbajac, puis Vertbaudet.
1993. Elle crée des costumes de la compagnie Colette Roumanoff – sa maman. Et ce depuis 20 ans.
2005. Produit 39 épisodes de « Dim Dam Doum » diffusés sur la chaîne Playhouse Disney.
2012. Elle écrit et met en scène « La Petite Sirène », une comédie enchantée.

FAÇON PROUST

Anne et Katherine Roumanoff : "Nous sommes proches l’une de l’autre"
Le bonheur parfait selon vous ?
Anne : « Dormir ».
Katherine : « être enlacée par l’homme que j’aime comme dans un tableau de Klimt ».
Le trait de caractère dont vous êtes les plus fier ?
Katherine : « La créativité. Je n’en suis pas fière mais heureuse quand je peux l’exprimer à bon escient ».
Anne : « La détermination ».
Votre qualité préférée chez une femme ?
Anne : « La franchise ».
Katherine : « La générosité, le pouvoir d’accueillir l’autre, dans ses forces et ses faiblesses. »
Et chez un homme ?
Katherine : « L’intelligence au service du bien-être collectif ».
Anne : « La droiture ».
Votre personnalité préférée ?
Anne : « Sœur Emmanuelle ».
Katherine : « Ma sœur, c’est la seule célébrité que je connais intimement ».
Votre artiste préféré ?
Katherine : « Henri Matisse et Jean-Jacques Goldman ».
Anne : « Plutôt qu’un artiste, un auteur, un écrivain comme Balzac, Shakespeare ou encore Molière ».
Votre film culte ?
Anne : « “The Shop Around The Corner”, d’Ernst Lubitsch.
Katherine : « “La Rose Pourpre du Caire” de Woody Allen ».
Le livre qui a changé votre vie ?
Katherine : « Pas encore trouvé, mais j’aimerais bien. Il faut sans doute que je l’écrive, car si les livres me parlent, ils ne parlent jamais de moi ».
Anne : « Aucun. Cependant, il y a ce livre que mon père m’avait fait lire : “Anatomie du succès” de Nicolas Darvas. Le sujet repose sur “Comment se comporter pour réussir dans n’importe quel domaine” ».
Votre chanson préférée ?
Anne : « “Rockollection” de Laurent Voulzy ».
Katherine : « “Le Coeur Grenadine”, de Laurent Voulzy ».
Votre plat préféré ?
Katherine : « La tarte aux pommes maison ».
Anne : « Les pommes de terre sautées ».
Votre meilleur souvenir professionnel ?
Anne : « Sans aucun doute, mon premier Olympia en 1998 avec mon spectacle “Complètement Roumanoff” ».
Katherine : « En sortant de l’éditeur Magnard Jeunesse en 2005, on avait dressé la liste de 18 livres de “Dim Dam Doum”, ma série télé. 18 ! C’était bien au-delà de toutes mes espérances, je me suis assise à la terrasse d’un café, terrassée de bonheur ».
Votre meilleur souvenir d’enfance ?
Anne : « Nos jeux d’enfants à la campagne en Normandie ».
Katherine : « Quand je jouais avec Sylvain mon petit voisin, dans les bottes de foin. Non, ce n’est pas ce que vous croyez ! Quoique ! »
Que détestez-vous le plus au monde ?
Katherine : « Chez les autres : les promesses non tenues. Chez moi : le sentiment de tourner en rond ».
Anne : « Tous ces gens qui n’ont pas un bon comportement. Ceux qui n’ont pas de morale. En gros, des gens pour qui vous faites des choses mais qui après, vous en veulent et vous font des saloperies ».
Le défaut qui vous inspire le plus d’indulgence ?
Anne : « La gourmandise ».
Katherine : « L’incertitude ».









1.Posté par barreau le 21/07/2013 11:05 | Alerter
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Katherine : « Euh, alors, les Angevins… Difficile de rencontrer de vrais Angevins quand on vient d’ailleurs. Le vrai vous fait vite comprendre qu’il faut au moins trois générations pour être consideré comme un Angevin. Je suis donc toujours la Parisienne. Et à Paris la provinciale. »

Il y a du vrai la dedans...








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