Argo : survivre grâce au cinéma…


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Dimanche 2 Décembre 2012 à 21:36


Novembre 1979, apogée de la révolution iranienne. Des militants prennent pour cible l’ambassade américaine de Téhéran et retiennent 52 Américains en otage. Mais au milieu du chaos, 6 Américains s’échappent du bâtiment et se réfugient dans la propriété de l’ambassadeur canadien (Victor Garber).



Les 6 Américains (Kerry Bishé, Scoot McNairy, Christopher Denham, Tate Donovan, Rory Cochrane et Clea DuVall)  laissent reposer tous leurs espoirs sur l’agent secret (Ben Affleck).
Les 6 Américains (Kerry Bishé, Scoot McNairy, Christopher Denham, Tate Donovan, Rory Cochrane et Clea DuVall) laissent reposer tous leurs espoirs sur l’agent secret (Ben Affleck).
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Aux Etats-Unis, les agents de la CIA tentent d’ériger un plan pour rapatrier les 6 réfugiés au plus vite, en vain. Jusqu’au moment où Tony Mendez (Ben Affleck), spécialiste de l’exfiltration, propose un plan surprenant qui selon lui les tirera d’affaire. Plan au début rejeté par ses collègues, jugé trop risqué et insensé. Tony Mendez riposte alors avec de forts arguments, et son superviseur (Bryan Cranston) ne peut que lui donner le feu vert. Sa mission consiste à faire passer les Américains pour une équipe de tournage venue faire des repérages pour un film de science-fiction à la Star Wars intitulé  Argo .

Ben Affleck signe ici son troisième long-métrage après Gone Baby Gone et The Town. « Based on a true declassified story », réelle affaire déclassifiée en 1997 par Bill Clinton. Ben Affleck consacre les trois premières minutes d’Argo à replacer le contexte historique de l’époque de manière simple et très efficace. Octobre 1979, Le Shah d’Iran, exilé au Mexique depuis la révolution islamique au début de l’année, est accueilli à New York pour raisons médicales. Des centaines d’étudiants manifestent dans les rues de Téhéran et finissent par s’attaquer à l’ambassade américaine. Leurs revendications sont claires. Ils libéreront les otages lorsque les Etats-Unis auront renvoyé le Shah en Iran pour qu’il y soit jugé. Les Américains refusent de livrer leur ancien allié et Jimmy Carter, président des Etats-Unis, impose un embargo, il stoppe notamment les importations de pétrole en provenance d’Iran. Le film a le mérite de nous faire découvrir ou redécouvrir ces événements passés et nous fait, par ricochet, relire notre présent et l'évolution des fanatismes religieux.

Le réalisateur a tout agencé au millimètre près : des reproductions des manifestations iraniennes, du décor de la maison de l’ambassadeur canadien, jusqu’à la ressemblance étonnante de ses acteurs avec les réels réfugiés de l’époque. Quelques scènes de l’assaut de l’ambassade américaine dans les premières minutes du film sont d’ailleurs tournées par des caméras 16 millimètres, ce qui leur donne l’impression d’être des images d’archives. Le film présente donc une reconstitution historique d'une précision telle qu'on se retrouve immédiatement placé au cœur des événements de novembre 1979. Le spectateur partage d'emblée le quotidien précaire et extrêmement pesant des 6 Américains qui risquent la mort à chaque instant, prisonniers qu'ils sont des murs fragiles de l'ambassade canadienne.

Argo nous offre une subtile mixité des genres. D’une part il nous présente une vision satirique et comique d’Hollywood, parfaitement interprétée par l’équipe de réalisation du faux film (John Goodman et Alan Arkin) à coups de répliques directes et efficaces. Parallèlement, le film se fait thriller oppressant, il distille au fur et à mesure la tension insupportable qui règne au sein d’un Téhéran ébranlé.

Le montage alterné est très présent comme moyen efficace d'instaurer le suspense. Cela commence dès le début entre l’émeute iranienne et les bureaux de l’ambassade où il ne faut pas céder à la panique. Un peu plus tard dans le film, la lecture du scénario d' Argo  lors d’une conférence de presse est mise en parallèle avec la sortie des 6 réfugiés accompagnés par Tony Mendez dans le bazar de Téhéran. Reste l’ultime montage alterné dans l’aéroport, au cours duquel on ne donne plus très cher de la vie des Américains.

Le film a été présenté en avant-première mondiale au Festival international du film de Toronto, comme un hommage pour le Canada sans qui cette mission n’aurait jamais pu voir le jour. Angoissant, prenant, émouvant, Argo satisfait, et certains iraient même jusqu’à parler d’Oscars. A suivre…

Loïse.


LES TAGS : Argo, Ben Affleck










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