Attractivité économique, cet impérieux besoin de relance

[DOSSIER] Economie angevine : "Ça s'aggrave Docteur ?" (1/5)


Rédigé par - Angers, le 13/10/2014 - 07:52 / modifié le 16/10/2014 - 21:47


Comme les espoirs de réindustrialiser l'ancien site Thomson, l'embellie économique se fait attendre dans la région angevine. Et il n'y a pas que les 258 emplois menacés chez ThyssenKrupp pour entretenir l'inquiétude. Bâtiment, commerce, horticulture, travaux publics... Pour compenser les pertes d’emplois liées aux difficultés des grands groupes présents sur son territoire, Angers va non seulement devoir se retrousser les manches mais le faire vite et bien. Toute cette semaine, Angers Mag se penche sur la santé de l'économie angevine.



Attractivité économique, cet impérieux besoin de relance
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Saleté de crachin ! Ce lundi 29 septembre, alors que Christophe Béchu reçoit leurs représentants à l’Hôtel de Ville d’Angers, la météo, si généreuse depuis la rentrée, semble vouloir tourner le dos aux salariés de ThyssenKrupp. Encapuchonnés ou parapluies à la main devant l’esplanade de la mairie, un peu plus de 200 d’entre eux devisent, avec quelques soutiens, sur les chances de réussite de leur mobilisation. Le jeudi précédent, l’annonce du plan de réorganisation du site de Saint-Barthélémy-d’Anjou, seul outil de production en France du troisième fabricant mondial d’ascenseurs (6,1 milliards d’euros de CA, 49 000 employés), est venu alourdir le ciel économique angevin. En jeu : 258 emplois (sur 442) et le maintien de l’activité de tôlerie fine qui faisait la spécificité et la notoriété de l’usine bartholoméenne.

Encore sonné, Pascal, huit ans d’ancienneté, tente de cacher son pessimisme : " On savait que ça n'allait pas bien mais de là à une coupe aussi sombre… On est combatif mais ça me donne le sentiment qu'à un moment, ils ont choisi d'appuyer sur le bouton." Sous-entendu, c’est quoi le mode d’emploi pour interrompre la mise à feu ? Majoritaire dans l’entreprise, la CGT a bien fait valoir dès le jeudi son intention d’engager « le bras de fer » mais sans intention d’occuper l’usine, ni même d’entamer une grève.

Douze ans après la fermeture d’ACT, deux ans après celle de Technicolor, la lutte s’envisagerait-elle autrement au sein de l’organisation cégétiste ? "L’idée est plutôt d’amener une contre-proposition et de tout faire pour conserver la tôlerie fine, quitte à accueillir de nouvelles activités" éclaire Frédéric Lalande, délégué du personnel de Thyssen. "Que ce plan social soit le moins lourd possible et que l’on sauve le maximum d’emplois" lui répond, presque en écho, le président de l’agglomération d’Angers, persuadé, pour en avoir causé avec les dirigeants locaux de ThyssenKrupp, que le site angevin "n’est pas menacé à terme".

Cité des objets connectés : "J'appelle à la convergence de tous les acteurs (Paul Raguin)

"Je ne pense que ce soit une bonne technique que de laisser à penser que tout fout le camp. Je ne vais pas non plus monter sur des barricades en disant qu’on va sauvegarder tous les emplois. Pas de fatalisme, pas de démagogie" prolonge Christophe Béchu. Les mots, le nouveau patron d’Angers Loire Métropole le sait bien, renvoient inéluctablement aux engagements de son prédécesseur dans la gestion de l’après-Technicolor. Engagements que l’échec du dossier des compteurs Linky, dont Angers a longtemps espéré pouvoir attirer une partie de la production, vient cruellement de rappeler les risques.

"Ce qui nous collait à la peau, auprès des industriels, c’est l’image d’une agglo où la mairie a pris fait et cause pour les salariés, dans la gestion du cas Technicolor", affirme franco Jean-Pierre Bernheim, l’adjoint à l’économie de Béchu. Exit donc la revitalisation du site Thomson ? "Non, nous avons d’autres projets…" s’empresse-t-il de préciser. Six mois après son arrivée au pouvoir, l’équipe Béchu est attendue au tournant. Et pas que par les organisations syndicales.

