Au NTA, "Le Capital" où le gros rouge qui tâche


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Vendredi 21 Mars 2014 à 08:01


Depuis mardi, le NTA présente à guichets fermés et hors caméras et appareils photos, "Le Capital" de Sylvain Creuzevault. Une méga-super-coproduction subventionnée par quelque 18 partenaires publics. C'est aussi et accessoirement une relecture du fameux manifeste de 1858 sous la forme du "Work In Progress". A l'arrivée : un exercice fastidieux servi par un discours en rien réactualisé. C'est Marx et les Communards qu'on assassine.



Faute d'autorisation pour prendre le moindre cliché du spectacle, une bonne vieille copie d'écran d'un dossier de presse ne contenant pas la moindre information sur le spectacle, excepté ses comédiens et ses 18 co-producteurs.
Faute d'autorisation pour prendre le moindre cliché du spectacle, une bonne vieille copie d'écran d'un dossier de presse ne contenant pas la moindre information sur le spectacle, excepté ses comédiens et ses 18 co-producteurs.
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Sylvain Creuzevault n'est pas un inconnu à Angers. L'artiste et sa troupe se sont déjà produits deux fois au NTA. La technique du metteur en scène est rodée, quasi systématique. A chaque fois, sous le fameux prétexte du Work In Progress, lui et ses comédiens font évoluer leur pièce. Mardi soir, par exemple pour la première date mondiale de "Le Capital", le public a assisté à trois heures de représentation. Mercredi, c'était deux heures.

Soit dit en passant, les tarifs pratiqués restent bien entendu les mêmes. Premier souci : pour une pièce censée démonter les rouages de l'ultra-libéralisme, et donc de manière sous-jacente dézinguer le célèbre "Le temps, c'est de l'argent", on notera donc ici que pour M.Creuzevault, le temps c'est effectivement de l'argent. En l'occurrence, celui de ses adeptes. Suffisamment indulgents pour accepter cette élasticité du temps diégétique. Et cette idée de flux financiers incontrôlés.

Time is money, donc. Pour "Le Capital", Creuzevault a réussi, à l'instar de nombre d'industriels, rapaces qu'il devrait logiquement et honnêtement dénoncer, un tour de table substantiel. C'est bien simple : il y a tellement de coproducteurs, publics, auxquels on ajoutera le Ministère de la Culture et de la Communication que son "Capital", c'est "Money Drop". Tant mieux pour lui, sincèrement. Tant il est vrai que notre belle démocratie qui, ces jours-ci subit à nouveau des discours anti-cultureux, cassant de l'inter et du permittent du spectacle, est encore un exemple interplanétaire ( lol), de soutiens aux artistes.

Mais, M. Creuzevault, qui interdit aux médias comme aux structures qui l'arrosent de prendre ne serait-ce qu'une misérable photo, nous autorisera malgré tout ce petit aparté. D'une : ce n'est pas en interdisant aux journalistes, eux-mêmes très stigmatisés actuellement, de faire une partie de leur noble tâche que ces derniers et les personnalités de votre acabit vont s'entendre concept ou pas -il y a actuellement dans ce pays suffisamment de clivages malsains, vous en conviendrez, pour en rajouter. Comme stratégie de division, c'est absurde. A moins que ce ne soit une grotesque autant que gratuite provoc'.

Désolé : si tel est le cas, nous n'adhérons pas un instant. Deuzio : quand on est autant aidé, on doit être un minimum respectueux envers un Etat, et ce faisant des citoyen.ne.s, qui rince un "Capital" somme toute peu fructueux, laborieux et qui ressemble souvent à s'y méprendre à un foutage de... Comble de celui-ci, la première était donnée le jour anniversaire de l'insurrection de la Commune de Paris.

"Une teub et une teucha"

A ce stade de lecture, vous vous dites légitimement : et la critique, le point de vu, coco, il arrive ou bien ? Ne l'attendez pas. Sachez juste que mardi soir, on a vu une zigounette. Mercredi, rassurez-vous : la parité fut respectée puisqu'un minou a été aperçu. De même, sachez juste que nous avons bien ri. De mépris, celui de Godard.

Sur Nenet, au quotidien, nous voyons des scènes tellement plus transgressives et constructrices. Celles-ci rebattent nos certitudes à un tel degré que voir une teub ou une teucha, lesquelles ont fait fuir certains spectateurs (relol), pendant une pièce finalement tellement obéissante, incapable de s"émanciper du discours marxiste, de le rénover, qu'à bien y penser, après des heures de cogitation, de cas de conscience, nous nous sommes dit qu'il était inutile d'en rajouter.

En revanche, mardi, avant que de nous rendre au Quai, nous avons lu Libération. Il y avait dans les pages Rebonds deux tribunes. La première écrite par Christine Lapostolle, prof à Quimper, s'intitule : "Dans le Finistère, une micro démocratie du bout du monde". La seconde, rédigée par Yves Sintomer, prof de sciences politiques, a pour titre : "Pour une révolution citoyenne". Il y est question d'une force collective qui "même toute petite, peut, à certains endroits, desserrer l'étau des logiques marchandes".

Les solutions ? Il y en a pour le coup/coût. Notamment : rapprocher "producteurs bio, artisans, artistes, praticiens de médecines douces, fonctionnaires, enseignants sous forme de gîtes, d'accueils non formatés". Faire voisiner "des gens qui veulent travailler moins, différemment". Il est question ici d'empowerment qui consiste "à donner du pouvoir à des individus qui se situent à la marge des logiques dominantes".

Il suffit juste de "transformer la société ici, maintenant, en faisant monter une pression positive sur le système". A terme, "celui-ci pourrait finir par se craquer". Et se réoxygèner. Dans ces deux Rebonds lus en vingt minutes, des alternatives aux modes consuméristes nous ont été données. Nous vous les offrons. Ce que "Le Capital" de Creuzevault est incapable de faire embourbé qu'il est dans les débats et les effets de manche qui l'émaillent, l'écrasent. Or, c'est bien connu : "les débats sont inutiles", comme disait Jean Eustache. Ajoutant : "à la fin, personne n'en ressort d'accord". Conclusion : foin de blahblah ! Aux actes, artistes citoyens !

"Le Capital", jusqu’au vendredi 28 mars au Nouveau Théâtre d'Angers, T400 - Le Quai-Forum des arts vivants












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