Au musée des Beaux-Arts, Edward Baran vous attend


Rédigé par - Angers, le Vendredi 17 Mai 2013 à 18:56


Discrètement installé en Anjou depuis 30 ans, l'artiste polonais Edward Baran est l'objet d'une grande rétrospective au musée des Beaux-Arts d'Angers jusqu'au 15 septembre. A l'aube de ses 80 ans, cette mise en lumière est sans doute le plus beau cadeau qui pouvait lui être fait. Car cette exposition est tout simplement superbe.



Pour cette rétrospective, Edward Baran présente 210 oeuvres dont certaines n'ont jamais été montrées au public.
Pour cette rétrospective, Edward Baran présente 210 oeuvres dont certaines n'ont jamais été montrées au public.
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Il n'y a pas tant de sentiments que l'exercice journalistique nous autorise au quotidien à glisser sans réserve dans nos articles. Et bien, en voilà un. Et même deux. Et tant pis pour la prudence. J'adore le musée des Beaux-Arts d'Angers. Et depuis ce mercredi, je l'aime encore un peu plus. Pourquoi ? Parce qu'au delà du plaisir (renouvelé) de déambuler dans le Logis Barrault et ses anciennes dépendances depuis leur restauration magistrale en 2004, la qualité du travail de fond qui y est mené pour mettre en valeur l'art, est remarquable de constance.

La nouvelle exposition temporaire présentée jusqu'au 15 septembre participe de cet enthousiasme. Et pour cause. S'y présentant en profane, sans le moindre repère qui plus est sur un artiste inconnu (du profane, s'entend), on en ressort, une nouvelle fois, le pas léger, bluffé et enthousiasmé par tant de découvertes.

Né en 1934 en Pologne où il a étudié à l'école des Beaux-Arts de Varsovie et s'est initié au tissage, Edward Baran s'est installé à la fin des années 70 en Anjou. Il y a poursuivi dans une grande discrétion, autour des papiers d'emballage et de journaux, le travail de recherches commencé dans son pays autour du textile, s'inventant un processus créatif vraiment singulier.

Ses principes ? Disposer de grande feuilles de papier à plat, puis y insérer un réseau de fils pour renforcer le structure. Les coller à certains endroits. Peindre le tout de façon aléatoire puis, après séchage, éplucher une partie de l’œuvre pour ne laisser accrochés aux fils que quelques fragments. "C'est ça qui compte : une image incomplète, unique, acceptée par moi" rapporte un propos de l'artiste suspendu au dessus de l'une des œuvres exposées, baptisée "Sous les paupières blanc bleu" (1987).

Réalisées sans châssis, ni cadre, ses créations détonnent et étonnent. Elles laissent aussi deviner aux visiteurs le temps et la méticulosité avec laquelle l'artiste prend le soin d'évider sa première image. "Il y a quelque-chose qui m'obsède, c'est l'histoire du fragment, des miettes. Les papiers, il faut que je les traite mal. Je pourrais les laisser tels quels, mais il faut que les images soient incomplètes, qu'elles me surprennent" expliquait en 1981 Edward Baran dans un entretien réalisé pour le catalogue d'une exposition présentée à Aix-en-Provence et à Angers.

L'effet James Joyce !

Changement d'ambiance : la découverte du livre "Finnegans Wake" de James Joyce a inspiré à Edward Baran une série d'oeuvres agitées que l'exposition présente dans un espace spécialement dédié.
Changement d'ambiance : la découverte du livre "Finnegans Wake" de James Joyce a inspiré à Edward Baran une série d'oeuvres agitées que l'exposition présente dans un espace spécialement dédié.
Ému de toute évidence par l'hommage qui lui est rendu - 210 œuvres tout de même -, l'artiste a eu bien du mal mercredi dernier devant la presse à en dire plus sur les raisons qui guident cette façon de faire. A quoi bon d'ailleurs.

Présentée de façon chronologique, sa rétrospective met en scène ses premiers travaux tissés jusqu'à ses dernières œuvres qui marquent un retour à une peinture en contact direct avec la toile. Elle présente aussi dans un espace spécialement scénographié le travail qu'il a réalisé entre 1988 et 1990 après avoir découvert Finnegans Wake de James Joyce, un livre réputé très difficile, voir illisible. Bouleversé et fasciné, l'artiste a traduit son émotion dans une peinture agitée et "furieuse". Étonnant là-encore.

Ce n'est pas tout, une série d'estampes de l'artiste - très jolie elle-aussi - a été réunie dans une autre pièce du musée des Beaux-Arts et un film de l'angevin Christian Rouillard qui suit Edward Baran depuis de nombreuses années, invite les visiteurs à mieux faire connaissance avec lui. Si ça, ce n'est pas un coup de cœur... "Nous sommes portés depuis longtemps par l'enthousiasme que nous procure son œuvre. Pour nous, c'est un grand artiste et il était temps de le faire connaître au plus grand nombre" justifie Christine Besson, conservateur en chef aux musées d'Angers qui a assuré le commissariat de l'exposition. Le profane souscrit. Sans réserve.

"Edward Baran. Le chemin à l'envers"
au Musée des Beaux-Arts d'Angers jusqu'au 15 septembre. Ouvert tous les jours de 10h à 18h30. Entrée : 5/4€, gratuit pour les - 26 ans. Plus d'infos sur www.museeangers.fr.







Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par nedelec ronan le 11/07/2013 16:38 | Alerter
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bonjour à vous

superbe découverte même si je n'ai pas encore vu l'expo mais quelques oeuvres à huelgoat

j'aurais voulu me procurer le catalogue de l'expo commentaire ,

Merci








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