Au Centre Foch, la Protection de l'enfance fait des vagues


Rédigé par - Angers, le 26/04/2017 - 18:00 / modifié le 28/04/2017 - 01:02


Les salariés des associations spécialisées dans la Protection de l'enfance ont manifesté mercredi matin sous les fenêtres du Conseil départemental, boulevard Foch, pour dénoncer à nouveau les orientations prises par la collectivité en la matière. Au centre de leur colère : les arrêtés relatifs à l'appel à projets répartissant les 583 places de l'Aide sociale à l'enfance disponibles dans le Maine-et-Loire.



Quelque 200 manifestants se sont réunis devant le Centre Foch, nouveau siège du Conseil départemental, pour protester contre les résultats de l'appel à projets lié à la Protection de l'enfance.
Quelque 200 manifestants se sont réunis devant le Centre Foch, nouveau siège du Conseil départemental, pour protester contre les résultats de l'appel à projets lié à la Protection de l'enfance.
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Le décor a changé, le combat, non. Si la mobilisation des salariés des associations œuvrant dans le champ de la Protection de l'Enfance a quitté les allées de la cité administrative ou de la place Michel-Debré pour rejoindre le boulevard Foch et les abords du tout nouveau Centre Foch -siège flambant neuf du Conseil départemental- elle n'a rien perdu de sa vigueur.
 
Voilà désormais plus d'un an que les personnels de ces structures alertent le grand public sur ce qu'ils estiment être "un danger" pour l'aide sociale à l'enfance : en l'espèce, la décision prise par le Conseil départemental -collectivité de tutelle en la matière- de lancer un appel à projets pour l'attribution des quelque 583 places d'accueil en établissement disponibles dans le Maine-et-Loire.
 
Comme nous vous l'annoncions il y a quelques semaines dans ces colonnes, ledit appel à projets a rendu son verdict : d'abord sous la forme d'un classement préférentiel des 15 associations y ayant répondu ; ensuite sous celle d'arrêtés préfectoraux. Entre-temps, le Conseil départemental reçoit jusqu'à jeudi soir chacune des associations, pour lui dire ce qui ressort de cet appel à projets.
"Des salariés vont devoir travailler pendant 6 mois alors qu'ils savent pertinemment qu'ils vont perdre leur emploi"

Avec, pour certaines d'entre elles, "un arrêt de mort", qualifient les manifestants. L'Urpep, l'Apaech et Arpej, pour ne citer qu'elles, subiraient donc de plein fouet les décisions prises par la collectivité.
C'était attendu depuis longtemps par le collectif intersyndical (FO, Sud, CGT, la CFDT n'a pas rejoint le mouvement cette fois-ci) qui a organisé, mercredi matin, la mobilisation sous les fenêtres du Conseil départemental. Mais les inquiétudes se muent depuis quelques jours en certitudes : "Des postes seront supprimés, c'est inévitable", assure Pascale Guiniec (CGT) au nom de l'intersyndicale. Combien ? La question n'a pour l'heure pas de réponse précise. Une chose est sûre, les manifestants ne croient pas un instant à la promesse faite par Christian Gillet, le président du Département,  de "reprendre le personnel des structures en difficulté", comme il s'y est engagé dans ces lignes mêmes. D'abord parce que du point de vue juridique, "rien n'oblige les associations retenues à le faire". Ensuite parce que si elles le font, "elles ne pourront pas tenir les frais de journée sur lesquels elles ont été retenues !"

Une autre proposition de Christian Gillet sème le trouble dans les rangs fournis (200 personnes au bas mot) des manifestants. L'élu a parlé de la mise en place d'une Bourse d'emploi pour les salariés licenciés, portée notamment par l'ASEA (La Sauvergarde), association historique du secteur qui obtient 50 postes supplémentaires par rapport à l'existant. Mais là non plus, le compte n'y est pas. "50 places supplémentaires, mais avec un prix moyen d'accueil en baisse !", conteste-t-on au sein de la mobilisation. "Et si une bourse à l'emploi est mise en place, c'est qu'il n'y a aucune assurance de reprise des personnels !"
 
Bref, au-delà de "la dégradation des conditions d'accueil des usagers, qui est très inquiétante", la casse sociale tant redoutée est en passe de devenir une réalité qui l'est tout autant. "Les arrêtés qui sont pris ces jours-ci renvoient à une application pour le 1er janvier 2018. Ça veut dire aussi que des salariés vont devoir travailler pendant 6 mois alors qu'ils savent pertinemment qu'ils vont perdre leur emploi", s'insurge Pascale Guiniec.
 
"Le conseil départemental se paye de nouveaux locaux mais laisse la Protection de l'enfance et ses salariés sur le carreau", affiche une pancarte. Les masques blancs de théâtre avec une larme noire qui coule sur la joue gauche ont été ressortis. En clair, on ne désarme pas dans les rangs des manifestants. Une assemblée générale est d'ailleurs prévue le 4 mai prochain, pour décider de l'orientation à donner à la mobilisation. D'ici là, les intentions et décisions du Conseil départemental auront toutes été rendues publiques.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par guiniec pascale le 26/04/2017 20:40 | Alerter
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un grand merci, ton article transcrit la situation dans laquelle nous sommes. aujourd'hui aux Tourelles, les salariés ont appris qu'ils ne gardaient que la pouponnière, presque rien...
pascale

2.Posté par ROBERT Isabelle le 27/04/2017 08:47 | Alerter
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Bravo pour cet article qui retranscrit bien la situation de mes anciens collègues...je dis bien anciens collègues car victime d'un burn out il y a 14 mois et licenciée pour inaptitude depuis septembre d'ARPEJE et en reconversion professionnelle, je regarde désormais de plus loin cette petite mort de nos établissements! Pour autant, je me sents proche de leur combat et je transmets tout mon soutien à tous ces collègues qui essaient de faire entendre leur voix. Je suis très triste de voir tout ...

3.Posté par Lecomte Véronique le 27/04/2017 19:58 | Alerter
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Merci pour cet article qui permet de médiatiser une situation insoutenable sur le département. Je suis une ancienne habitante d'Angers et j'ai à cœur de suivre l'actualité angevine. Actuellement travailleuse sociale dans la Manche, je suis scandalisée par les choix de M. Gillet et du conseil départemental du Maine et Loire dans le secteur social et culturel.C'est là malheureusement, une bien triste image de la région.

4.Posté par Mickaël le 28/04/2017 12:31 | Alerter
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J'écrirai "..., sans la CFDT qui n'a pas rejoint..." afin qu'il n'y ait pas d'ambiguïté.

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