Aux Jardins de Cocagne, l’insertion en question…


Rédigé par Patrick TOUCHAIS - Angers, le 25/09/2015 - 07:38 / modifié le 25/09/2015 - 07:39


Confrontée à des difficultés financières, l’association de Saint-Barthélemy doit, en outre, revoir sa copie concernant l’accueil de ses travailleurs. Contrainte par ses financeurs – l’Etat en particulier - elle doit désormais recruter des personnes, plus aptes au travail.



Aux Jardins de Cocagne, l’insertion en question…
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« Vous avez besoin de légumes, ils ont besoin de travail. Ensemble, cultivons la solidarité ». Le slogan est efficace. Et il décrit bien l’esprit qui anime depuis ses origines les Jardins de Cocagne, un chantier d’insertion par le maraîchage. Basée à Saint-Barthélemy, l’association accueillait jusque-là des personnes en très grande précarité. « Les plus éloignés de l’emploi, comme on dit », souligne la vice-présidente Anne-Sophie Hocquet. « Avec des parcours parfois inimaginables ». Accueillait, car depuis cet été, à contrecœur, les administrateurs ont dû changer de public, pour accueillir des personnes beaucoup plus proches de l’emploi.

Prise à la suite de difficultés financières, cette décision s'est donc accompagnée d'une modification des conditions de recrutement. « Mais avec quels critères ! Désormais, il faut que les personnes aient le permis, qu’elles parlent français… », précise le directeur Jean-Luc Pinault. Bien loin de la mission d’insertion que se donne l’association… Autant dire qu’on écarte une partie du public « en marge ». En particulier des jeunes en déshérence, des réfugiés…

« En somme, on nous demande d’être plus productifs. Désormais, c’est Pôle Emploi qui nous envoie des candidats. Avec une contradiction. On nous oblige à prendre des gens au RSA Socle, c’est-à-dire, ceux qui n’ont pas d’heure de travail, et on nous refuse les RSA Activités, ceux qui travaillent quelques heures », s’étrangle l’ancienne maire de Bouchemaine.
"On tend vers l’équilibre pour 2015, précise le directeur, Mais en changeant de public, on n’aura plus d’aide d’accompagnement social de proximité." Jean-Luc Pinault, directeur des Jardins de Cocagne

Les Jardins de Cocagne vont donc poursuivre leur activité de production de légumes bio et la vente de paniers solidaires, complétée par la tenue d’un marché hebdomadaire, avec une quarantaine de nouveaux travailleurs. Dans une moindre mesure, elle continuera d’accueillir une vingtaine de personnes en difficulté sur un chantier de tri de légumes. « On récupère 140 tonnes environ auprès de producteurs et grossistes pour en redistribuer 110 ».

L’association est aujourd’hui financée par l’Etat, le Conseil départemental, Angers Loire Métropole et des fonds européens. Sans oublier quelque 22 à 25 % d’autofinancement via la vente des légumes. Mais les contraintes sont de plus en plus lourdes. « Déjà, en 2010, le Conseil général nous avait supprimé une partie de l’aide liée à l’accompagnement du public en grande difficulté », indique Anne-Sophie Hocquet. Un trou de 80 000 € pour l’association qui bon an, mal an, a réussi à équilibrer son budget avant de se retrouver devant de tels déficits, placée en redressement judiciaire par le Tribunal de commerce en 2014. Situation en partie rétablie depuis malgré les dettes.

« On tend vers l’équilibre pour 2015, précise le directeur, Mais en changeant de public, on n’aura plus d’aide d’accompagnement social de proximité… ». Et de s’alarmer : « Tout ceci résulte d’une politique nationale initiée depuis plusieurs années. On est dans la logique du résultat. L’Etat, par exemple, nous impose 25 % de sorties en CDI. C’est déjà pas facile aujourd’hui de décrocher un CDI, alors pour des personnes sortant de l’insertion… ».
 










1.Posté par Driggens le 25/09/2015 11:18 | Alerter
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"Désormais, il faut que les personnes aient le permis, qu’elles parlent français… "

C'est ce qui s'appelle trancher dans le vif...

J'étais il y a quelques années en insertion au Jardin de Cocagne, il y avait de tout et surtout du moins proche de trouver un travail...
C'était une façon de rencontrer un tas de personnes différentes, de celles dont on ne parle pas, ou si peu.
Il y avait des analphabètes, des gens qui parlaient quasiment pas Français, d'autres suivis psychologiquement, des fraichemen...

2.Posté par marc gicquel le 25/09/2015 12:03 | Alerter
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Le témoignage de Driggens dit l'essentiel, aussi je me contente de dire que c'est une honte de la part des financeurs de se comporter ainsi…Veut on aider des gens à se relever ou cherche-t-on une fois de plus la seule "rentabilité" ? L'insertion ne se décrète pas mais relève d'un travail minutieux que ces décisions sont en train de casser

3.Posté par Chauvreau le 25/09/2015 12:36 | Alerter
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C'est juste cohérent avec la politique de notre gouvernement : corriger la courbe du chômage ne signifie pas lutter contre le chômage... CQFD








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