Au Quai, Nebbia transcende le cirque(s)


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 20/02/2010 - 10:05 / modifié le 21/02/2010 - 11:39


Ceux qui avaient le choix de passer leur soirée de vendredi au théâtre le Quai, à Angers, en compagnie de la troupe Eloize, n’ont pas été déçus. Cette troupe internationale venue tout droit du Québec, pour présenter Nebbia, sa dernière production, a littéralement émerveillé le public avec un spectacle délirant et humaniste mêlant danse, théâtre et cirque, dans un registre à la fois drôle et émouvant. Du grand cirque comme on aimerait en voir plus souvent.



Au Quai, Nebbia transcende le cirque(s)
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Nebbia veut dire « brouillard » en italien quand à « Eloize », le nom de la troupe présente sur la grande scène du Quai ce vendredi soir, elle tire son nom du patois acadien, et se traduit par « éclair de chaleur ». De la chaleur dans la brume, la troupe Eloize en a distribué tout au long de la soirée au point qu’à la fin de leur intervention, les spectateurs, debout, applaudissant à tout rompre avaient de la difficulté à quitter la salle.

Mêlant les facéties des clowns, avec les numéros de jongleries, de trapèze, de trampoline ou encore de danse acrobatique, cette troupe est loin d’engendrer la mélancolie, même si elle tombe à certains moments dans la tragi-comédie, pour mieux rebondir ensuite. Elle réussit l’exploit, et ce n’est pas une mince affaire, de brouiller les pistes entre les toutes formes d’art du spectacle circassien. C’est tout l’enjeu de Nebbia, le troisième volet de la Trilogie du ciel dirigée par l’auteur et metteur en scène Daniele Finzi Pasca.

L’ensemble du spectacle Nebbia se déroule dans un petit village italien avec ses personnages insolites et parfois peu gâtés par la nature. « Certains brouillards sont épais et profonds comme des ivresses. On y perd ses points de repère; il n'y reste que les réverbères, références blafardes, îlots de lumière. L'horizon fond et il semble que la mer commence à deux pas. » dit l’auteur.

Dans cette nappe de brouillard, au dessus d’un village de la plaine du Pô, il se passe des choses étranges. Un ange passe au dessus des nuages, des acrobates et jongleurs se lancent des couteaux au dessus de l’étal d’un boucher, des poupées de chiffon exécutent des numéros de trapèze, mêlant pitreries et grâce, le tout se termine par un clair obscur sur une forêt de bambous, sur lesquels les protagonistes font tourner des assiettes. C’est à la fois beau, amusant, décalé par rapport au cirque classique, que l’on y prend, petits ou grands, un plaisir non dissimulé. Le rideau tombe, c’est la fin d’un premier tableau « drôle, tragique, surnaturel, » comme le village de l’auteur.

Le second volet débute par un numéro de trampoline, entre deux rideaux délimitant une bande horizontale, comme si le spectateur voyait des acrobates s’entrainer et s’amuser, dans l’ouverture d’une fenêtre. Dans ce ballet incessant et bondissant, tout est prétexte à amuser la galerie. On s’entrecroise, on s’attrape au vol, on fait rebondir sa partenaire roulée en boule, comme une simple balle.

Alors que les rideaux tombent, surgit au dessus de la scène, un cerceau auquel sont suspendus trois acrobates, pendant qu’au sol on tente de récupérer le bras perdu par un artiste. Nous sommes bien au cirque, et le spectacle mélange allégrement humour, fantaisie, grâce et comédie.

On y joue même de la musique, de l’accordéon, du violon on tente même de jouer du xylophone, pendant que tombe une pluie de bouchons. On devient solidaire entre artistes, pour aider un danseur déformé par la maladie sans doute, qui aimerait danser comme les autres. On l’entoure, on le cajole, on l’entraine dans une grande sarabande sous les lampions de la place du village et la neige qui se met à tomber. Puis le tableau se termine avec un superbe numéro de contorsionniste dont on entend, par l’intermédiaire d’effets musicaux, craquer les os. Nebbia reste un spectacle de cirque, ne l’oublions pas.

Au cœur du renouvellement des arts du cirque, le Cirque Éloize crée, depuis 1993, des spectacles touchants et empreints de poésie. En continuelle recherche artistique, il compte au nombre des chefs de file du cirque contemporain. S'appuyant sur les talents multidisciplinaires de ses artistes, le Cirque Éloize exprime sa nature novatrice à travers la théâtralité et l'humanité, et conjugue de manière inédite et originale les arts du cirque à la musique, à la danse et au théâtre. Avec six productions originales à son actif, le Cirque Éloize a présenté plus de 3000 représentations dans quelques 330 villes et 30 pays situés aux quatre coins du monde.




Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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