Après la manif, l'agriculteur compte ses soutiens au tribunal


Rédigé par - Angers, le 15/03/2016 - 09:09 / modifié le 15/03/2016 - 21:06


Six semaines après avoir joué les prolongations lors d'une manifestation agricole à Angers, Marc-Olivier Fourcher, un jeune éleveur du Baugeois, était convoqué pour dégradations lundi devant le tribunal correctionnel d'Angers. Si l'affaire a été renvoyée au 25 mars, l'agriculteur a pu profiter de l'après-midi pour compter ses soutiens.



A la sortie du tribunal, Marc-Olivier Fourcher (à droite) en compagnie de son avocat, Me Jean-Charles Loiseau.
A la sortie du tribunal, Marc-Olivier Fourcher (à droite) en compagnie de son avocat, Me Jean-Charles Loiseau.
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Marc-Olivier Fourcher a t-il contribué à ce que dégénère la dernière manifestation agricole organisée à Angers, le 27 janvier dernier ? Surtout, est-il responsable des dégradations incendiaires de deux arbres, un candélabre urbain et du mur d'enceinte des jardins du Département de Maine-et-Loire, boulevard du Roi René ?  

Lire notre article "Agriculteurs, de la colère plein les bottes" (28/01/2016)

Pour connaitre les réponses judiciaires à ces deux questions, cet éleveur laitier de 33 ans devra patienter au moins jusqu'au vendredi 25 mars prochain. C'est la date à laquelle le Tribunal correctionnel d'Angers a renvoyé lundi l'étude des poursuites que le procureur de la République de Maine-et-Loire a engagées contre lui dès le lendemain de son interpellation au soir des faits.  

Ce renvoi est lié à une question de procédure. Si la Ville d'Angers, propriétaire des arbres et du lampadaire -la facture s'élèverait entre 7000 et 9000€-, s'est portée partie civile, le Conseil départemental de Maine-et-Loire, propriétaire du mur, n'a manifestement pas eu le temps nécessaire pour le faire, a fait remarquer la présidente du Tribunal. D'où un risque de nullité juridique.

Pour autant, Marc-Olivier Fourcher ne s'est pas déplacé pour rien au Palais de Justice d'Angers lundi après-midi. Son contrôle judiciaire a été levé, contribuant à lui redonner le sourire à la sortie de l'audience. Et à rassurer l'important comité d'amis, parents, agriculteurs et voisins venus le soutenir sur la place Leclerc. Parmi eux, de nombreux élus de la région Baugeois-Vallée dont le député du Nord-Saumurois, Jean-Charles Taugourdeau (LR) présent avant, pendant et après l'audience pour témoigner de sa solidarité.

"Je suis d'abord venu soutenir l'entrepreneur et l'agriculteur. Quand en France, on aura réglé les problèmes du monde agricole, on aura réglé 90% des problèmes des entreprises. Mais alors que tous les français, de l'extrême-droite jusqu'à l'extrême-gauche témoignent de leur amour pour le monde agricole, aucun responsable politique ne trouve de solution. C'est quand même un comble !" explique le nouveau président des Républicains de Maine-et-Loire.
"Chaque jour que Marc-Olivier Fourcher se lève aujourd'hui, on lui paye sa tonne de lait 290€ quand 340 à 360€ seraient nécessaires pour qu'il ne perde pas d'argent." Me Jean-Charles Loiseau, avocat
Si autant d'écharpes tricolores s'étaient glissées dans le comité de soutien à Marc-Olivier Fourcher, c'est que l'agriculteur, installé à Fontaine-Milon sur une exploitation laitière familiale, est lui-même conseiller municipal. "Mon sentiment, c'est qu'on en a pris un comme bouc-émissaire. Mais que ça ne réglera rien au fond du problème de la crise agricole" indique Christophe Pot, le maire de Mazé-Milon, la commune nouvelle où l'éleveur est élu.

Le fond du problème ?  "Chaque jour que Marc-Olivier Fourcher se lève aujourd'hui, on lui paye sa tonne de lait 290€ quand 340 à 360€ seraient nécessaires pour qu'il ne perde pas d'argent. Voilà, ce que la libéralisation des marchés et la dérégulation de la politique agricole commune a induit" argumente son avocat, Me Jean-Charles Loiseau. Parmi les quelques 200 personnes venues soutenir l'éleveur baugeois, nombre d'agriculteurs acquiescent.

"On n'a pas tiré les leçons de la précédente crise du lait. Et aujourd'hui, c'est le retour de bâton. Au lieu de la régulation européenne, on a une organisation verticale bidon avec des systèmes de contractualisation qui ne marchent pas. Ce sont les entreprises de la transformation qui ont pris la main sur notre condition" peste Michel Chauveau, lui aussi producteur laitier et voisin de Marc-Olivier Fourcher.

"Balancer du fumier dans les caddies ou mettre le feu à je ne sais quoi, je le dénonce sans réserve, poursuit l'agriculteur, Mais pour moi, si certains franchissent la limite, c'est qu'il y a une raison : la fracture qui existe entre les 10% du monde agricole qui le pilotent d'en haut, et la grande majorité qui ne disposent pas des informations nécessaires pour être acteurs de leurs destins."

Directement visés, les responsables des syndicats agricoles majoritaires, organisateurs du rassemblement du 27 janvier, mais étonnement absents de celui de lundi. De quoi alimenter les états d'âme du prévenu : "J'ai reçu leur premier appel 12 jours après mon interpellation. Non, merci, je sais où sont mes soutiens." 




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