Beaux-Arts d’Angers : les œuvres volées reviennent


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le Samedi 15 Janvier 2011 à 09:48


Il est tellement rare que les musées d’importance comme celui des Beaux Arts d’Angers, communiquent sur les vols d’œuvres dont ils sont victime, que l’affaire mérite que l’on s’y intéresse. Dans le cas présent l’histoire a une fin heureuse puisque les œuvres ont été retrouvées, restaurées et remise en bonne place dans le musée.



la chasteté de Joseph du peintre Ciro Ferri (Photo Musée d'Angers)
la chasteté de Joseph du peintre Ciro Ferri (Photo Musée d'Angers)
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Pour Patrick Le Nouëne, Directeur des musées d’Angers, dans cette affaire il s’agit de montrer que « si les actes de malveillance ont été par le passé préjudiciables aux collections, le travail de récolement et de recherche a produit ses fruits, la chance aussi… ». Au cours des années précédentes, malgré la protection et la surveillance du musée, plusieurs œuvres ont été dérobées. Elles ont été restituées et restaurées avant d'être remise en place.

Plusieurs œuvres ont été dérobées par un agent ayant travaillé au musée d’Angers, de 1960 à 1970. Ce dernier revendait les produits de ses méfaits à des marchands d’œuvres. C’est tout à fait par hasard qu’un tableau de la collection Livois, « la chasteté de Joseph » du peintre Ciro Ferri, lequel faisait partie des œuvres soustraites, a été retrouvé lors d’une vente aux enchères à Evreux (Eure).

De cette même provenance d’autres œuvres ont pu être récupérées et restituées au musée des Beaux-Arts d’Angers, comme le « portrait de la duchesse d’Angoulême », mais aussi des dessins de Lancelot-Théodore Turpin de Crissé, lesquels appartenaient aux collections du musée Dobrée de Nantes et de la National Gallery de Washington (USA).

Un fragment d’un tableau emblématique, « le Triomphe du peuple français au 10 Août 1789 » de Philippe Auguste Hennequin, « la tête du jeune homme », a fait l’objet d’un méfait similaire. L’œuvre, mise en dépôt au palais de justice d’Angers en 1951, est déclarée disparue à la suite de l’incendie d’une partie du bâtiment en 1979. En fait ce fragment d’œuvre majeure avait été emporté par un fonctionnaire employé au tribunal. Ce sont les héritiers qui, ne connaissant pas l’origine de l’œuvre, ont voulu la faire estimer, permettant ainsi au musée, par le biais de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels, de récupérer son tableau.

D’autres oeuvres ont eu moins de chance. Ainsi « l’Automne », de Francken II, a été dérobé en 1997 par Stéphane Breitwieser, sorte d’Arsène Lupin, amateur d’art et notamment des peintres flamands. Au cours de sa triste carrière il a dérobé plus de 230 œuvres dans les musées, les châteaux et les églises. Lors de son arrestation en 2001, sa mère a jeté ses méfaits dans le canal voisin, dont celui d’Angers, repêché à temps, restauré par les services du musée et remis en place depuis peu de temps.

Toutes ces œuvres sont désormais visibles au Musée des Beaux Arts, 14 rue du Musée à Angers. Ouverture d’Octobre à Mai du Mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h et de Juin à Septembre, tous les jours de 10h à 18h30.



Yannick Sourisseau
Yannick Sourisseau
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