Arts du cirque : la plus belle des Carrière…


Rédigé par - Angers, le 03/06/2017 - 08:00 / modifié le 06/06/2017 - 15:09


Voilà plus de 45 ans que les Angevins ont la possibilité de se former aux arts du cirque sur le territoire. C’est la Carrière, sur le site de la Paperie, à Saint-Barthélemy, qui fait vivre la flamme depuis 2010. En s’adaptant au feu intérieur de chacun.



A la Carrière, école des arts du cirque, l'important est de "trouver des sensations".
A la Carrière, école des arts du cirque, l'important est de "trouver des sensations".
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Le Béotien croirait à une salle de gymnastique classique. Un lieu où les tapis et la discipline règnent en maîtres. C’est oublier les mâts chinois, trapèzes, rubans et cerceaux qui donnent de la hauteur à l’endroit. Sur la gauche en entrant, des gradins amovibles sont installés. Vides pour l’heure. Dans quelques minutes, ils se garniront de parents ou grands-parents venus assister à la présentation de leur rejeton, impétrant circassien. Depuis le début de la semaine, ce sont les vacances d’avril, mais une vingtaine d’enfants n’a pas quitté les bancs de l’école. Ils ont troqué les tables de multiplication et manuels scolaires pour des exercices au sol ou aériens : bienvenue à La Carrière, l’école des arts du cirque.

Sur 600 m2, en plein cœur d'un ancien site minier, l'institution -d'abord sous le patronage de la Compagnie Jo-Bithume, puis de manière autonome- a extrait quelques pépites de la création contemporaine en la matière, mais également initié des milliers d'Angevins aux arts du cirque.

Ce vendredi d'avril figure peut-être dans les rangs des stagiaires un futur crack de la piste, un artiste en devenir, mais l'essentiel est ailleurs. Dans l'écoute, dans la cohésion du groupe, dans le rapport à soi et à l'espace. Au sein du gymnase, c'est cela qu'Anouk, Clara et Christelle s'efforcent d'inculquer aux enfants. Au sol -en équilibre sur une boule ou en formant une pyramide humaine-  plus près du ciel -sur un trapèze ou lovés dans un ruban - ou sur agrès -fascinant mât chinois- l'exigence est la même et les possibilités infinies.

C'est un leurre de croire que l'on est tous égaux face à la grâce, la souplesse ou l'équilibre, mais une erreur de penser que les arts du cirque ne sont ouverts qu'à un petit nombre. "L'important, c'est de trouver des sensations" répète à l'envi le directeur de la Carrière, Khalid Lammini. Tout au long de l'année, lors des cours, stages ou interventions en milieu scolaire et spécialisé, il est histoire de confiance en soi et de joie.
 
D'applaudissements, aussi, comme ceux qui résonnent depuis les gradins désormais bondés de la Carrière. Où les parents observent leur progéniture avec des yeux d'enfants.

Khalid Lammini, directeur de La Carrière
Un petit rappel historique, d’abord, sur les origines de l’école des arts du cirque ?
 

« Tout est intimement lié à l’histoire de Jo-Bithume, dès 1972. Le nom regroupait une école des arts du cirque, des arts de la rue, la compagnie en elle-même et la fanfare. Dans un souci de pérennisation de l’école des arts du cirque, de lisibilité et de clarté, nous avons pris notre autonomie en 2006, et La Carrière est née en 2010. Le nom évoque la piste sur laquelle évoluent les chevaux, mais aussi, évidemment, le site des Ardoisières. »
 
Que proposez-vous ici, à La Carrière ?
 
« Je le répète, c’est une école des arts du crique, pas une école du cirque. Ça veut dire qu’il y a une dimension contemporaine, dans notre approche, qui va aussi toucher la danse ou la musique, avec un réel souci d’esthétisme. Nous ne sommes pas « que » techniques. Nous sommes dans une démarche d’ouverture, chacun y va à son rythme, l’important étant de trouver des sensations. Tout ça est facilité par le fait qu’il s’agit d’une école pluridisciplinaire, du sol à l’aérien. »
 
Quel public recevez-vous ?
 
« Nous travaillons avec les huit permanents et les quelque 30 intermittents qui interviennent à l’année sur des événements, des cours et des stages, tous publics. La Carrière, ce sont aujourd’hui 400 personnes en cours, 750 en stage et plus de 2 000 enfants d’établissements scolaires accueillis pas an. A côté de cela, nous avons des projets de créations, qui s’appuient notamment sur des anciens de l’école, qui sont aujourd’hui de grands professionnels : Nicolas Provot, Charlotte de la Brétèque, Thomas Solegrain ou Pierre et David Cluzeau, pour ne citer qu’eux. »




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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