"Aujourd'hui, on sait ce qu'est Terra Botanica"


Rédigé par - Angers, le 03/09/2016 - 07:30 / modifié le 02/09/2016 - 23:29


De +4 à +5% de hausse de fréquentation. Au sortir des grandes vacances scolaires, Denis Griffon, le directeur du parc Terra Botanica affiche sa satisfaction et sa confiance. Le parc a retrouvé son identité et la satisfaction de ses visiteurs, estime-t-il. Mais son déficit de notoriété reste très important et son chiffre d'affaires, encore insuffisant pour assurer sa rentabilité. Entretien.



"Aujourd'hui, on sait ce qu'est Terra Botanica"
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Comment s'est déroulée cette saison pour Terra Botanica ?

"On est encore loin de l'avoir terminée puisque septembre sera encore bien chargé, que nous aurons une opération sur les cucurbitacés en octobre (du 21 au 23 octobre, Ndlr) et que le centre d'affaires fonctionne lui jusqu'au 31 décembre. Néanmoins, je peux vous dire qu'elle s'est globalement bien passée. Sur le plan de la fréquentation, on est à +4 à + 5% de hausse depuis début avril (213 000 visiteurs, centre d'affaires compris en 2015, NDLR), ce qui est un très bon chiffre au regard des variations de températures et des événements qui ont affecté le tourisme. Les conséquences du climat anxiogène sont spectaculaires sur les résultats à Paris et en PACA (Provence Alpes Côte d'Azur, Ndlr), mais nous savons tous que ça nous a touché, nous aussi."

La météo ?

"Elle a été capricieuse et parfois exécrable, ce qui n'est pas simple pour un parc météo-sensible comme le notre qui n'aime pas le vent, la pluie, le froid et le trop-chaud. Mais la difficulté la plus significative a été celle du pouvoir d'achat. J'ai été extrêmement marqué dès la fin de juin par la baisse du ticket moyen qui est donc malheureusement en régression. Le budget dépenses loisirs et plaisir est en régression et on n'y coupe pas. Mais encore une fois, malgré cette ambiance, on est toujours en hausse et c'est une excellente nouvelle pour nous, après la très forte progression de l'an passé."

Quels autres enseignements tirez-vous de cette saison ?

"La deuxième bonne nouvelle, à mon sens, c'est qu'aujourd'hui on sait ce qu'est Terra Botanica. Et qu'à notre niveau, on sait ce qu'on va dire et faire dans l'avenir. On a toujours eu ici un problème de positionnement, mais maintenant nous savons que notre singularité, c'est de montrer et de faire découvrir le monde végétal -et à travers lui, les savoir-faire de l'Anjou- et de divertir. On le voit en interne comme dans les réactions que l'on recueille, on y voit enfin clair dans notre stratégie : on est le parc du végétal, un parc ludique, animé et nouveau, trait d'union entre un jardin des plantes, un jardin botanique et un parc d'attraction. On a retrouvé notre vocation première, notre ADN, ce pourquoi Terra Botanica a été inventé."
"Tripadvisor nous place maintenant 10e parc préféré des Français, Facebook nous note 4,1 et on n'a quasiment plus de mécontents"
Vous évoquez les réactions du public, elles ont changé ?

"Oui. Car son niveau de satisfaction monte en flèche. On l'a vu dès début juillet avec l'algorithme qu'a fait tourner Tripadvisor et qui nous a fait passer d' "horrible" à "excellent". On n'a pas toujours été gâté de par notre actualité et de par certains commentateurs qui voient plus dans Terra Botanica qu'un objet politique qu'une entreprise qui génère un chiffre d'affaires, emploie 140 personnes et parle d'un territoire. Tripadvisor nous place maintenant 10e parc préféré des Français, Facebook nous note 4,1 et on n'a quasiment plus de mécontents. Ceux qui ne le sont pas trop, c'est parce que le steak n'était pas assez cuit ou que les fleurs étaient fanées sur une allée, mais ça fait partie du jeu. Bref, le taux de sympathie et de contentement est en progression constante."

A quoi l'attribuez-vous ?

"A ce que je vous disais à l'instant sur notre identité : quand on parle du parc, quand on on propose des animations, tout a un rapport avec l'Anjou et le végétal. Cette colonne vertébrale et a du sens, les gens le comprennent. Rien que le mot Anjou apparaît partout. On a aussi fait un énorme effort sur l'accueil des visiteurs. On est extrêmement proche d'eux quelle que soit l'humeur du moment, le temps... Et puis, en multipliant les animations sur les zones du parc, on multiplie les sentiments positifs et on gomme les aspérités qui demeurent ici et là, à certains endroits. Ce taux de satisfaction, c'est notre plus grande récompense car c'est ce qui fera notre force demain."

