« Après la folie » : l’espoir


Rédigé par Cinéma Parlant - Angers, le Dimanche 21 Mars 2010 à 16:30


Lundi 15 mars, salle pleine aux cinémas « Les 400 coups » à Angers pour découvrir le film, produit par Plan Large, de Mickaël Hamon ; particularité : lui-même a fait l’expérience de cette souffrance psychique, que connaissent les personnes qu’il a filmées.



Mickaël Hamon, réalisateur du film « Après la folie »
Mickaël Hamon, réalisateur du film « Après la folie »
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Un film sensible : comme une succession de portraits, dans laquelle le réalisateur lui-même s’implique, faisant la présentation de sa propre maladie en voix off. Le point de vue proposé n’est jamais extérieur aux personnes : nous sommes appelés à les comprendre, à entrevoir derrière leurs paroles tout un itinéraire, le poids des médicaments, et cette détresse d’une vie à l’écart, faite de solitude, de difficulté d’insertion professionnelle, d’échecs sentimentaux.

C’était l’occasion, dans le cadre de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale, de lutter contre la stigmatisation trop répandue des maladies mentales : le mot « folie », la schizophrénie, les maladies mentales font souvent peur, nous y projetons une peur concernant bien souvent d’abord nous-mêmes, comme l’a remarqué une spectatrice, alors qu’il s’agit surtout d’une énorme souffrance, appelant toute notre compréhension et notre solidarité.

Un film plein d’espoir aussi : le Groupe d’Entraide Mutuelle de Nantes, comme le faisait observer le réalisateur, est entouré d’un bel écrin de verdure, agréable lieu de rencontre et de vie ; nous faisons la connaissance de ces personnes quand leur maladie est stabilisée, quand elles font preuve d’une grande lucidité, et quand elles savent par quels moyens elles peuvent garder un minimum de sérénité. Nous les suivons lors d’une escapade organisée avec l’aide de l’animatrice en Bretagne, à l’Ile aux Moines, bouffée d’air et de bonheur, occasion de voir que la curiosité pour le monde extérieur est restée intacte.

Ce fut la possibilité pour beaucoup de spectateurs de découvrir l’existence des Groupes d’Entraide Mutuelle (3 en Maine et Loire, dont un à Angers, représenté par son administratrice, Viviane Plet) : associations loi 1901 regroupant des malades en réinsertion, fonctionnant de façon autogestionnaire ; les inévitables difficultés de la vie quotidienne sont l’objet de discussions communes, qui règlent ou non les problèmes ; s’il fut question des faibles moyens attribués par l’Etat à ces structures, moyens en diminution, l’animateur du GEM d’Angers disait comment ces échanges pouvaient tirer vers le haut un groupe, et combien ce lieu de vie était précieux pour sortir de son isolement.


LES TAGS : cinéma, mentale, santé










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