Paul Raguin, PDG du groupe électronique Eolane.
Paul Raguin, PDG du groupe électronique Eolane.
"J’appelle à la convergence et au réalisme de tous les acteurs" tance Paul Raguin, le PDG d’Eolane, irrité par les atermoiements qui entourent encore la concrétisation de la Cité des Objets Connectés. Pourtant validé par l’Etat, ce projet industriel et « collaboratif », qui associe une demi-douzaine de sociétés (électronique, plasturgie, mécanique…) - dont Withings du très en vue Eric Careel - autour de la recherche, du développement et de la production de première séries d’objets électroniques à haute valeur ajoutée, bute aujourd’hui sur une simple question de locaux. "Si ce n’est pas Valéo, on va se débrouiller par nous-mêmes" prévient Paul Raguin qui mise sur la Cité pour renforcer le projet de Technocampus qu’il porte parallèlement au sein du cluster inter-entreprises We Network. Pour qui prétend relancer l’attractivité économique d’Angers, le message est on ne peut plus clair.

La diversité du tissu économique continue d'entretenir l'espoir

Bertrand Schaupp, nouveau patron du Medef 49.
Bertrand Schaupp, nouveau patron du Medef 49.
Un discours pragmatique débarrassé des formules toutes faites - "on doit chasser en meute" - et trop entendues ces derniers mois. "Chasser en meute oui, mais pas n'importe comment. Il s'agit surtout de bien s'organiser", avance le nouveau patron du Medef 49, Bertrand Schaupp. Lui concède que "le territoire n'est pas dans une bonne passe, mais (que) la situation n'est pas si noire que ça. Il y a des entreprises qui exportent, et elles le font plus en 2014 qu'en 2013, de manière très sensible", détaille-t-il. La diversité du tissu économique local continue d'entretenir l'espoir de jours meilleurs.

Cette diversité endogène et le développement de la vocation internationale des entreprises compenseront-t-elles les effets de la morosité ambiante ? Rien n'est moins sûr, à l'heure où les finances des collectivités locales et donc la commande publique, sont en berne. "Sonnés", les acteurs économiques du territoire veulent pourtant, dans leur grande majorité, rester optimistes. La première des conditions, selon eux, pour stopper le décrochage du territoire angevin.




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7.Posté par iroq le 21/10/2014 12:58 | Alerter
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Je suis complètement d'accord avec les propos de Gilardeau. Pour exister, Angers a besoin de l'Anjou et inversement. Le Maine-et-Loire, et encore plus l'Anjou, est suffisamment grand pour ne pas être sous la tutelle de Nantes et de Rennes. Malheureusement, la réforme territoriale ne va pas (pour l’instant) dans ce sens.

Concentrer les pouvoirs et lieux de décision économique au Conseil régional, c'est-à-dire à Nantes, n'est pas favorable aux territoires de l'Anjou, de la Vendée et de la Sarthe...

6.Posté par JM le 15/10/2014 10:31 | Alerter
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@tonton flingueur

On est d'accord... mais il faut aller encore plus loin et au delà du Grand Ouest qui nous entoure pour que ca marche, le monde est vaste. Les entreprises qui marchent sont celles qui exportent ou valorisent le terroir. C'est dire a quel point l'Anjou a tout a gagner en investissant sur son image et sa notoriété a travers le monde, on ne peut agir pleinement qu'en ayant les mains libres.

5.Posté par Tonton flingueur le 14/10/2014 22:43 | Alerter
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@ JM

Pour être lisible et attractif, même si on ne peut les ignorer , il faut arrêter d’être "aux ordres" de nos 2 encombrants voisins nantais et rennais . il faut absolument se démarquer afin de dépendre le moins possible d'eux.
Notre salut passe par davantage de coopérations avec les villes de notre département d'une part et avec nos autres voisines (Poitiers, Tours, Orléans, le Mans, Caen ainsi que les villes moyennes Alençon, Laval, la Roche, Niort, Blois et j'en passe..).
Exemple: France Bo...

4.Posté par youpimatin le 14/10/2014 12:07 | Alerter
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En Anjou, les territoires ne travaillent pas suffisamment entre eux. Par exemple, le lin pousse traditionnellement en Haut Anjou alors que le savoir faire en textile se trouve dans les Mauges. Si les territoires communiquaient plus entre eux, peut être qu'une filière confection du lin aurait pu émerger qui sait ?

3.Posté par JM le 14/10/2014 09:07 | Alerter
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Oui, mais il y des entreprises angevines qui rachètent, investissent en Bretagne, en Charente, en Inde ou en Ecosse... les capitaux entrent et sortent, ce n'est pas un problème au contraire., Par contre, il faut attirer plus d'investissement, pour cela il faut être lisible et attractif, et l'Anjou plus visible participera a cette attraction des capitaux.

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