Ardoisières d'Angers : "Le sauvetage est une question de volonté politique"


Rédigé par - Angers, le 09/02/2014 - 13:37 / modifié le 10/02/2014 - 09:30


Est-il possible de maintenir une activité aux Ardoisières d'Angers ? Deux mois après l'annonce du projet de fermeture, la CGT en est persuadée. Retournant les arguments de la direction sur l'épuisement de la ressource, elle en appelle aux responsables politiques et à la population pour donner corps à un contre-projet.



Ardoisières d'Angers : "Le sauvetage est une question de volonté politique"
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Harlem Globe Trotters ou ardoisiers de Trélazé ? Vendredi soir, à l'heure où les légendaires basketteurs américains faisaient le show à l'Arena Loire à Trélazé, 200 personnes ont préféré, non loin de là - à la salle Aragon -, répondre à l'appel du syndicat CGT des Ardoisières d'Angers.

Plus de deux mois après l'annonce du projet de fermeture de l'entreprise, celui-ci entendait faire partager une ferme conviction : celle que le maintien d'une activité ardoisière sur la région angevine, en dépit des apparences et des discours, est non seulement possible mais souhaitable, pour peu qu'on veuille bien s'en donner la peine.

Possible ? La direction de l'entreprise, propriété du groupe Imerys, n'a t-elle pas expliqué ne plus disposer désormais "des matières premières nécessaires" ? "Faux", répondent les représentants CGT des Ardoisières, rappelant qu'un gisement a été identifié dès 2007 par des sondages sous le site d'extraction actuel des Grands Carreaux, sous la commune de la Daguenière.

Appelé à témoigner à la tribune vendredi, Hervé Letang, un ancien géomètre de l'entreprise confirme. C'est même la détection de cette nouvelle ressource, assure-t-il, qui avait motivé le lancement d'un projet d'investissement en 2008. Projet abandonné par la suite pour raisons financières.

Ce n'est pas tout. Selon plusieurs anciens mineurs, d'autres sites abandonnés sur Trélazé présenteraient un potentiel d'extraction, à commencer par celui de Grand'Maison, attenant aux Grands Carreaux, et aujourd'hui noyé. Avec une incroyable précision, l'un des anciens carriers des Ardoisières d'Anjou, l'entreprise concurrente qui exploitait le site, a détaillé au public la configuration dans laquelle elle avait été laissée : "Il y a plusieurs dizaines d'années de ressources", assure-t-il.

Des carrotages ont disparu !

Qu'en est-il précisément du potentiel minier trélazéen ? En obtenant des pouvoirs publics la réalisation d'une expertise par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), Marc Goua, le député-maire de la ville a rappelé lui-même vendredi qu'il attendait d'en savoir plus.

Prudent, Hervé Sabba, le patron du syndicat CGT des Ardoisières, explique que les ardoisiers ne pourront pas se contenter d'une analyse sur les seuls documents transmis par la direction de l'entreprise : "On n'est pas trop bête non plus. J'ai un peu de mal à croire qu'ils sont prêts à transmettre des expertises qui iraient à l'encontre de leur discours actuel et de leur projet."

Ironie de l'histoire et stupéfaction lorsqu'un autre responsable syndical, Didier Roger (CGC), révèle que les carottages réalisés en 2007 auraient tout bonnement... disparu. Question : sur la base de quels documents, les experts du BRGM vont-ils donc réaliser leur travail ?

L'information fait monter d'un cran l'ambiance dans la salle. Responsables politiques, syndicaux, anciens ardoisiers, habitants se succèdent au micro pour appeler à la "riposte". "L'argent que le groupe Imerys s'est fait en exploitant l'ardoise, c'est aussi votre argent. Sa responsabilité est engagée sur le maintien d'une activité" insiste Jean-Marc Bozzani, le responsable de la fédération CGT énergies et mines de Maine-et-Loire.

Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Après avoir présenté la proposition de son syndicat de créer une descenderie vers le site "Sous Daguenière", Hervé Sabba a fait appel au "bon sens". "Si on additionne le coût du plan social, l'entretien à venir des sites, les conséquences des licenciements, la réponse est oui. Le gouvernement ne peut pas défendre le maintien des emplois sur un territoire et rester sourd à notre appel, d'autant qu'il y a un besoin d'ardoise en France."

Reste à savoir si Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, et les responsables politiques régionaux sont prêt à appuyer une opération sauvetage pour assurer un avenir à l'activité ardoisière angevine.






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