Est-ce que le profil de vos visiteurs a évolué ?

"Oui, complètement. Une journée comme mercredi dernier le montre clairement, notre première cible, ce sont les enfants de moins de 12 ans. Parce que nous sommes un parc avec une vraie mission de service public, donnée par le Conseil départemental : celle de transmettre les valeurs du végétal, le respect de la biodiversité, le développement durable, l'écologie, le rapport à la nature... Et la deuxième cible, directement liée à la première, ce sont les grand-parents, les plus de 50 ans. Ces deux générations sont nos cibles principales pour les années à venir quoi qu'il arrive et notre parc, il faut l'avouer, n'est pas forcément fait pour les ados qui cherchent de la sensation ou de l'aventure. Concentrons-nous sur ce que l'on veut faire, la transmission aux plus jeunes et l'intergénérationnel."
"Le parc doit rester zen, fluide et abordable, mais il faut arriver à faire dépenser un petit euro de plus par visiteur : 200 000 visiteurs, ce serait 200 000 euros supplémentaires.
Et s'il y avait une priorité absolue à retenir pour les mois qui viennent ?

"C'est notre déficit considérable de notoriété. Les visiteurs parisiens ou étrangers qu'on a eu en nombre supérieur cette année, nous le disent tous : "Mais comment se fait-il qu'on ne vous connaissait pas ?" Sans doute que les Angevins ne s'en rendent pas compte mais c'est l'un des plus grands parcs de France en terme de dimension  : c'est 12 hectares et une journée de visite avec beaucoup d'animations. Il va donc falloir travailler sur cette notoriété au delà des Pays-de-la-Loire et de territoires limitrophes. Il nous faut des sites phares en Anjou pour arrêter les voitures qui la traversent sans s'arrêter." 

Et la rentabilité du parc ?

"C'est le deuxième objectif. Pour bien aborder l'avenir, il faut qu'un jour Terra Botanica puisse être à l'équilibre notamment sur toute la partie fonctionnement du parc. 140 salariés, énormément de dépenses sur l'électricité, le gaz, l'eau, les végétaux, c'est normal... Mais il faudra être à l'équilibre et donc faire du chiffre d'affaires. Et pour faire du chiffre d'affaires, il faut que les gens viennent et dépensent un petit peu plus sur le parc. On maîtrise désormais quasiment tous les points de vente, dont la restauration, et le but, c'est bien d'augmenter le ticket moyen sans pour autant piquer l'argent dans la poche des gens. Le parc doit rester zen, fluide et abordable, mais il faut arriver à faire dépenser un petit euro de plus par visiteur : 200 000 visiteurs, ce serait 200 000 euros supplémentaires."

Quel est le ticket moyen aujourd'hui ?

"C'est en dessous de 20 euros et l'idéal serait de passer cette barre. Ce qui n'est pas si simple quand le pouvoir d'achat est en berne."

Ça vous oblige à réfléchir à de nouveaux services ?

"Oui. Pour la première fois cette année, on a vu arriver un photomaton pour la photo souvenir ou une machine à fabriquer une pièce de monnaie souvenir. Ce sont toutes ces petites ventes additionnelles qui peuvent ne pas paraître grand chose mais qui, mine de rien, vont augmenter le chiffre d'affaires."

Et la restauration ?

"Il fallait s'adapter à la demande des visiteurs. Beaucoup veulent manger un poisson, du végétarien, un steak-frites, manger une glace... On a donc changé tout ça, ce qui a été un vrai bouleversement interne pour les équipes. Mais ça se passe très bien et les retours sont bons. On est sur un rapport coût-qualité exceptionnel."

Votre planning d'ouverture va-t-il évoluer ?

"Oui. On va rationaliser le calendrier en 2017 : on ouvrira sur toutes les vacances, week-ends et jours fériés mais on fermera les lundi, mardi et mercredi des mois d'avril, mai et septembre."




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par gaignard le 03/09/2016 13:14 (depuis mobile) | Alerter
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Oui le parc à évolué positivement en particulier pour les jeunes enfants qui s''y trouvent bien et qui veulent y retourner... Les familles et l''intergenerationnel sont bien des cibles. C''est aussi les jardiniers et les scolaires qui peuvent apprendre

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