Antony Taillefait : "L'Université n'est pas un monde clos"


Rédigé par Tiphaine CRÉZÉ et Sébastien ROCHARD - Angers, le 13/01/2016 - 07:00 / modifié le 13/01/2016 - 18:00


Le mardi 19 janvier, étudiants, personnels administratifs, enseignants et enseignants-chercheurs de l'Université d'Angers sont appelés à élire leurs représentants au sein de trois instances : le conseil d'administration, le conseil de la vie étudiante et la commission recherche. Suite à cela, les nouveaux membres du conseil d'administration éliront le président de l'Université, entre les deux têtes de listes, Christian Roblédo (Dynamique UA) et Antony Taillefait (UAmbition partagée) le 15 février. Nous avons posé une série de neuf questions à chacun des deux impétrants.



Antony Taillefait mène une liste "UAmbition partagée".
Antony Taillefait mène une liste "UAmbition partagée".
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Il y a trois ans, l'Université d'Angers était dans la rue pour sa survie financière. A-t-elle selon vous aujourd'hui les moyens de jouer pleinement son rôle ? Quels sont vos objectifs de moyens financiers pour les années à venir ?

"Les transferts de compétences de l’État aux universités et à l’Université d’Angers en particulier ont été financièrement mal compensés par notre ministère de tutelle. Il a été nécessaire que l’ensemble de notre communauté universitaire et que les collectivités locales se mobilisent pour dénoncer cette lacune. L’Université a été entendue. C’est sur ce socle et avec une gestion rigoureuse des moyens que nous déploierons nos projets. Il appartiendra au futur président de capitaliser sur l’excellente réputation de notre Université et de trouver des appuis économiques, universitaires, politiques et culturels pour porter nos atouts au sein des reconfigurations universitaires en cours. C’est l’une de nos ambitions."

Quelles sont, selon vous, les forces de l'Université d'Angers ? Ses faiblesses, sur lesquelles il faut travailler ?

"L’université est l’une des institutions-clefs du présent et du futur. Le moins que l’on puisse dire est que les atouts de l’Université d’Angers sont nombreux.
Nous offrons à 22 000 étudiants des formations diversifiées (licences générales et professionnelles, doctorats, apprentissage, alternance, formations continues, etc.) et une qualité de vie étudiante sur 5 campus (Belle-Beille, Santé, Saint-Serge, Cholet, Saumur). Notre Université fait souvent la une des quotidiens pour la réussite de nos étudiants et leur excellente insertion professionnelle. La multiplication des formations à l’étranger, les liens entre les recherches des laboratoires et les formations, les co-constructions de formations avec les entreprises, le concours soutenu de l’agglomération et de la région, les liens avec les organismes de Recherche (INRA, CNRS, INSERM) font de notre Université un lieu unique d’excellence nationale, et internationale."

On dit généralement que l'Ouest est le grand oublié des financements liés à la recherche. Quelle est votre position vis-à-vis de cette réalité ? N'y a-t-il pas là un risque de voir les établissements angevins devenir, à court ou moyen terme, des établissements de seconde zone ?

"Il est assez habituel de se faire peur. Nous estimons au contraire que notre Université est apte à jouer sa partie grâce à des laboratoires de recherche reconnus, grâce à la diversité de ses formations et à l’insertion professionnelle de qualité, grâce aussi à sa taille qui permet de constituer des équipes soudées pour s’inscrire dans des réseaux régionaux, nationaux et internationaux."

Quel avenir voyez-vous pour l'Université d'Angers dans le cadre d'un regroupement d'universités (COMUE) ?

"Nous n’avons que faire d’une strate institutionnelle supplémentaire si la COMUE ne sert pas à porter la simplification, la mise en cohérence et la construction d’un « projet partagé » par tous les établissements membres. Nous chercherons, avec des soutiens économiques, politiques et universitaires, à ce que le rôle d’une Université comme la nôtre soit réévalué, les étudiants et les personnels mieux représentés."
 
Quel type de gouvernance souhaitez-vous mettre en place au sein de l'Université ?

"Afin de préparer notre projet pour l’Université d’Angers pour le mandat et au-delà et afin de fédérer notre communauté professionnelle, nous avons réuni de très nombreux collègues au sein d’ateliers de propositions, depuis juin 2015. Nous avons ainsi donné des gages de collégialité dans l’élaboration de nos décisions futures. La promotion de l’égalité femme-homme, la représentation des différentes générations dans les instances avec un soutien aux jeunes collègues en début de carrière, sont parmi nos choix forts."

Faut-il, selon vous, renforcer le lien entre le monde de l'université et le monde de l'entreprise, sur le territoire ? Le cas échéant, n'y a-t-il pas là un risque de spécialisation des universités, au détriment du caractère généraliste de celles-ci ?

"L’université n’est pas un « monde » clos. Il est ouvert aux évolutions économiques, aux innovations et à la création d’entreprise, à la créativité industrielle, au design. Nous le ferons savoir au moyen d’une politique intense de communication. Nos partenariats futurs seront valorisés tout en rappelant que la valeur des diplômes est aussi liée au potentiel scientifique de l’établissement qui le délivre."
"Nous devons faire davantage et « faire entrer » les quartiers et la ville dans notre Université." - Antony Taillefait

Quelle place accorderez-vous aux revendications et énergies étudiantes dans votre mandature ?

"Les projets étudiants sont nombreux et souvent innovants. Les projets de remédiations aux situations d’urgence sanitaire et alimentaire de certains jeunes seront l’une de nos préoccupations. En outre, nous encouragerons l’implication dans le compagnonnage des étudiants de première année, en valorisant cette implication dans les parcours de formation."

Les étudiants sont-ils, selon vous, assez reconnus et/ou intégrés à la ville ? Quel discours tiendrez-vous, de ce point de vue, auprès de la collectivité ?

"Angers Loire Campus est une création récente. Il réunit des représentants de la ville et des établissements d’enseignement supérieur solidaires dans lequel l’Université d’Angers joue un rôle central. Nous croyons à cette manière de penser la vie étudiante dans la ville. Mais nous devons faire davantage et « faire entrer » les quartiers et la ville dans notre Université. Plus on partage, mieux on se connaît, mieux on aplanit d’éventuelles difficultés. L’implication de notre Université par exemple dans l’opération de renouvellement urbain, la co-utilisation avec la ville ou des associations de nos équipements sportifs, de nos locaux, sont des voies à développer pour penser l’Université dans sa ville et pour que la Ville pense son développement avec l’Université."

Comment imaginez-vous l'Université d'Angers dans 20 ans ?

"La période est à la formulation des vœux, mais nous sommes persuadés que l’horizon suivant peut être atteint dans quelques décennies. Nos laboratoires auront fait la preuve de leur excellence grâce à des coopérations plus nombreuses avec le CNRS, l’INRA, l’INSERM. Nos filières végétale, du tourisme, de la santé, des matériaux, de l’informatique, des sciences humaines et sociales, des Lettres donneront à notre territoire une notoriété enviée, comme c’est déjà le cas en matière d’électronique professionnelle, d’objets connectés, d’innovations végétales et d’échanges internationaux. Nos formations et ses réseaux d’anciens étudiants formeront une ressource recherchée par les entreprises, et pas seulement locales.
La culture du numérique aura ouvert notre Université à des publics nouveaux, la diversité étant un ingrédient indispensable à la créativité. Bref, une Université d’Angers qui libère la créativité, apprend à travailler en équipe, donne l’envie d’entreprendre pour changer le monde, transmet un imaginaire puissant."












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