Anthony Kavanagh complice et taquin avec son public


Rédigé par - Angers, le Dimanche 9 Octobre 2011 à 21:05


Douze ans après sa première tournée en France, l’humoriste Anthony Kavanagh faisait une halte au théâtre Chanzy, vendredi soir, pour jouer son nouveau spectacle intitulé « Anthony Kavanagh fait son coming-out ». Un artiste sensible, respectueux et proche de son public.



Anthony Kavanagh, humoriste, bruiteur et chanteur talentueux
Anthony Kavanagh, humoriste, bruiteur et chanteur talentueux
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Le 20 octobre 1999, le théâtre Chanzy d’Angers accueillait le premier One man show d’Anthony Kavanagh, qui y narrait sa vie, de sa naissance à ses 30 ans, avec beaucoup d’humour et le charme de cet accent québécois. Comme un coup du hasard, c’est pile douze ans plus tard, à quelques jours près, que l'humoriste québécois, d’origine haïtienne, est remonté sur la scène de ce même théâtre, devant un public déjà conquis par ses nombreux talents.

Dix ans que l’artiste vit en France !
Désormais, il se sent bien en France, comme adopté par les français, ce qu’il fait savoir par ce « Coming out », au cours duquel il aborde de nombreux sujets : sa paternité, les rumeurs dont sont souvent victimes les peoples, les nouveaux réseaux sociaux sur Internet, la religion, la cigarette ou encore l’homosexualité, l’an 2031 quand son fils aura 22 ans.

« Tout ce que je dis ce soir n’engage que moi. C’est une question de point de vue », explique-t-il avant d’imager ses propos par un sketch sur les différences de ressentis entre hommes et femmes. Dans son exemple, un mec totalement saoul drague une jeune fille en discothèque. Du point de vue de la fille, le gars est non seulement ivre, mais l’appelle le boudin et a une vieille voiture qui ne démarre pas. De l’autre point de vue, le jeune homme se voit super galant, très sobre, avec une magnifique voiture de course. Comme quoi, tout est question de point de vue, et une seule et même histoire peut se raconter de manières totalement différentes.

La paternité l’a grandi et son humour en est plus mature. Il aborde le sujet de la crèche : « Quand tu arrives là-bas, tu perds ton identité. Tu n’es plus Monsieur Kavanagh, mais le papa de Mathis ». Et sa réflexion le mène sur l’envie de profiter de chaque seconde et de revivre chacune de ses premières fois au travers de son fils : premiers amours, boutons d’acnés, choix d’un métier, envol du nid des parents vers l’autonomie.

Beaucoup d’humour, de poésie et de tendresse pour traiter de sujets parfois délicats, comme par exemple le choix du nom d’un pape, quand il évoque la religion. « Un nom et un chiffre : National VII ? Jamel de XII ? Moussa IV ? Mama XII ? Ou bien peut-être Schreck III !

Bien sur, un échange en direct à la rencontre du spectateur est incontournable pour lui. Plusieurs ont eu droit à la petite boutade du maître en la matière.

Pendant près d’une heure quarante, l’artiste blague, rit, tousse, filme la salle avec son téléphone portable dernière génération, danse, chante, fait du beetbox. Mis à part lumières et musiques, il assure lui-même les bruitages de son show, avec une aisance époustouflante.

Et comme à ses débuts, Anthony Kavanagh n’a pu s’empêcher de clore la soirée en chanson, entouré de son public, chaleureusement invité à le rejoindre sur scène. Les premiers, qui ont pu monter sur les planches à ses côtés, ont été invités à former des couples pour danser un slow, à la troisième ou quatrième chanson, interprétée en direct par l’artiste. Quand aux autres spectateurs, restés debout devant la scène et dans la salle, ils se sont prêtés au jeu des photos, à défaut de pouvoir danser à côté de l’humoriste.



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