Au Chêne-Vert, la vie suspendue de 60 Roms


Rédigé par - Angers, le 09/12/2016 - 07:45 / modifié le 10/12/2016 - 10:37


Depuis deux mois, une soixante de personnes sans hébergement occupent un ancien immeuble de fonction de la caserne du Chêne Vert. Saisi par le Service départemental d'incendie (SDIS 49), le Tribunal administratif leur a ordonné de quitter les lieux. Pour aller où ? Deux collectifs appellent à manifester samedi pour demander aux pouvoirs publics de surseoir à cette expulsion en attendant que les familles trouvent des solutions d'hébergement stables.



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Comme un air de déjà vu. De déjà entendu. De jamais résolu. D'un côté, des familles en grande précarité, depuis trop longtemps à la rue. De l'autre, des locaux inoccupés. Entre les deux, généralement implacable, la justice. Qui, une fois saisie par les propriétaires des lieux-dit, vient sanctionner l'"illégalité" de leur réquisition, fut-t-elle à des fins humanitaires. 

A Angers, depuis plus d'une dizaine d'années, on ne compte plus le nombre d'évacuations ordonnées pour des logements "squattés" par des personnes sans-abris. Moulinsart, Port de l'Ancre, Orgemont... Le 22 novembre dernier, il n'y a pas eu d'exception devant le Tribunal administratif de Nantes à l'heure de juger l'occupation d'un ancien bâtiment de fonction de la caserne du Chêne Vert, par une soixantaine de Roms.

Saisi par le Service départemental d'incendie et de secours de Maine-et-Loire, les juges administratifs leur ont ordonné de quitter les lieux sous quinze jours. Ils y vivent depuis le 6 octobre. Répartis par familles dans plusieurs des appartements de l'ensemble, inoccupé depuis août, dont l'alimentation en eau et électricité a été rétablie. Soutenus par deux collectifs qui estiment que la solidarité doit prévaloir sur le droit pour ces personnes, à la rue depuis de nombreuses années pour certaines. 
​"Comment voulez-vous chercher du travail sans logement ?" 
Parmi elles, Florentina, 36 ans, raconte qu'elle est arrivée pour la première fois en France en 2008. Qu'elle a vécu la plupart du temps sous les ponts d'Angers ces trois dernières années avec ses trois enfants - Alim, 17 ans, Gabi, 14 ans et Solena, 13 ans- et son cousin, Livio. Qu'elle a travaillé "dans l'agriculture" cet été du côté de Baugé. Que ses deux derniers enfants sont au collège. Mais qu'elle n'a toujours pas reçu de réponse favorable à sa demande de logement social. 

"Il y a une vraie hypocrisie dans le traitement des ces familles à qui on reproche aisément de ne pas vouloir s'insérer mais à qui on ne donne pas les moyens de se stabiliser. Comment voulez-vous chercher du travail sans logement ?" peste Pierre-Jean Bourdon, du Collectif de soutien aux sans-papiers 49. Souvent à la mène derrière les fameux "squats", ce collectif n'est pas le seul à soutenir les quelques 60 résidents du Chêne Vert. Un collectif de syndicalistes pour l'entraide et la solidarité s'est formé autour de militants de la CGT, de Solidaires et de la FSU pour défendre leur cause. 

"Si ces personnes sont remises à la rue, on les renverra vers le 115 (le numéro d'entrée de l'urgence sociale à Angers) qui est saturé. Et qui lui-même les orientera vers les locaux de la rue Rouchy qui sont bien plus insalubres que ceux-ci. Où est la cohérence ?" interroge Morgan, l'un des membres de ce collectif, Avec la Cimade, nous aimerions proposer une solution de bail précaire renouvelable d'un an, en attendant que ces personnes puissent trouver une situation stable. Mais cela suppose que leur évacuation soit suspendue."

Les collectifs ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour contester l'ordonnance du Tribunal administratif de Nantes. Mais celui-ci n'est pas suspensif. D'où leur volonté d'interpeller publiquement les autorités politiques. C'est le sens du rassemblement qu'ils organisent samedi place Imbach à 15h.




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1.Posté par soimeq le 09/12/2016 08:08 | Alerter
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Faut vraiment avoir des idées nauséabondes pour préférer voir des logements inoccupés plutôt qu'en faire profiter des sans abris.
L'avenir s'annonce sportif !

2.Posté par tatidom le 09/12/2016 10:22 | Alerter
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Je ne fais partir d'aucun collectif mais j'ai eu par 3 fois l'occasion de rencontrer ces familles en leur amenant quelques petites choses pour mieux vivre :
Sous un pont par temps de pluie, dans la boue sous des abris de fortune construits avec ce qu'ils avaient pu récupérer
en déchetterie... hommes femmes et enfants toujours souriants et qui essayaient de rester dignes malgré les circonstances.
Dans un immeuble vide d'un organisme d'HLM où, la dignité retrouvée, ils étaient fier de me faire vis...

3.Posté par Aaron le 09/12/2016 14:49 | Alerter
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Bravo aux syndicalistes pour leur solidarité !

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